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Eric Boucourt, Sous-préfet d'Autun : «J'aime les maires et la Saône-et-Loire»

04/10/2019 03:17Lu 3087 foisImprimer l’article
Arrivé à Autun le 12 septembre 2016, Eric Boucourt s’apprête à quitter la Sous-préfecture pour une autre vie. En effet, après 43 ans de bons et loyaux services, il a fait valoir ses droits à la retraite. Quelques heures avant son départ de la cité éduenne pour rejoindre la ville de Thiers dans le Puy de Dôme, Eric Boucourt est revenu sur son bail de trois ans sur l’arrondissement d’Autun.
« Avant d’arriver à Autun, je ne connaissais pas la Saône-et-Loire. Pendant 18 mois, je l’ai traversé en TGV et j’avais été séduit de voir ce vert, ces collines… J’avoue avoir été très content d’y être nommé, assure Eric Boucourt. Et ’ai eu la chance d’avoir été à la tête d’un arrondissement réunifié, puisqu’avant la CCM était divisée sur trois sous-préfectures. Cette cohérence retrouvée a donné plus d’ampleur au poste », explique le Sous-préfet avant de faire un tout d’horizon complet des sujets.

Industrie

« Au Creusot, en 43 ans, c’est la première que je vois une aussi belle reconversion industrielle. Ce qui a été fait est tout simplement remarquable », constate Eric Boucourt, avant de regretter « la fin de France Eole. L’environnement juridique n’a pas aidé. Il aurait très certainement fallu prendre le sujet beaucoup plus tôt ». Néanmoins, le Sous-préfet se montre résolument optimiste pour le Creusot. « A chaque fois qu’une activité redémarre, c’est prometteur », insiste-t-il. En effet, au Creusot, il  y a un passé, une histoire industrielle, avec des formations dans ce domaine. « Il est utile de rappeler que Le Creusot est le deuxième établissement universitaire de Bourgogne - Franche-Comté », souligne Eric Boucourt.


« Pour le bassin minier, la reconversion a été un peu plus difficile, un peu plus longue. Mais le Mecasteam Cluster est un coup de génie », estime Eric Boucourt. Et de poursuivre : « Le cluster, c’est avant tout un noyau d’entreprise qui ont su s’unir et des élus qui ont compris l’enjeu. L’Etat a forcement soutenu ». Le Sous-préfet souligne la confiance qui s’est instauré entre les élus et les privés. Et si parfois, l’entente n’est pas toujours de mise entre le nord et le sud de la CCM, sur le sujet du Mecateam, il y a eu unanimité. « La division est plus facile et plus banale que l’union », pointe Eric Boucourt.
« A Autun, le tissu industriel est plus modeste. Même si Hanes n’emploie pas autant qu’avant, il est toujours là. Nexans est également bien implanté. Le reconversion de l’ancienne fonderie est également une réussite, avec des entreprises patrimoniales comme Tolix, ou encore de pointe comme AEB », liste le représentant de l’Etat qui rend hommage à la communauté de communes du Grand Autunois-Morvan « toujours très présente sur ces sujets ». «Sur Saint-Forgeot, c’est compliqué mais on va arriver à sortir le projet Velsaun », se félicite Eric Bourcourt

Emploi

« L’avenir du territoire, c’est l’emploi, l’emploi, et encore l’emploi. Et pour maintenir l’emploi, il faut une économie solide et diversifiée », insiste Eric Boucourt. Au cours de ces trois années passées à la Sous-Préfecture, il s’est attaché, au côté des entreprises et des associations à lutter contre les difficultés de recrutement dans le domaine du service à la personne, mais également dans l’hôtellerie et la restauration.
« Autun Morvan Développement Formation propose une offre originale et très intéressante qui consiste à aider les entreprises à anticiper, avec un slogan « Travailler d’abord, former pendant » », constate le Sous-préfet. Et de regretter qu’il n’y ait pas encore de territoires « zéro chômeur ».

Sécurité

« D’une ville à l’autre, les préoccupations ne sont pas les mêmes. A Autun, ce sont les rodéos, à Montceau et au Creusot, ce sont plus les feux de poubelles. Pour les stupéfiants, c’est beaucoup plus compliqué. On va avoir un appui plus important du Service Régional de la Police Judiciaire. Pour les dealers, on sait traiter localement mais pour remonter les filières on ne sait pas faire », détaille Eric Boucourt. Pourtant le Sous-préfet est convaincu que la répression ne suffit pas. « Il faut de la prévention sur la consommation. Il faut débanaliser la consommation du cannabis et rendre la vente beaucoup plus compliquée », assure-t-il.

Gilets Jaunes

« Un échec n’est jamais définitif. L’apprentissage est une succession d’échecs surmontés. Sur le territoire, il y a des choses à accélérer car il y a des choses inquiétantes comme le décrochage d’une partie de la population vis-à-vis ou d’une autre ou le sentiment d’être décroché. C’est l’essence même du mouvement des Gilets Jaunes. Malheureusement, réparer un décrochage n’est pas instantané, on aurait tort de croire que le problème est réglé.  De nombreuses mesures ont été prises. Il faut cependant les faire connaître, car beaucoup de gens ne demandent pas leurs droits. Sur le phénomène des Gilets Jaunes, l’affaire couve depuis longtemps et la question est de savoir comment raccrocher cette partie de la population. Concernant les manifestations, on a la fierté sur l’arrondissement d’avoir rétablit la circulation sans drame. Nous n’avons eu aucun mort, ni blessé significatif. Nous avons su rétablir l’ordre sans violences inutiles. Aucune des villes d’Autun, Le Creusot et Montceau-les-Mines n’a été mis à sac. Et en cela, je tiens à rendre hommage aux gendarmes, aux policiers et aux Sapeurs-Pompiers »

Optimisme

« Je suis optimiste car je suis volontariste. Comme dirait le philosophe Alain : « Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme de volonté ». Aujourd’hui, il y a de nombreux défis à relever. Défi environnemental, défi climatique… Aujourd’hui, tirer le signal d’alarme ne suffit plus et je pense que l’être humain est capable de relever ces défis.
André Accary, à travers son Centre Départemental de Santé, sait ce qu’est l’optimisme. Je lui rends d’ailleurs un vibrant hommage. Ce qu’il a fait, ce n’est pas de la naïveté, c’est du concret. C’est social, sociétal et économique.
Je veux également rendre hommage à tous les maires. Ils font ce qu’ils peuvent. J’aime les maires et la Saône-et-Loire »

Et maintenant ?

« La retraite… Une autre vie. Je vais essayer d’être toujours au service des gens mais jamais seul. On n’est jamais seul au service des gens. On travaille avec le Conseil Départemental, la communauté de communes, la ville…
Je vais passer ma retraite à Thiers, mais je reviendrai à Autun notamment pour la chasse mais également pour la ville. Si je n’avais pas acheté dans le Puy de Dôme, j’aurais très bien pu le faire sans problème à Autun. »
Propos recueillis par
Bastien MIGAULT