lundi 12 novembre 2018
Questions à...
Rencontre avec le recordman du monde de temps passé dans l'espace.
> Autun > Autun

Festival des Histoires Vraies : Une vraie histoire de bébés congelés

14/07/2018 03:17Lu 991 foisImprimer l’article
Myriam Levain a parlé de son expérience visant à s’assurer une chance d’avoir un jour un enfant…
Quand on parle de bébés congelés, dans l’inconscient ce sont d’abord des affaires d’infanticides qui surgissent. C’est ainsi. La mort d’enfants est ce qu’il y a de plus terrible. Et la mise au monde est ce qu’il y a de plus beau.
Les souffrances sur la table d’accouchement à défaut d’être oubliées sont vite masquées par la beauté de la vie, d’un enfant, dont la naissance est la plus belle expression de la vie.
La Maternité est tantôt désirée, appréhendée, détestée au point de «s’imposer» un avortement, dont la légalisation en France a été portée au Panthéon par l’entrée de Simone Veil, il y a tout juste une semaine.
Le Festival des Histoires vraies à Autun proposait samedi après-midi un rendez-vous pour les femmes qui s’interrogent sur le fait d’avoir un jour un enfant quand leur fécondité commencera à être déclinante.
Claire, 31 ans, qui n’a pas d’enfant, venue de Lyon, est au rang de ces jeunes femmes qui s’interrogent. «Entre la fin des études tardives et une entrée dans la vie active tardive elle aussi, forcément on se pose des questions. Ce sont aussi des questions éthiques».
Alors elle est venue écouter Myriam Levain, 35 ans et demi, qui a fait congeler ses ovocytes en Espagne. La jeune femme, à la parole libérée, a expliqué comment à l’approche justement des 35 ans elle s’est posée la question. Elle a partagé son expérience avec des mots justes pour des questions simples. L’ensemble elle l’a restitué dans un livre.
Mais les explications orales ont forcément plus de poids. «Le gynécologue à qui j’en ai parlé, m’a dit que les femmes viennent plutôt vers 39/40 ans». Et c’est une erreur. Car Myriam a appris qu’il vaut mieux y penser plus tôt. 30 ans, c’est mieux que 35 ans et évidemment mieux que 40…
Faire congeler ses ovocytes en Espagne n’est pas gratuit. C’est 4000 euros. Sans le voyage. C’est le prix à payer pour conserver les chances d’avoir un enfant plus tard dans la vie.
Dans l’assistance, sur la quarantaine de personnes présentes, on comptait quasiment que des femmes. Parfois jeunes. Elle leur a délivré un message fort : «Les femmes connaissent mal leur corps». Elles ne savent pas forcément qu’en vieillissant on perd des chances d’avoir un enfant, même s’il n’existe aucune règle. «Mais si on veut optimiser ses chances, alors il faut congeler ses ovocytes rapidement».
Le traitement qui accompagne le processus, basé sur des injections d’hormones, augmente le nombre d’ovules. «Moi cela a été 13». Et plus le nombre est important, plus les chances sont augmentées. C’est mathématique. A condition cependant que la femme ne soit pas stérile. CQFD.
Alors s’il n’y avait qu’un conseil à retenir, ce serait celui-ci : «Il ne faut pas attendre trop longtemps pour se poser la question. Il faut savoir anticiper. Pour ne pas un jour avoir des regrets». Et puis Myriam Levain est catégorique : «Il ne faut pas avoir honte de dire qu’on l’a fait». Et se persuader aussi, que «ce n’est pas parce qu’on a fait congeler des ovocytes qu’on aura un enfant. Car oui, comme n’importe quelle femme, on peut aussi faire des fausses couches à répétition».
Alain BOLLERY