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OCTOBRE ROSE : « Je culpabilise beaucoup d'être malade. Qu'est ce que j'ai fait de mal pour que ça continue ? »

13/10/2018 03:17Lu 5149 foisImprimer l’article
A seulement 44 ans, l'avenir de Christèle est déjà incertain. La faute à ce cancer du sein qu'elle combat depuis de longs mois. Une guerre qui isole et qui détruit, même si la jeune femme n'a pas rendu les armes.
La première chose qui frappe quand on rencontre Christèle, c'est son sourire, son côté solaire, sa force. Et pourtant, la vie et la maladie ne l'ont pas épargnée. A 44 ans, elle en est aujourd'hui à 3 ans et demi de combat, plus de 40 chimiothérapies et 33 séances de rayons. Et son cancer est toujours là... « Parfois, je me dis qu'il y a quelqu'un là-haut qui m'en veut. Je me demande ce que j'ai fait pour mériter toute cette souffrance. Je culpabilise beaucoup d'être malade. Qu'est ce que j'ai fait de mal pour que ça continue ? », se demande-t-elle. Maman de deux enfants de 12 et 16 ans, Christèle Bentajou craint beaucoup pour leur avenir. Même si elle n'a pas rendu les armes aujourd'hui, elle ne sait pas combien de temps elle sera encore là pour eux. La chimiothérapie qu'elle poursuit actuellement jusqu'en décembre est celle de la dernière chance, après deux récidives de son cancer du sein, hyper agressif.



« J'ai la sensation d'avoir perdu beaucoup de temps »

Au départ pourtant, le hasard avait bien fait les choses pour Christèle. Sa tumeur au sein a été détectée grâce à une mammographie de contrôle, lors d'un bilan gynécologique en février 2015. Seulement, la chance a vite tourné. Le radiologue qui l'a examinée à l'époque en région parisienne ne l'a pas suffisamment alertée sur la nature de cette tumeur. Il lui a simplement dit de contrôler dans 6 mois. Comble de malchance, son gynécologue n'a pas reçu le compte-rendu. « J'ai compris plus tard que j'avais été très mal conseillée. Il était noté dans le compte-rendu ACR3. A l'époque je ne savais pas ce que ça voulait dire. Maintenant je sais qu'il fallait agir tout de suite », explique la jeune femme.
Prise dans des difficultés personnelles, elle poursuit sa vie. Mais en août, six mois plus tard, elle ressent de vives douleurs au sein et constate une déformation. Sensibilisée à l'auto-palpation, elle détecte une boule et s'inquiète. « J'ai senti tout de suite que ce n'était pas normal. Il ne faut pas croire la phrase qui dit qu'un cancer du sein ne fait pas mal. Ce n'est pas toujours vrai », déplore-t-elle. Son gynécologue lui prescrit tout de suite échographie, mammographie, biopsie... Un scanner est fait mais là encore, le corps médical fait défaut. « J'ai bien vu que le radiologue n'arrivait pas à me dire les choses, moi qui était si jeune. Il n'a jamais prononcé le mot cancer, même si il m'a parlé de chimio. J'étais dans le flou », explique-t-elle.  Dans tout son parcours, Christèle aura connu des difficultés avec les médecins, oncologues, radiologues qu'elle a croisé. « J'ai la sensation d'avoir perdu beaucoup de temps et de ne pas avoir eu les explications nécessaires », affirme-t-elle.

Se battre jusqu'au bout

Son cancer, hormono-dépendant, est très agressif. Elle commence la chimiothérapie en octobre et enchaîne les traitements jusqu'en mars 2016. La réponse est très bonne. Une tumorectomie est faite en avril 2016. Mais tout de suite, le corps médical constate que des cellules cancéreuses sont encore présentes et une deuxième tumorectomie est effectuée, avec ensuite des rayons jusqu'en septembre 2016. C'est à cette période que Christèle déménage et arrive à Autun, pour raisons professionnelles. Elle commence un traitement spécifique d'anticorps et une hormono-thérapie afin de lutter contre la récidive.
Fin décembre, les douleurs reviennent, avec des rougeurs. Le chirurgien qui l'a opéré n'est pas inquiet, mais Christèle souffre de plus en plus. Fin janvier 2017, on se rend compte que c'est une récidive. On lui annonce brutalement qu'on n'est pas sûre qu'elle sera encore là dans deux ans. Les premières chimios ne fonctionnent pas, d'autres ganglions sont touchés. Le cancer avance. Une mammectomie est faite en mai 2017, après une nouvelle chimio qui a fait des miracles. Mais son cancer a changé. Les analyses génétiques montrent une anomalie de type « PALB2 », qui explique en partie les récidives.
« Les traitements sont vraiment très lourds. C'est très difficile physiquement et psychologiquement. Au début les gens sont là. On m'a beaucoup soutenue dans les premiers mois. Et puis sur le long terme tout le monde s'éloigne. Même la famille très proche s'essouffle. Ces récidives au bout d'un moment, ce n'est plus possible à accepter pour l'entourage. Les gens sont admiratifs de ma lutte et de mon dynamisme, mais au bout d'un moment c'est épuisant psychologiquement. La peur de la mort éloigne beaucoup aussi. On est seule face à son cancer », raconte Christèle.
Malgré les moments de doutes, la jeune femme ne veut pas baisser les bras. Si cette chimio de la dernière chance ne fonctionne pas, elle envisage des essais thérapeutiques. Parler de son cancer, continuer à le combattre : voilà qui l'aide au quotidien. Elle a posé en juillet 2017 pour une photo, en finale du concours « Estée Lauder Pink Ribbon Photo Award » et affichée en ce moment au pied de la Tour Eiffel à Paris, prise par son ami le photographe Nadir Merkal. « Cette photo restera au moins un beau souvenir pour mes enfants. Qu'ils sachent que je n'ai pas baissé les bras. Que je me suis battue jusqu'au bout. »
Laëtitia Pernin