dimanche 22 juillet 2018
Questions à...
Avant le dernier conseil municipal avant le vacances d'été et un an après son élection, Vincent Chauvet a répondu aux questions  d'Autun Infos.
Intercommunalité, centre-ville, rempart effondré, publicité ou sécurité, le maire d'Autun n'élude aucun sujet. Un entretien riche.
Ce jeudi soir, Marie-Claude Barnay préside le dernier communautaire avant la trêve estivale. Avant ce rendez-vous, la Présidente du Grand Autunois-Morvan a répondu aux questions d'Autun Infos. L'occasion pour elle de revenir sur sa première année à la tête de l'intercommunalité, de parler des relations avec la Ville d'Autun, d'évoquer le dossier du Centre Nautique et des futures économies de fonctionnement de la com-com. Un entretien riche.
30 associations écologistes ont fait du lobbying auprès de lui, mais Rémy Rebeyrotte n’a pas cédé aux pressions vertes sur la question du glyphosate et il s’en explique avec force d’arguments.
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Vincent Chauvet : « Une nouvelle page des relations entre la Ville et le Grand Autunois-Morvan est entrain de se construire »

11/07/2018 03:17Lu 2885 foisImprimer l’article
Avant le dernier conseil municipal avant le vacances d'été et un an après son élection, Vincent Chauvet a répondu aux questions  d'Autun Infos.
Intercommunalité, centre-ville, rempart effondré, publicité ou sécurité, le maire d'Autun n'élude aucun sujet. Un entretien riche.
AUTUN INFOS : Cela fait maintenant un an que vous avez été élu. Quel regard portez-vous sur votre première année en tant que Maire d’Autun ?
Vincent Chauvet : C’est une année riche et intense, avec de nombreux projets pour l’avenir qui vont notamment s’inscrire dans le cadre du programme Action Cœur de Ville et qui vont permettre de mettre à profit tout le potentiel du territoire

Est-il plus difficile d’être Maire d’une ville comme Autun de 14.000 habitants que d’être Vice-Président d’une communauté de communes en charge des finances dont on sait d’ailleurs qu’elles sont fragiles ?
Dans chaque collectivité, il y a un chef de l’exécutif. Dans la commune, c’est le Maire, dans la communauté de communes, c’est la Présidente. Il y a une grande différence entre être l’un des treize Vice-Présidents et être Président. Assumer la présidence d’un exécutif, c’est quelque chose de lourd, qui engage souvent la responsabilité personnelle de l’élu. Autant la charge de la Ville est une fonction à plein temps, autant Vice-Président aux finances est une fonction qui est plus technique et qui requiert d’abord de l’expertise.

« Le fait d’être dans le Grand Autunois Morvan apporte un plus et non pas un moins »


Cette année est marquée par un refroidissement des relations entre la Ville et la CCGAM. Qu’est-ce qui ne va pas dans les relations entre la Ville et la CCGAM ?
Je ne dirais pas « refroidissement ». C’est une nouvelle page des relations entre la Ville et la Communauté puisqu’on se retrouve dans une situation inédite où l’intercommunalité est présidée par le maire d’une commune rurale et cela a fait naître des divergences légitimes d’opinion. Cela amène à une plus grande clarification des compétences et des finances des deux collectivités mais cela n’entame pas la capacité et la volonté de travailler ensemble. C’est un pléonasme de dire que la Ville d’Autun a besoin du Grand Autunois Morvan et que le Grand Autunois Morvan a besoin de la Ville d’Autun. Il faut en revanche que pour l’ensemble des communes de l’intercommunalité, le fait d’être dans le Grand Autunois Morvan apporte un plus et non pas un moins. Par exemple, sur le prochain concert d’Yves Jamait à l’Eduen, celui-ci est possible parce que la Ville apporte gratuitement ses moyens techniques et humains pour optimiser le coût de cet événement. C’est un exemple d’excellente coopération entre la Ville et la Communauté de Communes. En revanche, quand la Communauté de Communes décide de fermer la piscine le dimanche pendant l’été, là c’est un moins pour les habitants de la Ville d’Autun et ceux du Grand Autunois Morvan, et c’est pour cela que les élus de la Ville, mais aussi des élus de la Communauté de Communes ont demandé à Marie-Claude Barnay de revoir sa position sur cette fermeture dominicale.

Justement, concernant l’ouverture du centre nautique le dimanche, est-ce que vous saluez la décision de Marie-Claude Barnay de remettre le dossier sur la table?
Réétudier, c’est bien, réouvrir c’est mieux. Donc, je saluerai quand je verrai la piscine ouverte dimanche prochain ou plus tard le dimanche suivant.

Que faudrait-il pour que les relations fonctionnent bien entre la CCGAM et la Ville ?
Les relations fonctionnent très bien. Nous travaillons ensemble et nous allons signer ensemble le projet Action Cœur de Ville qui va concerner le centre-ville d’Autun et pour lequel la Communauté de Commune sera co-signataire avec l’Etat et la Caisse des Dépôts, Action Logement et l’OPAC, mais nous pouvons travailler encore mieux. J’ai proposé que la Communauté de Communes aide à la création de communes nouvelles. J’ai également proposé que soit créé un Office Intercommunal des Sports qui permette de gérer ensemble les clubs et les équipements. J’ai souhaité que nous puissions mutualiser nos services d’assainissement dès 2020 et je souhaite que nous puissions également commencer à travailler au plus vite l’exercice en commun de la compétence relative à l’eau potable. Notre Communauté de Communes est très intégrée mais il y a tout un projet de territoire à définir pour nous permettre d’être plus efficace et en même temps de mener de nouvelles actions au service de la population.

« ll faut s’abstenir de tout projet commercial qui pourrait fragiliser le centre-ville »


Concernant le projet Action Cœur de Ville, quels seront les premiers effets visibles et quand ?
Des crédits sont disponibles dès fin 2018 donc les premiers effets visibles du Programme Action Cœur de Ville devraient poindre en 2019 dans la ville d’Autun.

Vous avez fait de la revitalisation commerciale du centre-ville un cheval de bataille. Où en est-on ? La bataille est-elle gagnée ?
Non, aujourd’hui on a un centre-ville qui résiste mais qui est fragile. J’observe qu’il il n’y a plus aucune boutique vide rue aux Cordiers mais il reste encore aujourd’hui des rues commerçantes qui sont plus en difficulté. Donc la bataille n’est pas gagnée et elle doit se maintenir sur tous les fronts. C’est pour cela que nous avons exonéré les enseignes du centre-ville de la Taxe Locale sur les Publicités Extérieures (TLPE), qu’au contraire nous avons instauré la taxe sur les locaux commerciaux vacants pour inciter à la relocation, que le programme Action Cœur de Ville soutiendra les travaux de rénovation et de remise en location des locaux commerciaux et qu’il faut s’abstenir de tout projet qui pourrait fragiliser le centre-ville. C’est pour cela qu’aujourd’hui, dans le contexte du Plan Action Cœur de Ville et compte-tenu de la fragilité de notre appareil commercial, je suis défavorable à l’extension commerciale dans les zones d’activités périphériques et que je pense que le foncier qui reste encore à construire doit être prioritairement réservé à des activités de type industrielles, pourvoyeuses d’emploi et qui ne feront pas concurrence aux boutiques de centre-ville.

« Sur le rempart romain, je souhaite que Renaud Abord de Chatillon agisse dans l’intérêt de la ville »


Une de vos premières annonces a été la reconstruction du rempart boulevard Mac Mahon. Où en est-on ?
Nous avons réussi à contraindre le propriétaire à réaliser des travaux. Je souhaite que Renaud Abord de Chatillon agisse dans l’intérêt de la ville et dans l’intérêt général en reconstruisant entièrement son rempart et en ne réalisant pas simplement que des travaux de sécurisation qui consisteraient pour lui à dépenser 92.000 € pour ne poser qu’un filet de protection sur les gravats. S’il accepte de remonter complètement le rempart, ce qui ne semble pas être le cas aujourd’hui, la Ville est prête, comme je l’avais indiqué, à contribuer substantiellement au coût des travaux. Monsieur Abord de Chatillon avait souhaité, il y a une vingtaine d’années, s’investir au service de la Ville d’Autun en étant candidat aux élections municipales. Issu d’une des familles les plus anciennes et les plus illustres du territoire, c’est un homme d’une grande intelligence et par conséquent, j’espère qu’il finira par comprendre tous les dommages causés à l’image de la ville et à son attrait touristique par l’effondrement de son rempart.
De nombreux autres chantiers ont été lancés. Où en est-on notamment sur la sécurité ? Sur la rue Deguin ?
Les travaux sont en cours pour installer la Police Municipale sous le théâtre et pour recruter un policier municipal supplémentaire. Nous avons d’ores et déjà recruté cet été deux agents de sécurité municipaux, qui sillonnent les rues en tee-shirt jaune, pour prévenir les incivilités qui peuvent dégrader la qualité de vie de nos concitoyens à savoir l’abandon de détritus, les déjections canines, …
Concernant Deguin, le dossier progresse et, après le diagnostic, nous réaliserons très prochainement a la demande de l’Etat des fouilles complètes avant la destruction du bâtiment qui devrait intervenir fin 2018, début 2019. C’est un dossier qui prend un peu plus de temps que prévu en raison de la sensibilité archéologique du terrain sous lequel nous avons retrouvé à la fois les remparts médiévaux mais aussi les thermes romains.

Sur l’affichage publicitaire, où en est-on ?
Lancée dès le début de mon mandat, la diminution de l’expression publicitaire est un objectif que nous poursuivons. Nous avons déjà réduit le nombre de panneaux dits « sucettes », par exemple, devant la Sous-Préfecture où le panneau a été enlevé, ou au rond-point de la Croix Verte où là aussi un panneau a été enlevé en direction du lac. Nous avons ensuite appliqué la TLE qui a permis la dépose de certains panneaux. La troisième phase, qui est en cours, est la mise en demeure des propriétaires de panneaux 4 X 3 implantés hors des zones autorisées afin qu’ils retirent ces panneaux et là c’est une centaine d’enseignes publicitaires qui sont visées. La quatrième étape sera la refonte complète des lamelles indicatrices d’hôtels-restaurants que nous remettrons à jour et que nous refondrons complètement.


« Il faudra s’habituer à Autun, comme partout en France, à davantage de vert sur les trottoirs »


Il y a régulièrement des grincheux sur internet qui se plaignent de l’insalubrité et du manque de désherbage en ville ? Que pouvez-vous leur répondre ?
Le désherbage est une problématique qui est celle de toutes les communes puisque nous ne pouvons plus utiliser de produits phytosanitaires et qu’il faut donc faire de l’arrachage manuel. La Ville désherbe devant ses propres bâtiments et les particuliers doivent désherber devant chez eux comme ils sont censés le faire également pour la neige. Il est vrai que la météo, à la fin du printemps, avec une alternance de pluie et de soleil, a été propice à la pousse rapide des plantes. Nous regardons de près les techniques employées par les autres communes de France afin de pouvoir maintenir un état de propreté optimale dans les rues, mais il est certain qu’il faudra s’habituer à Autun, comme partout en France, à davantage de vert sur les trottoirs.

Quelles sont les relations entre la Ville d’Autun et le Département de Saône-et-Loire et qu’attendez-vous dudit Département ?
Le Département a co-financé un certain nombre de travaux sur la ville, indispensables notamment sur des routes départementales. Le Département a aussi en charge sur notre ville les deux collèges publics. J’ai entendu le Président du Département dire que sous son mandat, il ne fermerait pas de collège sur Autun. C’est un sujet qui dépend du Conseil Départemental et de l’Education Nationale mais je souhaite que le Département détaille son plan d’action pour maintenir tous les collèges de la Communauté de Communes alors que les effectifs sont en baisse.

Les élections municipales sont dans moins de deux ans. Serez-vous candidat à votre succession à Autun ?
Aujourd’hui, je suis entièrement concentré sur l’action concrète au quotidien au service des Autunois. Il y a en ce moment des projets majeurs à mener et notamment le lancement du projet Action Cœur de Ville qui s’étendra sur 5 ans.
Propos recueillis par
Bastien MIGAULT