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AUTUN : De la prison ferme pour le conducteur multirécidiviste qui avait défoncé l'ambulance les pompiers

29/11/2019 03:14Lu 25688 foisImprimer l’article
ACTUALISE : Le conducteur ne voulait pas être en retard, alors il a foncé. Il a vu les pompiers, mais trop tard pour les éviter... En plus la voiture n'était pas en règle. Notre compte-rendu du jugement
« Vous faites ch… ! J’ai pas le permis ! Et je suis passé au vert. » Il était passé au vert, c’est vrai, mais le véhicule des pompiers qui s’annonçait, gyrophare et deux-tons actionnés, était absolument prioritaire. Il filait à l’hôpital avec à son bord une femme dont l’état nécessitait une intervention médicale rapide. Le choc de la 306 contre la portière du conducteur fut « très violent », le 28 octobre dernier en milieu d’après-midi à Autun. D’après un des pompiers, ce furent les premiers mots du chauffard, qui est venu vers eux en agitant les bras, avant de repartir.


Interpellé le lendemain, le conducteur de la 306 comparaît le 30 octobre devant le tribunal mais demande un délai pour préparer sa défense. Ce jeudi 28 novembre, maître Lépine explique au tribunal réunit pour les comparutions immédiates, ce que son client a bien expliqué : ce jour-là il garde ses filles, âgées de 6 et 8 ans. Il est 16 heures et la maman prévient qu’elle va sortir plus tard du boulot, elle ne sera pas à l’heure. Lui, il attend un collègue, car à 17 heures ils doivent filer sur Paris. Ils travaillent pour la SNCF au remplacement des rails, sur l’ensemble du réseau ferroviaire. Travail dangereux, travail qui s’effectue toujours la nuit, travail pour lequel l’alcool est proscrit, « c’est tolérance zéro » insiste le prévenu, « je ne bois jamais en semaine, que le week-end ».


Les cailloux dans sa chaussure ne manquent pas, du coup : « J’ai paniqué »


Une des difficultés le concernant, c’est qu’il bénéficie d’un aménagement de peine, il porte un bracelet électronique. Les règles sont strictes le week-end, elles sont plus souples en semaine pour lui permettre de bosser puisque tout se passe bien sur un poste réputé difficile. Les cailloux dans sa chaussure ne manquent pas : il n’a pas encore récupéré son permis de conduire (annulé en 2017 pour une 4ème conduite sous l’empire de l’alcool), parce qu’il manque la visite médicale. De surcroît la 306 n’est pas assurée, n’est pas passée au contrôle technique, la carte grise n’est pas à jour, et il conduisait trop vite. Dans la foulée de l’accident il a conduit ses filles vers leur maman. « J’ai paniqué, je me voyais partir en prison, et les filles réclamaient leur mère. »vLe lendemain les gendarmes l’appellent, il leur dit qu’il est à l’hôpital pour y voir ses filles qui consultent, on l’y interpelle sans difficulté.

« Pourquoi la voiture n’était-elle pas assurée ? demande le président Dufour.
- Il faut le permis pour assurer.
- Ben oui, mais vous vous retrouvez détenu… »


Le ratio des risques était en réalité démesuré, et l’impensable est arrivé.
Il était donc pressé, ce jour-là. « Je ne voulais pas laisser mes filles seules à la maison, j’allais les poser chez leurs grands-parents, puis partir avec mon collègue. » Du haut d’une côte il voit que le feu est vert, il accélère pour être sûr de l’avoir. Il n’entend pas le gyrophare. Il voit le nez du camion rouge s’engager, il pile. 20 mètres de freinage. Le réflexe était bon mais il devait rouler bien trop vite. Dans le camion, deux des pompiers sont éjectés au plancher, puis se précipitent vers la femme souffrante qui était attachée sur le brancard pour s’assurer de son état. Maître Mirek les représente, ils se portent tous les trois parties civiles et le SDIS 71 avec eux. L’un d’eux a le bras fracturé, le conducteur est « encore choqué ». La femme souffrante qu’ils transportaient est venue à l’audience elle tient à témoigner de ce qu’elle a vécu et vit encore.

« J’ai été trop choquée » dit la femme dont les pompiers assuraient le transport


« Le jour de l’accident, on m’emmenait à l’hôpital. Je souffrais énormément, je vomissais. Quand il y a eu le choc, j’ai cru qu’on avait tapé dans un mur. Le choc était très très violent. Quand j’ai su qu’il avait deux enfants avec lui, j’ai eu mal pour eux. Je n’ai pas eu d’enfants, ça m’a fait mal. Je souffre toujours, des cervicales, des côtes. Psychologiquement je suis touchée. Je suis une personne bipolaire. Ça faisait 7 ans que j’allais mieux, et là je suis rabaissée. J’ai dû aller en urgence voir mon médecin. Je ne dors plus que 4 heures par nuit, je suis épuisée. Je suis désolée pour les enfants, je suis désolée pour ce monsieur aussi, mais je ne vais pas bien, j’ai été trop choquée. » Maître Bibard reprend l’essentiel de ses propos et demande, comme maître Mirek, un renvoi sur intérêt civil. Le fonds de garantie des victimes d’actes terroristes et d’autres infractions (FGTI) a dépêché de Dijon l’un de ses conseils juridiques, car la 306 n’étant pas assurée, le fonds, « financé par nous tous » rappelle l’avocat, pourrait être sollicité.

9 mois ferme, sa peine aménagée fut révoquée après l’accident


Charles Prost, vice-procureur, requiert 12 mois de prison avec maintien en détention. « Monsieur a exprimé des regrets mais il a été condamné à plusieurs reprises dont 4 fois pour des conduites sous l’empire de l’alcool. Sa conduite est particulièrement dangereuse. » « Nous sommes ici pour des blessures involontaires, rappelle maître Lépine. Certes il a eu une attitude irresponsable mais ça ne justifie pas 1 an de prison ! Ce n’est pas une agression, c’est un accident, involontaire. » Le prévenu, sincère, renouvelle ses regrets et ses excuses.
Le tribunal le condamne à 9 mois de prison et ordonne son maintien en détention. Comme sa peine aménagée a été révoquée entre-temps, il finit de purger sa peine précédente au centre pénitentiaire. Le cumul d’infractions et de condamnations finit par faire une montagne de cailloux.
Florence Saint-Arroman

Renvoi sur intérêt civil en mars pour les parties civiles.

Notre seconde article
C’est ce que l’on pourrait appeler un grand chelem. A l’issue de sa garde-à-vue, le conducteur de la Peugeot 306, qui a percuté, lundi après-midi, un VSAV des Sapeurs-Pompiers d’Autun a été déféré, ce mercredi après-midi, au Parquet de Chalon-sur-Saône. A l’issue de cette présentation, le conducteur a été placé en détention dans l’attente de son procès qui aura lieu ce jeudi. Il devra répondre des charges de blessures involontaires, de défaut de maîtrise, de défaut de permis, de défaut de contrôle technique mais également de refus de priorité…
ACTUALISE A 15 h 50 : Le conducteur de la Peugeot 306 n’a rien d’un enfant de choeur. Âgé de 39 ans, ce natif d’Autun et vivant toujours en cité éduenne, il cumule pas moins de 13 condamnations pour différentes infractions, tels conduite sur l’empire d’un état alcoolique, vols, trafics de stupéfiants, délits routiers, mises en danger de la vie d’autrui ou encore circulation sans assurances. Ce lundi soir, au moment de l’accident, le chauffard portait un bracelet électronique. Il avait en effet bénéficié d’un aménagement de peine, suite à une précédente condamnation, pour pouvoir travailler.
En ce qui concerne l’accident de lundi, ce dont pour quoi il se retrouve devant le tribunal de Chalon-sur-Saône, le prévenu a demander un délai afin de préparer sa défense. Compte tenu du risque de réitération des faits et au regard de son casier judiciaire, le ministère public a réclamé -et obtenu- le maintien en détention du prévenu jusqu'à son jugement. Lequel interviendra le 28 novembre à 15 heures.
B.M.
(avec F.S.A à Chalon-sur-Saône)

Notre premier article
Il était tout juste 16h30 ce lundi après-midi lorsqu'une violente collision s’est produite à l’angle de la Rue de la Grange Vertu de la rue du faubourg saint Andoche sur le territoire de la commune d’Autun. La collision, en forme de choc latéral, implique une Peugeot 306 et un VSAV des sapeurs-pompiers autunois. La voiture descendait, vraisemblablement à vive allure au regard de la trace de freinage d'une vingtaine de mètres, la rue du Faubourg Saint-Andoche. Elle est alors venu violemment percuter le VSAV qui était déjà bien engagé dans le carrefour en direction du Centre Hospitalier d'Autun.
Une douzaine de sapeurs-pompiers, placés sous les ordres du Lieutenant Pascal Lukowitz, venue de la cité eduenne, du Creusot et d’Etang-sur-Arroux ont été engagés pour porter secours aux quatre victimes, à savoir les trois pompiers et la personne qu’ils transportaient. Elles ont toutes été transportées, en urgence relative, vers le Centre Hospitalier d'Autun voisin. Ils ont reçu la visite et le soutien du Lieutenant-colonel Patrick Landry, commandant le Groupement Nord du Service Départemental d’Incendie et de Secours de Saône-et-Loire.
Les gendarmes, placés sous les ordres du Chef d’Escadron Gérard Devaraine, commandant en second la Compagnie de Gendarmerie d'Autun, et de la Lieutenante Aurélie Blanc, commandant pour sa part la Communauté de brigades de la ciété éduenne, ont ouvert une enquête et procédé aux constatations d'usage. Selon les premiers éléments, le conducteur de la Peugeot 306 aurait refusé la priorité au véhicule des pompiers, qui circulait gyrophares et sirènes allumés. A l’arrivée des gendarmes, le ou les occupants de la voiture avaient quitté les lieux de l’accident. Les deux véhicules ont été enlevés par le garage Platret de La Celle-en-Morvan.
ACTUALISE ce mardi à 19 h 01 : Après avoir identifié le conducteur de la voiture, les gendarmes de la Communauté de Brigades d'Autun l'ont placé en garde à vue, ce mardi en début d'après-midi. L'enquête, ouverte à la suite de l'accident, se poursuit.
Bastien MIGAULT