samedi 22 septembre 2018

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Marie-Claude Barnay : « Je défends une Communauté de Communes constructive et rassembleuse »

05/07/2018 03:17Lu 2965 foisImprimer l’article
Ce jeudi soir, Marie-Claude Barnay préside le dernier communautaire avant la trêve estivale. Avant ce rendez-vous, la Présidente du Grand Autunois-Morvan a répondu aux questions d'Autun Infos. L'occasion pour elle de revenir sur sa première année à la tête de l'intercommunalité, de parler des relations avec la Ville d'Autun, d'évoquer le dossier du Centre Nautique et des futures économies de fonctionnement de la com-com. Un entretien riche.
Autun Infos : Cela fait un an que vous avez été élue présidente de la Communauté de Communes du Grand Autunois-Morvan. Quel regard portez-vous sur cette première année d’exercice ?
C’est une année intense avec beaucoup de projets qui ont été lancés et qui voient le jour auxquels il faut associer de nouvelles prises de compétences, tels que le GEMAPI. Il a fallu aussi gérer la fin de la semaine des quatre jours et demi et le retour à quatre jours. Sans oublier tous les gros dossiers que nous portons : fin des travaux de la bibliothèque-multimédia, Très Haut Débit, lancement de l’abattoir, création de la maison de santé à Etang-sur-Arroux que nous avons repris en direct, la création de la micro-crèche à Couches, mais également le lancement des marchés pour l’effacement des barrages de Saint-Andoche et du Ternin. Tous ces projets d’investissement concomitants ont tendu le budget, avec une baisse des dotations. Je défends une Communauté de Communes constructive et rassembleuse. Elle est là pour porter des projets entre communes et des projets structurants sur le territoire.
 
N’est-il pas trop difficile de diriger une grande intercommunalité comme celle-ci, être conseillère départementale et maire d’une commune ?
Non car à La Grande-Verrière, j’ai des adjoints très présents et des élus très engagés à mes côtés. Il n’ y a pas de problèmes là-dessus. Au Conseil Départemental, notre binôme avec Christian Gillot fonctionne particulièrement bien. J’arrive très bien à gérer sachant que le principal de mon temps est consacré à la communauté de communes. C’est qui est logique. Quand tu est président d’un grand EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale), ce n’est pas la même la même chose que maire d’un commune de 563 habitants au recensement du 1er janvier 2017.
 
Cette année a été marquée par un refroidissement des relations entre la Ville d’Autun et le Grand Autunois-Morvan. Qu’est ce qui pêche dans ses relations ?
Personnellement, je suis pour que la que la Ville centre et le Grand Autunois-Morvan, comme l’ensemble des communes, travaillent dans l’intérêt du territoire et portent les projets structurants pour ce dernier. D’ailleurs, c’est le cas puisqu’il y a la bibliothèque-multimédia, porté par la communauté de communes, l’abattoir qui est sur le territoire de la commune d’Autun. Il y a le lancement de l’opération Coeur de Ville. On porte les actions ensemble pour l’intérêt des habitants et de tout le territoire.  Je ne comprend pas pourquoi la Ville d’Autun joue la défiance vis-à-vis de la communauté de communes, car on a agrandit ce territoire ensemble dans l’intérêt de la ville et des autres communes. La Ville d’Autun a besoin du Grand Autunois-Morvan et les autres communes aussi.
Aujourd’hui, le bloc communale-intercommunale est indissociablement lié de part les compétences obligatoires.
 

« Les démutualisations, ce n’est plus dans l’air de temps »

 
Comment avez-vous vécu la décision unilatérale de la Ville d’Autun de dénoncer la convention de mutualisation des Ressources Humaines alors même qu’un audit avait été lancé ?
Je n’ai pas compris, au moment où l’audit est lancé et où les premières réunions se tiennent, cette décision unilatérale du conseil municipal d’Autun. C’est surprenant. Après l’audit et si les résultats ne sont pas là, on peut le comprendre. Cet audit porte sur toute la partie organisationnelle et managériale d’une communauté de communes qui a grandi très vite, avec deux fusions au 1er janvier 2014 et une troisième au 1er janvier 2017, et auquel on rajoute dans cet audit un point sur les services mutualisés et le point légal sur les risques psycho-sociaux.
Les démutualisations, ce n’est d’ailleurs plus dans l’air de temps. Aujourd’hui, nous avons même des maires qui sont entrain de mutualiser des services techniques et qui regarde pour des services administratifs. Nous sommes même entrain de regarder pour un pool de secrétariat pour assurer le remplacement. Nous sommes, pour des économies d’échelle et de rationalisation, à avoir des services mutualisés entre communes
 
Vincent Chauvet souhaite l’abandon du projet de parc commercial de Bellevue afin de libérer du foncier pour accueillir des activités à caractère industriel. Etes-vous dans cette même optique ?
La zone d’activité économique de Bellevue était en concession à l’OPAC au départ. La concession a pris fin et c’est aujourd’hui la communauté de commune qui est en pleine propriété. Reidem est propriétaire de terrains à Bellevue et a déposé un permis de construire et a eu une autorisation de la Commission Départemental d’Aménagement Commercial. Nous attendons les travaux depuis un certain temps.   Aujourd’hui, le maire d’Autun pose la question à la Communauté de Communes de faire jouer sa clause résolutoire. Nous sommes entrain d’étudier les aspects juridiques, financiers et fiscaux d’une telle prise de décisions, mais dans tous les cas de figure c’est le conseil communautaire qui décidera. Il faut en effet une délibération pour faire jouer la clause résolutoire.
Néanmoins, n’y-a-t-il pas une complémentarité à trouver entre l’Action Cœur de Ville et les Zones d’Activités Economique ?
 
Votre premier budget a été adopté sans majorité. Comment l’avez-vous vécu ?
Sereinement. Nous avons fait beaucoup de réunions budgétaires et j’ai toujours dit que les élus devaient être responsables des votes qu’ils font lorsqu’il a été question de porter de gros investissements. Il faut assumer ses décisions. Les réactions de certains élus ne m’ont pas surpris et je tiens à rappeler que c’est la première fois, depuis que notre communauté de communes existe, que nous portons tant d’investissement. Nous avions toujours dit avec Rémy Rebeyrotte que l’année où nous portions le Très Haut Débit, nous ferions une année blanche de voirie. Ce n’a pas été acté par certains maires qui n’ont que de la voirie.
 

« Les nouveaux horaires du Centre Nautique répondent à une demande des usagers »

 
Sans rentrer dans la polémique ouverte par les élus majoritaire d’Autun, comprenez-vous la grogne des habitants de l’Autunois-Morvan quant à la fermeture des piscines d’Autun et d’Etang sur Arroux ?
Certes, les piscines sont fermées le dimanche, mais on obstrue totalement les autres offres de services qui ont été créé. Nous avons travaillé depuis le mois de novembre avec les services et le personnel de la piscine sur un changement d’horaire avec des ouvertures revues par rapport à la demande des usagers. Et c’est à la demande des usagers que nous avons ouvert les matins. Je réitère le fait que, depuis de nombreuses années, la fréquentation à la piscine le dimanche diminue. C’est une décision qui a été vue avec le service. Ce n’est pas une lubie qui nous a pris comme ça.
 
Il y une semaine et demi, un violent incident s’est produit au Centre Nautique de l’Autunois, des mesures ont été annoncées de quels natures sont-elles ?
Oui, il y a des nouveaux agents de sécurité. Il y en avait déjà mais nous avons décidé de les renforcer, afin de permettre à ce que les usagers et le personnel soit en sécurité. Il faut que le règlement intérieur de la piscine soit respecté par chaque personne !
En ce qui concerne l’agression en elle-même l’enquête de gendarmerie est toujours en cours.
 
Nous avons bien compris que le Grand Autunois-Morvan doit faire des économies de fonctionnement. Aujourd’hui, quelles sont les pistes de réflexion ? Pourrait-on imaginer le retour de certaines compétences aux communes ?
Clairement, la question de la piscine n’est pas une économie de fonctionnement quand on regarde ce que l’on met à côté. Et nous apporterons l’information aux habitants sur le coût de fonctionnement de la piscine et sur la problématique des maîtres-nageurs sauveteurs. De la même manière, un retour de compétences aux communes n’est pas d’actualité. Nous mettons plus en place des règlements d’interventions, par exemple pour le transport scolaire, une compétence facultative qui nous coûte plus de 700 000 euros.
Nous reposons à plat nos compétences, pour rationaliser et optimiser nos recettes, notamment avec la taxe de séjour, sur les bases de la taxe d’habitation. Le travail est en cours avec les vice-présidents, les services et la commission n°1 qui est chargée de ces questions.
 

« Nous avons une communauté de communes bien structurée »

 
Barnay, Cordesse, Igornay et Dracy-Saint-Loup travaillent à la création d’une commune nouvelle. D’autres communes y réfléchissent. Quel est votre positionnement sur ce sujet ?
C’est aux maires à réfléchir ensemble à une éventualité de fusion de communes et aux de voir le bien-fondé d’une fusion. C’est la libre administration des collectivités. Ce n’est pas à la présidente de la communauté de communes d’imposer. La Communauté de Communes a uniquement un rôle d’aide dans le fonctionnement et sur la rationalisation des coûts.
 
Que pensez-vous des propositions de Vincent Chauvet pour favoriser la création et l’accompagnement de ces communes nouvelles ?
Nous faisons déjà l’accompagnement. La Communauté de Communes offre ses services juridiques et d’accompagnement  aux communes pour les dossiers complexes qu’ils ont. Ce n’est pas nouveau. Les maires apprécient d’avoir une communauté de communes structurée avec des services qui sont importants et qui leur permettent d’avoir des réponses en plus de ce que l’Association des Maires de Saône-et-Loire peut leur apporter.
 
La RCEA est une route qui irrigue tout le département. A l’instar de la Communauté Creusot-Montceau et vraisemblablement du Grand Charolais, le Grand Autunois-Morvan est-il prêt à participer financièrement à l’achèvement du chantier ?
Non, nous n’avons pas été sollicité.
 

"Je ne serai pas candidate en 2020 à Autun"


Le Département est très présent sur les projets intercommunaux, qu’attendez-vous de plus du Conseil Départemental ?
Il n’y aucun problème avec le Département de Saône-et-Loire. Je suis très satisfaite de la mise en place du pôle départemental de santé à Autun, qui répond à une véritable attente des habitants qui n’avaient plus de médecin référent. Je suis également satisfaite de l’ouverture de la première antenne à Saint-Léger sous Beuvray qui, là aussi, permet de renforcer ce secteur et notamment la pharmacie tout en rassurant les habitants de la Nièvre qui viennent consulter à Saint-Léger sous Beuvray.
De la même manière, le Département a répondu et continue de répondre aux engagements qu’il avait pris sur le territoire. Nous travaillons dans un bon partenariat.
 
Les élections municipales sont dans une peu moins de deux ans. Serez-vous candidate à votre succession ?
Oui, je serai candidate mais je reste dans ma commune. Je ne me présenterai pas à Autun, comme certains le disent. Je ne change pas de communes. J’y suis élu depuis 1995 et maire depuis 2008.
Propos recueillis par
Bastien MIGAULT