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AUTUNOIS : Le mari violent condamné à un an avec sursis

09/03/2018 16:58Lu 1053 foisImprimer l’article
Il avait pointé sa 22 long rifle sur la tête de sa femme, qui a pardonnée...
Le condamné devra tout de même se faire soigner pour ses accès de violences et ses écarts alcoolisés.
En février 2015 il a saisi sa 22 long rifle, a posé la bouche du canon sur la tempe de sa femme, et il a tiré, « dans le mur, pour lui faire peur ».

Il a tout oublié. Le 4 septembre dernier, il jetait la tête de sa femme contre les murs, il la traînait par terre, celle qui a porté ses deux enfants. Les voisins de leur maison pas loin d’Epinac en témoignent. Les deux fois il était ivre, il y a eu d’autres fois. Elle a enfin posé plainte, et après six mois de contrôle judiciaire, la justice a fait le point hier avec Damien X, 33 ans, et l’a jugé. De dos on dirait un adolescent, il en a encore la silhouette.
De dos, on peut encore se figurer le minot qu’il fut, élevé par son grand-père maternel, qui emmenait le petit dans les bars, « et le faisait consommer, raconte maître Ronfard. C’est celui qui l’éduquait qui l’a mis dans cette situation. »« Il est honteux, plaide l’avocat. Honteux d’avoir maltraité sa femme, d’avoir traumatisé ses enfants. Il n’est pas là pour minimiser, mais il ne peut pas s’en sortir seul. Il faut qu’il soit encadré. »
« Il ne peut pas s’en sortir seul » : la jeune femme qui accompagne son mari, qui se tient assise tout contre lui, parce que c’est sa place, pense-t-elle, parce qu’elle n’a pas peur de son homme quand il est sobre, et parce qu’elle l’aime, est bien d’accord. Elle entend même se tenir encore à ses côtés, et pleure son chagrin à la barre, « je ne veux pas que les enfants soient privés de leur père ». Elle a même retiré sa plainte finalement.
L’expertise psychiatrique vient en soutien, « curable et réadaptable » affirme le psychiatre. « Infractions liées à son éthylisme », « tendance à la jalousie qui devient pathologique quand il boit ». Une seule condamnation au casier du jeune homme, en 2004, pour conduite sous l’empire de l’alcool, et violences. « Il est parti en cure un mois, vient plaider la maman des deux enfants, une jeune femme qui semble bien plantée. Quand il est revenu, j’ai vu le changement, et au niveau de ses paroles il n’était plus aussi agressif qu’avant. Ils ont trouvé un traitement qui l’apaise énormément, j’ai retrouvé un mari que j’avais perdu. »
Les magistrats, parquet et juges confondus, sont assez embêtés parce que leur expérience professionnelle ne parle pas en faveur du prévenu, même si « on peut voir des exceptions » dit la juge Foucault, « on voit souvent... » des gens qui replongent, des situations qui flambent à nouveau, en témoigne le jugement qui précédait celui-ci, une femme mise en compote, côté cassée, hémorragie, alors qu’une décision judiciaire avait en principe séparé les conjoints. La juge Foucault insiste sur l’histoire récente : une première séparation, elle revient, il recommence. Elle repart, elle revient, il recommence. De quoi douter des chances de faire de l’épisode du 22 long rifle sur la tempe, un mauvais souvenir, seulement un mauvais souvenir. « Les enfants n’ont pas été épargnés » rappelle la représentante du ministère public.
« Par amour » la jeune maman gardait « l’espoir que ça change », elle avait compris qu’il ne changerait pas, elle demande le divorce. Et puis ces six mois de contrôle judiciaire ont fait la démonstration qu’il peut évoluer, il dit être abstinent désormais, elle dit qu’elle sentirait immédiatement s’il buvait à nouveau. Maître Thomas Ronfard pointe la « légère altération du discernement » notée dans l’expertise psychiatrique, en raison « d’un alcoolisme ancien », ancien de plus de 20 ans, chez un homme âgé de 33.
Le prévenu est éprouvé par l’audience, confronté à lui-même et à son histoire lue sous un angle difficile à porter, et puis y a « la honte », la chose la plus difficile à porter qui soit. Il a à son actif six mois de soins, dont une psychothérapie qui a amorcé le chemin de conscience : c’est son histoire, et va devoir se l’approprier pour tâcher de retourner la carte, la mauvaise carte mise dans son jeu à un âge où les enfants sont encore si dépendants de l’adulte tutélaire. Son avocat veut y croire aussi.
Le tribunal condamne le mari à 12 mois de prison entièrement assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 2 ans, avec obligation de soins, de travailler. Interdiction de porter une arme. La sinistre carabine de chasse est confisquée. « Madame, en cas de nouveaux faits, prévenez le service pénitentiaire d’insertion et de probation et le juge d’application des peines ». Il n’y aura pas de seconde chance.
FSA