lundi 10 décembre 2018

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EDITO : Quelle porte de sortie de crise pour Emmanuel Macron ?

03/12/2018 09:27Lu 850 foisImprimer l’article
Le Président de la République ne peut pas se permettre un quatrième samedi aussi catastrophique pour l’image de la France. Il doit prendre les bonnes décisions et envoyer des signes aux Gilets Jaunes. Il n’a pas d’autre choix.
«C’est jaune, c’est moche, ça ne va avec rien, mais ça peut vous sauver la vie»… C’est le slogan que Karl Lagerfeld avait distillé à l’envie, en 2008, au sujet de l’obligation d’avoir un gilet jaune dans sa voiture. Une décennie plus tard, le «gilet jaune» est devenu le totem de la contestation et le cauchemar d’Emmanuel Macron et de son Premier Ministre, Edouard Philippe.
Deux semaines après les premières manifestations, le monde entier a découvert non pas les illuminations de Paris, mais les beaux quartiers de la capitale en feu. Embrasés comme jamais. Les images diffusées partout dans le monde sont désastreuses.
Mais contrairement aux apparences, elles ne reflètent en rien la réalité du mouvement des gilets jaunes partout dans le pays, y compris en Saône-et-Loire sur notre territoire.
Le contraste est saisissant. Samedi au rond point du pont Jeanne Rose, comme dans tous les autres départements de l’hexagone, des femmes et des hommes ont affiché leur colère en filtrant la circulation.
La dénonciation première des augmentations du carburant, au nom d’une écologie punitive, a aggloméré nombre de revendications. Elles tournent toutes autour du pouvoir d’achat. Et quand nos concitoyens dénoncent les 80 km/heure, c’est aussi au nom du pouvoir d’achat, car ils n’ont pas accepté que l’on décide que les radars permettent de les faire payer plus d’amendes, même si ce n’est effectivement pas le cas quand on respecte les limitations. Mais c’est bien le principe qui a nourri la contestation.
Il y a 35 ans, - c’était le 29 novembre 1983 - le pilote Jean-Pierre Beltoise avait lancé une campagne de sensibilisation contre la violence routière, alors que la Saône-et-Loire enregistrait 170 morts par an sur ses routes. Aujourd’hui c’est entre quatre et cinq fois moins, alors que le trafic a considérablement augmenté. Et c’est bien pour cela que les automobilistes n’en peuvent plus non seulement d’être considérés comme des vaches à lait, mais aussi d’être montrés du doigt comme étant des pollueurs. Car dans nos contrées, difficile d’aller au travail sans avoir une voiture.
La question du pouvoir d’achat est donc centrale et l’épicentre des nombreuses revendications des gilets jaunes.
Au lendemain de la première manifestation du 17 novembre, Emmanuel Macron a raté l’occasion d’accéder à leur demande qui était pourtant simple : En finir avec les augmentations du diesel au nom de l’écologie. Car ils le disent sur le terrain : «Quand maintenant on veut faire passer la pilule on commence par vous stigmatiser avant de vous taxer. C’est comme pour le tabac, on parle de santé chaque fois qu’on veut l’augmenter».
Emmanuel Macron et Edouard Philippe n’ont rien voulu entendre et la contestation a donc perduré, avec comme premier épilogue la désastreuse démonstration des casseurs à Paris, samedi 1er décembre. Des casseurs, dont les images télé ont démontré qu’ils étaient loin, très loin même, d’avoir un gilet jaune sur les épaules. Et sur le terrain, chez nous, les condamnations sont unanimes.
Il n’en demeure pas moins que la marmite est en train de bouillir. Alors que faire ?
En s’engouffrant dans la brèche, le Rassemblement National de Madame Le Pen, comme les Insoumis de Monsieur Mélenchon ont commencé par demander une dissolution de l’Assemblée Nationale. Monsieur Wauquiez, pour les Républicains, a lui demandé un référendum.
Mais majoritairement, les gilets jaunes sur le terrain, ce n’est pas d’aller voter qu’ils demandent, mais du pouvoir d’achat.
En fait le pouvoir, pour tenter d’éteindre la crise, a l’obligation d’envoyer des signes et en quelque sorte de manger son chapeau. A la mi-novembre il avait des allures de petit chapeau melon. En ce début du mois de décembre, il ressemble de plus en plus à un sombrero. Pas certain cependant qu’Edouard Philippe accepte de manger son chapeau.
Se pose alors la question de son remplacement, du changement de Premier Ministre et de l’acceptation de commencer, déjà, par revenir sur les taxations «environnementales» des carburants en général et du diesel en particulier.
A la façon de Ségolène Royal qui avait ramené au silence les bonnets rouges en enterrant l’écotaxe, Emmanuel Macron doit trouver le médiateur ou la médiatrice qui acceptera de revenir en arrière et de façon mécanique de redonner du pouvoir d’achat à celles et ceux qui utilisent une voiture. Pas certain cependant que cela suffise à calmer tout le monde.
Mais il faut bien commencer par quelque chose. Le temps presse et le 8 décembre, par tradition grande journée de la Fête des Lumières et des illuminations à Lyon, ne doit surtout pas être celle d’un autre embrasement à Paris et dans d’autres villes de France.
Alain BOLLERY

 
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