mercredi 22 août 2018
Questions à...
30 associations écologistes ont fait du lobbying auprès de lui, mais Rémy Rebeyrotte n’a pas cédé aux pressions vertes sur la question du glyphosate et il s’en explique avec force d’arguments.
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Rémy Rebeyrotte «pour» la réforme de la SNCF et «pour» la fermeture de Fragny

27/02/2018 03:00Lu 5961 foisImprimer l’article
Centre éducatif fermé... Réforme de la SNCF... Juste rémunération des agriculteurs... Energie et nucléaire... Rythmes scolaires... Centre départemental de santé... Hôpital d'Autun...
Le Député Rémy Rebeyrotte n'a éludé aucun sujet au cours d'un point presse.
Alors que les travaux de l’Assemblée Nationale sont suspendus pour une semaine, Rémy Rebeyrotte, député de la troisième circonscription de Saône-et-Loire, a effectué un point sur les différents dossiers nationaux mais également locaux. L’occasion pour lui de parler SNCF, agriculture, santé, asile et immigrations, mais également éducation, sécurité et justice des mineurs. Sans oublier la perspectives des prochaines élections municipales.

« Sur le Centre Educatif de Fragny, il a eu une rupture du confiance avec la Sauvegarde 71 »

« Je suis pour des centres éducatifs sous contrôle judiciaire. Il faut clairement des structures qui soient gérées avec un projet éducatif fort avec des équipes stabilisées.
Pour le cas particulier de celui de Fragny, je comprends la position du maire d’Autun. Il y a eu une forme de perte de confiance à l’égard de la Sauvegarde 71. Avant cette décision, à l’époque où j’étais encore maire, nous n’avions prolongé le bail que pour un an, en demandant à la Sauvegarde 71 de présenter un vrai projet. Force est de constater qu’elle a des difficultés pour le présenter et n’a ni d’équipes stables, ni de direction stable. Je pense qu’il faut également, en amont que les magistrats orientent des jeunes qui présentent une possibilité d’éducation. Clairement, à Fragny, il y a des jeunes qui ne sont pas à la place à laquelle il devait être. »

« Le statut des cheminots fait parti des gains de productivité possible de la SNCF »

« Il ne faut pas confondre rapport et les décisions qui en découlent. Et en ce sens, je suis ravi que le Premier Ministre n’ait pas retenu la disparition des petites lignes. Elles peuvent l’objet d’innovation. On a des marges de progrès sur celles-ci. On peut très bien imaginé, sur la ligne Etang-Autun, des navettes automatiques… Pour la fermeture de ces petites lignes, il faut en tout cas regarder au cas par cas et éviter les postures.
Concernant le statut du cheminot, il y a très longtemps que cette question est sur la table. Actuellement, l’Etat donne 11 milliards à la SNCF, plus 3 milliards pour les retraites. Ces 14 milliards d’Euros, ce sont plus que l’ensemble des dotations de la Gendarmerie, de la Police et de la Justice. De la même manière, la dette de la SNCF, c’est 45 milliards d’euros, sans oublier des problèmes lourds de dysfonctionnement. Il faut aujourd’hui chercher des gains de productivité. Et parmi ces gains de productivités, la question du statut des cheminots se pose inévitablement. Pour les prochains recrutements, il faudra se poser la question du statut et des missions.
Après fallait-il recourir aux ordonnances ? Ce que je retiens, c’est que le gouvernement prévoit une concertation de deux mois, puis un temps au Parlement avec de vrais débats, avant le vote des lois d’habilitation.
Je trouve d’ailleurs que le fait de passer par les ordonnances permet de privilégier la concertation qui était négligée avant.»

« Pour les agriculteurs, il faut desserrer la contraintes des prix »

« A partir du 6 mars prochain, nous allons reprendre l’examen de la future loi sur l’agriculture. Une loi qui va remettre les producteurs au coeur des négociations sur les prix. C’est essentiel. J’attends de cette loi qu’elle soit un levier pour que les filières puissent retrouver des marges pour faire leurs mutations. Il faut clairement desserrer la contrainte sur les prix afin de trouver la confiance.
L’enjeu de cette loi n’est pas d’opposer la grande distribution aux producteurs et de trouver de nouveaux contrats pour faire évoluer les filières. Il y a tout intérêt à faire conjuguer, comme le font le magasin Leclerc d’Autun et du Breuil, le savoir-faire te le faire-savoir dans une logique de qualité et de traçabilité.
Concernant l’interdiction du glyphosate, il est important d’avoir choisi son arrêt d’ici trois ans pour éviter que l’on enterre une fois de plus le dossier. Il faut dès maintenant, comme certains agriculteurs le font, trouver des substituts. »

« Sur l’énergie, il va falloir des décisions rapides »

« Sur la question des énergies, la question est de savoir comment on se projette à l’horizon 2030-2050 ? Et dans cet horizon, le nucléaire comme les énergies renouvelables doivent trouver leur place. Il y aura des décisions à prendre très rapidement. Dans les mois qui viennent, car 2030 ca va venir très vite. »

« Sur les rythmes scolaires, Le Creusot et le Grand Autunois-Morvan ont adopté la bonne méthode »

« Sur le retour de la semaine de quatre jours, c’est bien d’avoir ouvert cette possibilité. Je salue la décision de la Ville du Creusot, comme celle du Grand Autunois-Morvan de ne pas s’être précipités et d’avoir consulté largement.
Aujourd’hui, la priorité c’est le dédoublement des classes de CP au Creusot, comme à Autun. On passe d’une logique quantitative à une logique qualitative, dont les effets commencent à sa faire sentir. Le gouvernement a déjà ouvert le chantier du dédoublement des classes en CE1. »

« Les Municipales, c’est trop tôt »

« Il est beaucoup trop tôt pour parler des municipales pour la simple et bonne raison que la recomposition politique n’est pas encore achevée. Il va falloir attendre les élections européennes pour voir cette recomposition. Les municipales, ce n’est pas avant 2019 qu'il faudra en parler, après les Européennes »

« La loi Asile-Immigration, un compromis entre la France du repli et la générosité mal placée »

« J’apporte tout mon soutien au projet de loi actuelle sur la loi Asile-Immigration. Je trouve que c’est un texte équilibré entre la France du repli incarné par Les Républicains « canal historique » et l’extrême droite, qui voudrait remettre en cause voire supprimer le droit d’asile, et la générosité parfois mal placée.
Est ce que la vocation de la France est d’être une salle d’attente pour l’Angleterre ? Est-ce que la vocation de la France c’est d’accueillir des gens qui voulaient aller en Allemagne et qui s’y sont fait refouler ? Est-ce la vocation de la France, c’est un être un débouché pour un trafic d’être humain ?
On ne peut maintenir pendant des années des personnes sans droits et qui ne sont ni expulsables, ni régularisables. Par contre pour ceux qui souhaitent venir en France et qui peuvent s’y maintenir, il faut que cela puisse se faire dans de bonnes conditions. C’est ce que prévoit cette loi.
A mon sens, les migrants de Calais ne sont pas des gens qui souhaitent rester en France. Ce sont des gens qui vivent dans l’espoir que l’Angleterre ouvre ses frontières. »

« Le Centre de Santé Départemental est une bonne initiative »

« Le modèle de Centre Départemental de Santé crée par le Département de Saône-et-Loire est bien évidemment un modèle explicable dans les départements qui souhaiterait se doter d’une telle structure. Il permet de répondre à trois problèmes : à celui de personnes qui n’ont plus de médecins de traitant, à celui les médecins qui sont sous pression, à celui de la surcharge des Urgences dont les missions sont dévoyées.
Je salue l’initiative du département de Saône-et-Loire. »

« Un million d’euros pour le Centre Hospitalier d’Autun »

« Au sens strict de ses critères, le Ministère de la Santé n’a pas reconnu le Centre Hospitalier d’Autun comme un établissement isolé, au motif qu’il se situe dans un rayon de moins de 45 minutes de l’Hôtel-Dieu du Creusot. Néanmoins, nous désenclavons un territoire isolé qu’est une partie de la Nièvre.
Pour autant, le Ministère de la Santé a décidé d’octroyer une dotation annuelle d’1 million d’euros pour reconnaitre le rôle majeur de la Maternité et du service des Urgences. »

« Bientôt une Police de Sécurité du Quotidien au Creusot »

« Je suis favorable à la mise en place de la Police de Sécurité du Quotidien. Elle permet de renforcer les moyens et accélère le passage au numérique, qui permettra aux policiers de passer moins de temps à des tâches administratives et plus de temps au contact des populations.
Cette police de sécurité du quotidien va être déployé dans des quartiers prioritaires « Politique de la Ville ». Il y a des réflexions sur le secteur du Creusot et de Montceau-les-Mines qui va permettre un renforcement des moyens. De la même manière a été reconnu pour accueillir un groupe de contact de la Gendarmerie. Groupe qui va aller à la rencontre de la population et à la fois lutter contre l’insécurité et le sentiment d’insécurité. »
Propos recueillis par Bastien MIGAULT
et Alain BOLLERY