
C'est en Bourgogne - Franche-Comté que le record de froid a été enregistré... Et les intempéries
Ce qu’il faut retenir :
• un épisode de froid remarquable a touché le pays en début de mois, sans pour autant atteindre le stade de vague de froid à l'échelle nationale* :
• les précipitations ont été en moyenne proches de la normale sur le pays, mais fortement déficitaires près de la Méditerranée ;
• la température moyenne mensuelle sur la France est proche de la normale ;
• il a plu abondamment sur la Bretagne et près de la Méditerranée, provoquant localement des crues et des inondations ;
• l’excédent pluviométrique atteint 30 % sur le mois et le pays ;
• la neige est tombée en abondance sur l’est des Pyrénées, les Alpes du Sud et la Corse. Sur les Alpes du Nord, les Vosges, le Jura et le Massif central, l’enneigement est déficitaire ;
• la tempête Goretti s'est accompagnée de fortes rafales de vent le long de la Manche, en particulier sur la Normandie.
Températures : très froid en début de mois puis un net radoucissement
Le début de l’année s’est déroulé dans une ambiance souvent glaciale. Il n’avait pas fait aussi froid depuis février 2018. Les températures ont atteint des valeurs négatives partout, à l’exception du littoral corse. Au paroxysme de l’épisode, les températures ont été inférieures à -5 °C sur près des deux tiers nord de la France et sont restées négatives durant quatre journées consécutives dans le Nord-Est. Cet épisode hivernal a été remarquable par son intensité, même s’il n’a pas atteint le stade de vague de froid à l’échelle nationale, phénomène rare dans le climat du 21e siècle.
Les températures sont remontées au-dessus des normales en seconde partie de mois.
À l’échelle du mois et du pays, la température moyenne est proche de la normale (+0.3 °C).
Des pluies abondantes sur la Bretagne, le Roussillon et la Corse entraînant des inondations
Depuis le début du mois de janvier, une succession de perturbations a apporté des précipitations régulières sur la façade ouest du pays et sur les régions les plus au sud (le long des Pyrénées et près de la Méditerranée). Les sols sont saturés, ce qui a occasionné des inondations à répétition en fin de mois. Sur ces mêmes régions, les cumuls de précipitations sont conséquents, parfois même exceptionnels dans la durée sur le Finistère (mois de janvier le plus pluvieux depuis le début des mesures en 1959), le Roussillon (l’Aude connaît son mois de janvier le plus pluvieux) ou encore la Corse (mois de janvier le plus pluvieux en Corse-du-Sud).
Il a plu deux jours sur trois en Bretagne où il est tombé deux fois la normale mensuelle. Sur le Roussillon et la Corse, il a plu un jour sur deux et il est tombé entre 3 et 4 fois la normale mensuelle. Sur l’Aude et les Pyrénées-Orientales, régions marquées par une sécheresse exceptionnelle ces dernières années, ces précipitations seront bénéfiques pour la ressource en eau.
Le Nord-Est du pays est resté plus en marge de ces passages perturbés. On dénombre 10 jours de pluie, souvent 2 à 4 jours de moins que la normale. Le déficit atteint généralement 10 à 20 % sur ces régions, parfois près de 50 % sur le nord de la Bourgogne.
À l’échelle du mois et du pays, l’excédent pluviométrique atteint 30 %.
Enneigement excédentaire sur les massifs les plus au sud, déficitaire ailleurs
Si la neige est tombée ponctuellement sur les Vosges, le Jura, ou le Massif central, le manteau neigeux est fortement déficitaire sur ces massifs.
Sur les Alpes du Nord, l’enneigement est également déficitaire, en lien avec des précipitations plus faibles que la normale. En revanche, l’enneigement sur les Alpes du Sud est excédentaire.
En Corse, conséquence du temps très perturbé, l’enneigement est très excédentaire.
Sur les Pyrénées, l’enneigement est excédentaire partout, en particulier sur l’est de la chaîne. Il est même exceptionnel sur les massifs les plus orientaux (Capcir-Puymorens et Cerdagne-Canigou).
Un ciel souvent gris
Conséquence du temps souvent perturbé, l’ensoleillement a été plutôt faible sur de nombreuses régions :
● près des frontières du Nord (-20 %) ;
● sur la Bretagne (-10 à -20 %) ;
● ou encore sur la moitié sud (-20 %).
Sur les Pays de la Loire, ainsi que sur Auvergne-Rhône-Alpes, l'ensoleillement a en revanche été plus généreux qu'à l'accoutumée (+10 %). Sur le Lyonnais ou dans les Dombes, les nuages bas ont été peu présents, on relève ainsi 20 à 40 % de soleil en plus.
Zoom régional
Épisode de froid remarquable par son intensité
Dès la fin du mois de décembre 2025, les températures ont été anormalement froides sur la France. Les températures ont été localement inférieures aux normales de plus de 10 °C. Les températures minimales ont atteint :
● -19,7 °C à Pontarlier (Doubs - 870 m) ;
● -12,1 °C à Alençon (Orne) ;
● -12,4 °C à Colmar (Haut-Rhin) ;
● -11,0 °C à Millau (Aveyron) ;
● -8,5 °C à Toulouse (Haute-Garonne) ;
● et ont été localement inférieures à -20 °C sur les plateaux jurassiens.
Mouthe, dans le Doubs, à 940 mètres d’altitude, a ainsi enregistré quatre nuits consécutives avec des températures inférieures à -20 °C, une première depuis janvier 1985.
Pourquoi Mouthe (Doubs) est le village le plus froid de France ?Les températures ont aussi été parfois remarquablement froides en journée. Le 5 janvier 2026, le mercure n'a pas dépassé :
● -3,5 °C à Albi (Tarn) ;
● -3,0 °C à Montauban (Tarn-et-Garonne) ;
● -1,5 °C à Orléans (Loiret).
Ce froid remarquable par son intensité, mais bref, a touché l’ensemble du pays pendant plusieurs jours, sans pour autant atteindre le stade de vague de froid à l’échelle nationale (la dernière remonte à février 2018).
Au cours de cette séquence hivernale, la neige est tombée jusqu’en plaine, parfois en grosse quantité le 05 janvier (atteignant 4 cm à Paris et localement 15 cm ou plus en Charente-Maritime dans la région de La Rochelle).
Le 07 janvier, il a de nouveau neigé sur le nord-ouest du pays. Avec plus de 7 cm par endroits, voire jusqu'à 10 cm à Paris-Montsouris, c'est la plus forte chute de neige en région parisienne depuis février 2018.
Tempête Goretti
Dans la nuit du 8 au 9 janvier, la tempête Goretti a frappé un large quart nord-ouest du pays, en particulier les côtes de la Manche où on a relevé (maximum du vent instantané) :
● 161 km/h à Gonneville près de Cherbourg (Manche), nouveau record absolu ;
● 157 km/h à la Pointe de la Hague (Manche) ;
● 147 km/h à Caen (Calvados) ;
● 144 km/h à Octeville-sur-Mer (Seine-Maritime) ;
● 129 km/h à Saint-Cast-le-Guildo (Côtes-d’Armor) ;
● 127 km/h à Dieppe (Seine-Maritime).
Sur la Normandie, l’intensité de cette tempête est comparable à celle de la tempête Ciarán (novembre 2023) mais elle reste moins sévère que l’ouragan d’octobre 1987”.
Précipitations très abondantes et inondations dans de nombreuses régions
Au cours du mois de janvier, les précipitations ont été très abondantes sur les régions méditerranéennes, notamment du Languedoc-Roussillon aux Cévennes, sur la Côte d'Azur et la Corse, ainsi qu’en Bretagne où elles ont provoqué des crues et des inondations sévères.
Les cumuls sur l’ensemble du mois ont été souvent remarquables, parfois même exceptionnels. Il s’agit du mois de janvier le plus pluvieux depuis le début des mesures en 1959 sur l’Aude, la Corse-du-Sud et le Finistère.
Le 27 janvier, des pluies abondantes ont touché la Côte d’Azur. Il n’avait jamais autant plu en 24 heures au mois de janvier à Antibes (Alpes-Maritimes - 128 mm), Nice (Alpes-Maritimes - 85 mm), ou encore Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence - 44 mm).




