Communiqué :PLF 2026 : baisse des dotations, DILICO, suppression du Fonds vert, les stations de montagne tirent la sonnette d’alarme
L’ANMSM
dénonce l’étau financier imposé aux communes et appelle à une réelle
autonomie financière et une péréquation adaptée pour soutenir les
territoires touristiques
Alors que le projet de loi de Finances pour
2026 poursuit son parcours parlementaire - avec l’examen du texte en
séance plénière qui débute aujourd’hui - l’Association Nationale des
Maires des Stations de Montagne (ANMSM) appelle les députés à la
responsabilité pour ne pas faire peser sur les communes l’instabilité
des politiques nationales. Suppression du Fonds vert, gel de la DGF,
nouvelles modalités du dispositif DILICO : les maires des stations de
montagne dénoncent une accumulation de mesures qui étranglent les
communes touristiques alors même qu’on leur demande d’en faire toujours
plus. L’ANMSM appelle à une révision urgente du mécanisme de
péréquation, afin d’assurer une redistribution équitable des ressources
vers les communes touristiques et de soutenir leur adaptation. Les
maires des communes support de stations de montagne seront
particulièrement attentifs aux votes des parlementaires sur tous ces
sujets.
Jean-Luc Boch, président de l’ANMSM : « On nous demande
de participer à l’effort national, mais avec quels moyens ? Alors qu’on
demande aux stations de montagne d’investir pour s’adapter et de
maintenir des services de qualité, l’État retire progressivement tous
les moyens d’action des communes touristiques. Les contours du DILICO
restent flous et cette incertitude paralyse la capacité des communes à
planifier et investir. Supprimer le Fonds vert tout en imposant le
DILICO, c’est priver les communes support de stations de montagne de
toute capacité d’action, alors qu’elles sont en première ligne face au
changement climatique.
À 6 mois des municipales, les élus sont las de
subir l’instabilité politique, qui rajoute encore des contraintes alors
que nos territoires font déjà face à de multiples défis. Une situation
qui renforce la nécessité de laisser nos communes agir et de leur
redonner les moyens de gérer leurs territoires. »
L’ANMSM demande de flécher une partie de la péréquation vers les communes touristiques pour les aider dans leur adaptation
L’ANMSM
réclame une révision de la péréquation : une partie des ressources
ainsi redistribuées doit être orientée vers les communes touristiques en
particulier, afin de leur permettre de maintenir des services de
qualité pour leurs habitants et de continuer à investir pour
l’attractivité de leurs territoires.
Jean-Luc Boch, président de
l’ANMSM : « La péréquation ne peut pas rester un outil abstrait de
redistribution : elle doit être un levier concret de soutien aux
communes confrontées à des charges disproportionnées et un outil
d’accompagnement dans l’adaptation de leur modèle économique. Par
ailleurs, l’actuel Fonds de Péréquation des ressources Intercommunales
et Communales-FPIC est inadapté à l’activité touristique des stations de
montagne et notamment ne prend pas en compte les charges
exceptionnelles des stations liées à cette activité. »
Une DGF figée et des compensations illusoires
Alors
que l’État maintient la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) à un
niveau historiquement bas, les charges pesant sur les communes
augmentent (entretien des infrastructures touristiques, services publics
de proximité, transition écologique). Les mécanismes de compensation
censés remplacer la taxe d’habitation se révèlent très loin de couvrir
la réalité des pertes pour les territoires touristiques, dont les
recettes reposaient en grande partie sur cette fiscalité locale.
Fonds vert supprimé et DILICO : un double coup dur pour les territoires
La
suppression du Fonds vert, qui représentait un levier essentiel pour la
rénovation énergétique, la mobilité durable et la prévention des
risques naturels, constitue un recul majeur. Dans le même temps, la mise
en place du dispositif DILICO -dont les sommes prélevées aux
collectivités passent de 1 milliard à 2 milliards d’euros et seraient
dorénavant reversées sur cinq ans et non plus sur trois et sous
condition…- vient aggraver une situation budgétaire déjà sous tension.
Ce dispositif fait craindre une nouvelle baisse des ressources
communales.