
41 ans qu'il n'avait pas fait aussi froid... en Franche-Comté. Ca va souffler fort à partir de jeudi après-midi.
Neige, froid et vents violents avec la tempête Goretti dès jeudi
Un
nouvel épisode hivernal concerne ce mercredi les régions du
centre-ouest au nord du pays. De nouvelles chutes de neige ont touché
les sols déjà gelés, occasionnant des perturbations de circulation. Dès
jeudi, la tempête Goretti va traverser le pays, avec de très fortes
rafales de vent et un risque important de vagues-submersions.
Nouvelle perturbation neigeuse mercredi
La
perturbation arrivée par les côtes de Manche en fin de nuit de mardi à
mercredi a circulé sur le pays, avec d’importantes chutes de neige et
des pluies verglaçantes.
La neige tient au sol et s’ajoute à la couche de l’épisode passé, qui n’a pas encore totalement fondu.
Le
redoux s'amorce à l'ouest avec des températures allant jusqu’à 8 à 12
°C, tandis qu’il n’y aura pas de dégel dans le Nord-Est.
À 15 h, les cumuls de neige mesurés dans les régions concernées atteignent :
• 9 cm à Paris (75) (+6 cm depuis cette nuit)
• 8 cm à Melun (77) (+7 cm depuis cette nuit)
• 7 cm à Le Plessis-Gassot (95) (+5 cm depuis cette nuit)
• 6 cm à Toussus-le-Noble (78) (+4 cm depuis cette nuit)
• 4 cm à Trappes (78) (+3 cm depuis cette nuit)
• 4 cm à Chartres (28) (+3 cm depuis cette nuit)
• 3 cm à Blois (41) (+3 cm depuis cette nuit)
• 3 cm à Bourges (18) (+3 cm depuis cette nuit)
• 3 cm à Blois (41) (+3 cm depuis cette nuit)
• 3 cm à Montluçon (03) (+3 cm depuis cette nuit)
Temps très perturbé jeudi : neige, verglas et vent
Une
perturbation pluvieuse aborde l’ouest du pays en soirée de mercredi,
avant de progresser rapidement vers l’est au cours de la nuit de
mercredi à jeudi. Lors de son arrivée nocturne sur le Limousin, l’ouest
de l’Auvergne et le nord de l’Occitanie, les précipitations pourront
devenir verglaçantes ou tomber sur des sols encore gelés
temporairement.
Les conditions de circulation pourront ainsi être
encore délicates en fin de nuit et en matinée de jeudi. La plus grande
prudence est recommandée, en restant attentif à l’évolution de la
Vigilance météorologique.
En journée de jeudi, cette perturbation
s’accompagne de pluies fréquentes sur une grande partie du pays, parfois
sur des couches neigeuses déjà présentes.
De la neige en plaine est attendue en matinée, de la Lorraine à la Franche-Comté, se transformant progressivement en pluie.
La
neige persistera tout au long de la journée dans les vallées alpines,
notamment en Savoie et Haute-Savoie. Les chutes de neige seront durables
et significatives, avec 10 à 20 cm dès 1 000 m d’altitude. Là encore,
il conviendra de suivre attentivement les messages de Vigilance.
L’épisode
hivernal se poursuit et Météo-France appelle à la plus grande prudence,
notamment dans des zones déjà touchées par l’événement, et invite à
consulter régulièrement la Vigilance et suivre les consignes des
autorités.
Tempête Goretti à partir de jeudi après-midi
Parallèlement,
la tempête Goretti se met en place dès l’après-midi de jeudi. Elle
concernera plus particulièrement les côtes de la Manche dès la soirée,
ainsi que les côtes atlantiques, de la Bretagne à la Gironde.
Dans
la nuit de jeudi à vendredi, la tempête balaye une large partie du pays
: 80 à 100 km/h dans l’intérieur des terres, du nord de la
Nouvelle-Aquitaine à l’Auvergne et sur une grande moitié nord du
territoire, 90 à 100 km/h sur le littoral atlantique, et 100 à 120 km/h
sur les côtes de la Manche, avec des pointes pouvant atteindre 140 km/h
sur les caps les plus exposés.
Des vagues submersions importantes
pourraient concerner les zones littorales du Calvados à la baie de Somme
dans la nuit de jeudi à vendredi.
Cette masse d'air venue de
l'Atlantique va chasser l'air froid dans un flux perturbé. Le redoux
s’annonce assez net sur de nombreuses régions en journée de jeudi et
nuit suivante.
Retour sur les températures de ce mercredi
On a relevé ce mercredi matin des températures inférieures aux normales de saison de huit à quinze degrés avec :
• -13,7 °C à Joncherey (Territoire de Belfort) ;
• -13,5 °C à Aurillac (Cantal) ;
• -12,3 °C à Monteils (Aveyron) ;
• -11,1 °C à Brive (Corrèze) ;
• -10,8 °C à Tulle (Corrèze) ;
• -9,1 °C à Strasbourg (Bas-Rhin) ;
• -7,9 °C à Montauban (Tarn-et-Garonne) ;
• -5,8 °C à La Rochelle – Île de Ré (Charente-Maritime) ;
• -5,1 °C à Lyon (Rhône) ;
• -4,9 °C à Montpellier aéroport (Hérault) ;
• -3,8 °C à Le Mans (Sarthe) ;
• -2,2 °C à Paris.
La
station de Mouthe (Doubs - 940 m) enregistre une 4e nuit consécutive
sous -20 °C, ce qui n’avait pas été observé depuis janvier 1985.
Cet épisode hivernal est-il remarquable dans le climat actuel ?
L’indicateur
thermique national (moyenne des mesures quotidiennes de température
moyenne dans 30 stations météorologiques) a été inférieur à 0 °C
pendant 3 jours consécutifs.
Les températures minimales sur le pays
sont en moyenne proches de -5 °C sur l’ensemble du pays (anomalie de 7
degrés par rapport à la normale).
Ce niveau de froid n’est pas arrivé depuis février 2018, date de la dernière vague de froid recensée à l’échelle nationale.
Une
vague de froid répond à des critères climatologiques précis. Cet
épisode hivernal très marqué n’est pas considéré comme une vague de
froid puisque ces critères de caractérisation ne sont pas remplis.
Qu’est-ce qu’une vague de froid ?
Une
vague de froid est un épisode durable et étendu de froid (au moins 3
jours). Pour qu'un épisode soit identifié à l'échelle nationale, il faut
que la température moyenne nationale (indicateur thermique national)
réunisse plusieurs critères :
• être au moins une fois sous − 2 °C ;
• ne pas remonter durablement (plus de deux jours) au-dessus de 0,9 °C ;
• l’épisode prend fin dès lors que la valeur de cet indicateur est supérieure à 2,2 °C.
Cet épisode reste néanmoins remarquable car :
• il n’a pas fait aussi froid en France depuis au moins 8 ans, voire 14 ans localement.
• de tels épisodes froids deviennent de plus en plus rares avec le changement climatique.
L’épisode
neigeux de mercredi 7 janvier a donné des cumuls de 7 cm à
Paris-Montsouris, soit une couche de neige accumulée de 10 cm. Il
s’agit de la plus forte chute de neige depuis février 2018 où l’on avait
relevé 12 cm. En 1987, on relevait 15 cm dans la capitale. En 1966, il
était tombé 20 cm.
En Charente-Maritime, il est tombé une quinzaine
de centimètres à La Rochelle, valeur comparable aux épisodes les plus
neigeux jamais relevés dans cette région : février 1991, février 1978 ou
encore février 1955.
Dans le contexte de changement climatique, les
épisodes de neige en plaine sont de moins en moins fréquents, mais ils
ne disparaissent pas pour autant.

