
C'est une proposition choc de la Députée socialiste de Côte-d'Or
Communiqué :Au lendemain d’un vote unanime et indispensable
de la loi « post-Betharram » en faveur de la protection des enfants
contre les violences dans le milieu scolaire, l’urgence est d’accélérer
en inscrivant la loi intégrale visant à lutter contre les violences
sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants
dans l’ensemble de la société, à l’ordre du jour de l’Assemblée
nationale.
En faisant sien les mots de Romain Lemire, victime
d’inceste et auteur du livre « Clément », Océane Godard a interpellé la
Ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et
de la lutte contre les discriminations :
« il faut un village pour
violer un enfant. Il faut un violeur et un village qui voit les choses
ou qui peut voir des choses mais qui ne veut pas les voir. Et s’il les
voit, il se tait. » S’il faut un village pour violer un enfant, que fait
le pays ?
Toutes les trois minutes, en France, un enfant est
victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle, 160.000 enfants par
an. Un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups de ses parents.
Près de 400 000 femmes par an sont victimes de violences physiques,
sexuelles ou psychologiques commises par leur conjoint ou ex-conjoint.
La
députée de la Côte-d’Or a insisté sur l’importance des paroles qui se
libèrent doucement, mais sur la nécessité de libérer l’écoute. Car une
parole niée empêche la reconnaissance. Pour reconnaître, encore faut-il
sortir de cette
« impunité effarante » comme le dit la psychiatre Muriel Salmona.
C’est
précisément là que s’est portée la question d’Océane Godard, car face à
cette situation, plus de 150 000 citoyens ont déjà signé les pétitions
portées par Mouv’Enfants dans le cadre des municipales de 2026 pour
demander davantage d’exemplarité dans la vie publique.
Le Président
de la République a récemment annoncé vouloir instaurer une peine
d’inéligibilité automatique pour les élus condamnés pour des faits de
racisme, d’antisémitisme ou de discrimination. Dans la continuité de
cette annonce,
la députée propose d’étendre cette exigence
d’exemplarité aux élus condamnés pour violences faites aux enfants,
violences sexuelles, violences faites aux femmes et violences
intrafamiliales.
Comme l’a indiqué la ministre Aurore Bergé dans sa
réponse à la députée, lors de la séance des questions au gouvernement du
2 juin, elle soutient cette proposition. La ministre l’a également
réitéré sur les réseaux sociaux « Merci de porter ce combat qui doit
rassembler. J’ai tant regretté qu’alors ma propre proposition de loi sur
l’inéligibilité des élus condamnés pour violences intrafamiliales soit
rejetée. L’heure est peut-être enfin venue. Comptez sur mon soutien ! »
Aujourd’hui,
Océane Godard, députée de la Côte-d’Or, a demandé un rendez-vous avec
la ministre Aurore Bergé pour concrétiser cette proposition. Elle
s’appuiera sur le travail des associations et des professionnels engagés
au quotidien contre les violences sexuelles, sexistes et celles faites
aux enfants, qu’elle tient à remercier.