Selon Altares, La Saône-et-Loire et la
Côte-d’Or sont les départements où les pertes d'emploi des entrepreneurs sont les plus élevées.
2 010 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025 en Bourgogne-Franche-Comté, selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs réalisé par l’association GSC et la société Altares. Chaque jour, plus de 5 femmes et hommes se sont retrouvés sans emploi dans la région. Si le nombre recule légèrement par rapport à 2024 (- 3,1 %) ce niveau reste très élevé et confirme la persistance de fortes tensions économiques.
Pour la deuxième année consécutive, plus de 2 000 pertes d’emploi d’entrepreneurs en Bourgogne-Franche-Comté.
Les secteurs du commerce et de la construction, en grande difficulté depuis plusieurs années, sont toujours exposés mais enregistrent un recul des pertes d’emploi. Les dirigeants de TPE de moins de 3 salariés sont particulièrement impactés.
Une tendance plutôt favorable mais à un niveau qui demeure élevé
Après trois années de hausse continue (+ 35,4 % en 2022, + 35,5 % en 2023, + 14,6 % en 2024), la courbe des pertes d’emploi des entrepreneurs semble enfin reculer. Toutefois, il s’agit d’un plateau historiquement élevé depuis 2015, année de création de l’Observatoire. Pour la deuxième année consécutive, plus de 2 000 dirigeants sont concernés.
« Cette apparente stabilisation ne doit en aucun cas nous rassurer : nous restons à un niveau inédit de pertes d’emploi entrepreneurial. Le contexte économique demeure fortement dégradé, marqué par une croissance atone, des tensions géopolitiques persistantes et une instabilité politique durable. Les dirigeants naviguent à vue, dans un climat d’incertitude qui freine l’investissement et fragilise jusqu’aux entreprises les plus solides. Face à cette précarité qui s’installe, notre message ne change pas : il est essentiel d’anticiper les risques et de bien faire connaître les dispositifs de protection existants. L’année 2026 s’annonce déterminante. Les premiers indicateurs restent contrastés et rien ne laisse présager d’amélioration rapide sur les plans économique et politique. Pour les entrepreneurs, les priorités demeurent claires : surveiller étroitement leur trésorerie, maîtriser leurs risques et, surtout, ne pas rester seuls face aux difficultés. » commente Hervé Kermarrec, président de l’association GSC.
En Bourgogne-Franche-Comté, des départements aux trajectoires divergentes
Cinq départements en Bourgogne-Franche-Comté connaissent une diminution du nombre d’entrepreneurs en situation de « chômage ».
La Saône-et-Loire est le département le plus touché, avec 432 chefs d’entreprise ayant perdu leur emploi, contre 429 en 2024, suivi par la Côte-d’Or avec 418 dirigeants impactés, soit une baisse de 6,1 % en un an.
Le Territoire de Belfort enregistre la plus importante augmentation avec + 16,5 % soit 113 chefs d’entreprise ayant perdu leur activité en 2025.
Dans la Nièvre, 142 entrepreneurs sont concernés (+ 8,4 %), tandis que dans le Doubs, 352 chefs d’entreprise ont perdu leur activité en un an (- 5,1 %). Ils sont 164 à avoir connu cette situation dans le Jura (- 12 ,8 %).
L’Yonne et la Haute-Saône comptent respectivement 269 et 120 entrepreneurs ayant perdu leur emploi, contre 282 et 131 en 2024.
Des situations contrastées selon les secteurs
Le secteur du commerce concentre, à lui seul, près d’un quart (24,7 %) du total des pertes d'emploi en 2025 (497). Après plusieurs années de forte dégradation, on observe une légère amélioration (- 5 %). Dans le détail, le commerce de gros marque un recul notable (- 16,7 %).
La construction affiche également des signes d’amélioration avec 456 pertes d’activité soit un recul de 15,9 %. Les professionnels de l’immobilier – durement touchés par le ralentissement du marché immobilier post-covid – montrent une évolution particulièrement favorable (- 63 %).
La situation du secteur de l’hébergement, restauration, débits de boissons reste plutôt stable, avec une baisse de 0,3 % (312 entrepreneurs concernés). Et ce sont les professionnels de la restauration qui sont les plus impactés, puisqu’ils concentrent à eux-seuls plus de sept situations de « chômage » sur dix dans le secteur (233 ; - 0,9 %).
Le secteur de l’industrie reste sous pression (+ 14,5 % ; 189).
La situation des services aux entreprises apparaît finalement moins alarmantes que prévu, alors qu’elle dépend de la santé financière de ses donneurs d’ordre (- 8,8 % ; 187).
Les activités d’assurance et financières, pour leur part, enregistrent une hausse de 100 %.
Très petites entreprises : une vulnérabilité structurelle persistante
Plus de 7 entrepreneurs touchés sur 10, dirigeaient une structure de moins de 3 salariés (1 437). Ces très petites entreprises concentrent l'essentiel des difficultés : manque de trésorerie, vulnérabilité face aux impayés ou aux bouleversements de marché. Elles n'ont ni les marges de manœuvre financières ni les équipes pour absorber les chocs. En 2025, la situation demeure particulièrement tendue : l’activité reste insuffisante et les niveaux de chiffre d’affaires ne permettent pas toujours de couvrir les charges fixes.
L’âge moyen des entrepreneurs ayant perdu leur emploi en Bourgogne-Franche-Comté diminue légèrement, passant de 46,5 en 2024 à 46,3 ans en 2025.
Pour Thierry Millon, Directeur des études Altares : « Les cinq dernières années d’instabilité économique permanente ont fini par épuiser les ressources morales et financières de nombreux dirigeants. En 2025, près de 61 500 entrepreneurs ont dû se résoudre à liquider leur société, un niveau jamais atteint. Et le début de l’année 2026 ne laisse guère de répit : 6 400 défaillances ont été enregistrées rien qu’en janvier, là encore un record. Les dirigeants de TPE sont particulièrement exposés. Un choc financier, professionnel et familial dont on ne ressort pas indemne, d’autant que les mentalités sur l’échec entrepreneurial évoluent lentement. Pourtant, le droit à la seconde chance constitue un enjeu essentiel, humain autant qu’économique. Aider les entrepreneurs à rebondir, c’est permettre de mettre à profit leur expérience au service du dynamisme des filières et des territoires, et ainsi renforcer la vitalité économique globale. »
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