
Le Ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau était la tête d’affiche de l’ouverture de l’Université d’été du Laboratoire de la République, ce jeudi à Autun pour, à l'invitation de Jean-Michel Blanquer, parler de l’intégration avec Jérôme Guedj. Mais les deux ont d’abord parlé de la crise politique. Et Bruno Retailleau n’a pas mâché ses mots. «Le seul chemin ce n’est ni la dissolution, ni la destitution» a jugé Jérôme Guedj.

Il n’est pas spécialement connu pour faire des tours et des contours. Le Ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau ne ménage pas les susceptibilités. Il parle franc, quitte à choquer, qui à cliver, quitte à exaspérer.
Ce jeudi il avait accepté de venir à Autun ouvrir l’Université d’été du Laboratoire de la République. Pour parler intégration avec Jérôme Guedj, le socialiste le plus détesté par Jean-Luc Mélenchon et LFI.
Mais avant celui ci, les deux invités ont été amenés à parler de la crise politique née de la décision de François Bayrou de demander la confiance au parlement.
On ne peut pas dire que Bruno Retailleau a fait dans la dentelle…
A.B.
Bruno Retailleau

«Nous sommes dans une crise politique. J’ai contesté depuis des années l’idée de la tripartition avec le bloc central et les deux extrêmes. La 5ème République est faite pour une gouvernance majoritaire. Je n’avais pas imaginé la décision du Premier Ministre pour demander un vote de confiance, pas plus que la dissolution décidée par le Président de la République.
Jamais la France n’a été autant au bord du gouffre. On emprunte à des taux supérieurs aux taux espagnol, portugais, grec.
Quand on ajoute de l’incertitude on ajoute des coûts. On est sur un problème de souveraineté.
Il y a une situation de crise financière et ce sont les plus pauvres qui trinquent. Il appartient au Gouvernement de prendre ses responsabilités. Donner la confiance à François Bayrou, ce n’est pas un référendum, mais bien un vote pour constater que l’on partage de la situation financière.
A droite, notre sérieux budgétaire a toujours été une constance. Nous sommes rentrés au Gouvernement pour éviter le pire, pour éviter une gauche sous LFI. Je veux éviter le pire avant tout»
Jérôme Guedj

«Avec Bruno Retailleau nous avons peu de points communs… Nous avons peut-être en partage que ce pays se porterait bien mieux avec un clivage gauche droite ; Une gauche républicaine et une droite républicaine. Je le crois nécessaire. C’est de la grande confusion qu’ont pu naitre des démons. Cela suppose que chacun affirme son identité politique.
Moi je parle du PS qui a fait confiance à François Bayrou. Nous avons fait confiance, car on avait le sentiment que l’on pouvait arracher des choses, des compromis dans le débat sur le budget. Le paroxysme a été la présentation du plan le 15 juillet.
La question qui va se poser dans les jours qui viennent, c’est est-on capable de faire mieux que ce qui n’a pas été fait au cours des huit derniers mois. Construire le compromis, c’est accepter d’abandonner certaines choses.
Le seul chemin ce n’est ni la dissolution, ni la destitution. Je souhaite que l’on se dirige vers le choix du compromis. Construire une perspective qui nous conduise vers la Présidentielle. D’ici là il faudra une stabilité et répondre à l’urgence du moment. On a des divergences sur ce qu’il faut.
Il faudra de la justice sociale et donc justice fiscale. 71% des sympathisants de droite sont pour la décision de mettre à contribution les plus favorisés et donc les plus riches. La question, c’est est-ce que les Républicains vont accepter de remettre en cause le modèle fiscal mis en place par Emmanuel Macron. Moi je me tourne vers l’avenir. Il y a un chemin qui passe par la discussion».
Bruno Retailleau
«La gauche et la droite ont parfois oublié leurs fondamentaux. Quand il n’y a pas un vrai clivage, il se déplace sur d’autres critères. La France des gens qui cotisent, qui travaillent, elle a le sens de la justice. Si on doit toujours remettre en cause les franchises médicales, on doit remettre en question des mécanismes. La justice fiscale elle doit être pour celles et ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas.
Je vais faire des propositions pour que l’on travaille plus pour gagner plus. Il faut demander des efforts, dans une dimension d’efforts».
Alain BOLLERY















