
Originaire de Châtillon-sur-Seine, Alice Prin, dite Kiki, a contribué à
la vie artistique du Montparnasse des années 1920. Jusqu'au 30 décembre,
le Musée du Pays châtillonnais lui rend hommage.

Châtillon-sur-Seine célèbre l’une de ses figures les plus éclatantes. Inscrite dans le projet « Châtillon-sur-Seine, berceau d’icônes », l’exposition « Kiki - Reine de Montparnasse » est née d’une volonté commune portée par le Président de la Communauté de Communes du Pays Châtillonnais, Monsieur Jérémie Brigand, et la directrice du musée, Cécile Zicot.
En mettant à l’honneur Alice Prin, dite Kiki de Montparnasse, le musée rend hommage à une personnalité hors norme : artiste pluridisciplinaire, muse des plus grands, chanteuse, peintre, écrivaine, femme libre devenue symbole d’émancipation.
Née à Châtillon-sur-Seine en 1901, Kiki conquiert Paris et devient l’un des visages les plus célèbres des Années folles. Cette exposition propose aujourd’hui de réinscrire son héritage dans sa ville natale, à travers un parcours immersif, sensible et accessible à tous les publics.
Kiki, figure d’émancipation au cœur des Années folles
Issue d’un milieu modeste, Alice Ernestine Prin rejoint Paris dès l’adolescence et s’impose dans le Montparnasse artistique des années 1920. Muse et modèle de Kisling, Foujita, Soutine, Mendjisky, Gargallo… et surtout Man Ray, elle incarne l’effervescence créative d’une génération. Son immortalisation dans Le Violon d’Ingres de Man Ray (1924) la propulse au rang d’icône universelle du surréalisme.
Kiki, muse et bien plus encore
Reine de La Rotonde, Kiki se produit comme chanteuse et danseuse dans les cabarets parisiens, tels que le Jockey, Le Bœuf sur le Toit ou le Concert Mayol, et ouvre même son propre établissement, Babel chez Kiki. Elle chante dans les cabarets, peint, écrit, expose.
Ses Souvenirs (1929), préfacés par Ernest Hemingway, témoignent de sa pleine conscience de son rôle dans la fabrique culturelle de son temps. Couronnée « Reine de Montparnasse », elle incarne une nouvelle visibilité féminine où liberté du corps, affirmation artistique et transgression sociale redéfinissent la place des femmes dans l’espace public. Kiki incarne une nouvelle manière de représenter la femme, libre, moderne, affranchie des carcans sociaux et moraux.
Les joyaux de l’exposition
Le parcours repose sur un corpus exceptionnel d’œuvres jamais réunies ensemble :
• Œuvres originales de Man Ray, ainsi que des reproductions de photographies de Man Ray, images iconiques dusurréalisme et du détournement photographique
• Peintures de Foujita, Kisling et Mendjisky où Kiki apparaît comme modèle central, révélant l’évolution de la représentation féminine dans l’entre-deux-guerres
• Sculpture de Pablo Gargallo, le portrait de Kiki et l’esthétique cubiste développée par Picasso
• Œuvres originales de Kiki elle-même — peintures, dessins, écrits — dont un Portrait de Soutine, affirmant sa volonté d’être reconnue comme artiste à part entière
• Affiches et revues témoignant de la diffusion fulgurante de son image et de son statut d’icône culturelle
• La diffusion du court métrage « Mademoiselle Kiki et les Montparnos », réalisé par Amélie Harrault (César 2014 du meilleur film d’animation), accompagnée d’une présentation exceptionnelle de planches originales du film, offrant un dialogue vibrant entre création contemporaine et mémoire artistique.
Une exposition immersive et accessible
L’exposition propose une reconstitution immersive inspirée de cabaret et du Paris de Montparnasse, où Kiki se produisait. Cette scénographie permet aux visiteurs de plonger dans l’atmosphère des nuits montparnassiennes, restituant l’énergie et l’effervescence des lieux où se mêlaient musique, danse et expérimentation artistique.
Les décors conçus par Benoît Duvergé, décorateur et scénographe, créent un espace immersif fidèle aux codes esthétiques de l’époque, reproduisent l’ambiance des cabarets, tout en facilitant la circulation des visiteurs et l’interaction avec les œuvres.
Kiki de Montparnasse et la robe à danser de William Arlotti
Icône des Années folles, Kiki symbolise à la fois l’audace artistique et l’émancipation féminine. Par sa liberté de ton, son indépendance et sa manière d’affirmer son corps sans tabou, elle s’imposa comme une figure de rupture avec les normes sociales et morales de son époque.
Le styliste William Arlotti s’inspire de cette modernité à travers sa création Robe à danser, réinterprétation contemporaine des tenues portées par Kiki. Cette création renouera avec l’esprit des Années folles, où la robe deviendra le symbole d’un corps libéré : lignes fluides, tissus légers, mode conçue pour le mouvement et la fête, loin des carcans vestimentaires du passé.
En rapprochant Kiki et la création contemporaine, l’exposition met en évidence la mode comme vecteur d’émancipation, affirmant la place centrale des femmes dans la construction d’une modernité culturelle et sociale.
Communiqué