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25/04/2022 03:17
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EDITO : Emmanuel Macron, la réalité des faits et des chiffres... et les chiffres de la réalité

Le Président de la République a réussi là où d’autres avaient échoué avant lui, à commencer par Nicolas Sarkozy et François Hollande. Même si ses adversaires veulent minimiser sa victoire, elle n’est pas contestable. Mais elle l’oblige ainsi qu’il l’a affirmé dès dimanche soir.
Il est toujours délicieux d’entendre ceux qui ont perdu claironner qu’ils ont gagné. Mais dans une élection présidentielle, il n’y a qu’un vainqueur. Et c’est donc Emmanuel Macron qui, ce dimanche 24 avril l’a remporté face à Marine Le Pen.
Même si certains ont voulu jouer à se faire peur, la victoire d’Emmanuel Macron ne faisait guère de doutes… depuis 2017. Il faut en effet se souvenir qu’il y a cinq ans beaucoup avaient prédit sa victoire en 2022.
A cette même place, il y a cinq ans, nous avions écrit que le nouveau Président de la République se devait de réussir son quinquennat pour éviter que Marine Le Pen, battue en 2017, prenne sa revanche en 2022.

En cela, le Président de la République a donc réussi. Comme en 2002 et comme en 2017, le ou la candidat(e) d’extrême droite a manqué la dernière marche. Mais qui a vraiment cru que Marine Le Pen pouvait gagner ? Les médias nationaux ont repris quasiment les mêmes refrains que ceux que l’on a entendus en 2002 comme en 2017. Et puis le résultat est tombé. Sans appel. Même si évidemment il est politiquement bien joué d’expliquer que la victoire de 2022 est moins large que 2017. Ca fait plaisir à ses amis, à ses partisans. Mais après…

Bien évidemment les oppositions, ou ce qu’il en reste, tant elles sont fragmentées, ont beau jeu depuis une quinzaine de jours et encore plus depuis le 24 avril au soir, d’expliquer qu’Emmanuel Macron a remporté une petite victoire.
C’est vrai qu’elle est moins large que celle remportée par Jacques Chirac en 2002 et par le même Emmanuel Macron en 2017. Les chiffres en la matière sont implacables. Leur réalité justifie les propos qu’Emmanuel Macron a tenu dimanche soir en expliquant que cette victoire l’oblige. C’est bien le moins. Il est, par la constitution, le Président de tous les Français, comme d’autres l’ont été avant lui.

Son premier quinquennat a été triplement marqué. Par la crise des gilets jaunes qui n’aura été vraiment réelle que pendant un mois, avant qu’elle devienne si politisée que la défaite promise aux élections européennes, ne l’a pas été pour le Président de la République, mais en premier lieu, faut-il le rappeler, pour Les Républicains, pour le Parti Socialiste et pour Jean-Luc Mélenchon et ses Insoumis.
Des trois, seul Jean-Luc Mélenchon a su rebondir. En faisant le gros dos aux élections municipales pour mieux revenir dans la course à la présidentielles. Mais la 3ème place est comme la 4ème place aux Jeux Olympiques, elle n’attribue qu’une médaille en chocolat.
Par la volonté de Lionel Jospin qui a imposé le quinquennat en lieu et place du septennat, iol y a donc désormais une session de rattrapage. Jean-Luc Mélenchon espère donc tirer les marrons du feu en juin prochain, pour peu que le Parti Socialiste et d’autres partis de gauche embarquent sur son navire, que le PC a lui quitté avant la Présidentielle. Allez donc savoir pourquoi.

La deuxième marque du premier quinquennat d’Emmanuel Macron aura été la pandémie, dont il est difficile de lui attribuer la responsabilité, même si le brouhaha médiatico-politique a donné le sentiment de le faire. Mais au bout du compte les Français ont fini par se lasser et même s’exaspérer...

Troisième péril, la guerre en Ukraine, qui a bouleversé tous les ordres et en la matière le discours du Président de la République a été parmi les plus audibles.

C’est donc cet improbable cocktail qu’Emmanuel Macron est parvenu à digérer pour aller conquérir la victoire.
Les spécialistes, mais pas que, remarqueront que depuis quatre décennies – ce n’est pas rien – Emmanuel Macron est le seul à avoir été réélu sans être passé par la case cohabitation, comme avant lui François Mitterrand et Jacques Chirac. Les autres, faut-il le rappeler, ont échoué. Nicolas Sarkozy a été battu par François Hollande en 2012. Et ce même François Hollande, torpillé par les frondeurs, lui n’a pas été en mesure de se représenter.
Toute la question maintenant est de savoir si les Français donneront une majorité au Président de la République en juin prochain. Jean-Luc Mélenchon l’a bien compris en leur demandant de l’élire Premier Ministre. Il voudrait en cela faire démentir la logique qui veut que le pays offre une majorité au Président qu’il a élu.

Mais au-delà de ce schéma, le Président de la République sait aussi que son deuxième quinquennat sera obligatoirement plus turbulent que le premier. En 2017, nombreux avaient parié sur sa réélection en 2022. Mais cette année, on n’attendra pas l’hiver prochain pour voir les prétendants à la victoire en 2027 déjà jouer des coudes. A gauche, à droit, et au centre. Et évidemment aux extrêmes.

Et puis Emmanuel Macron va aussi devoir éviter l’écueil du troisième tour social que certains lui promettent sans avoir les garanties que la France y est prête. Car ils savent aussi que ce Président contre qui ils ont tiré à boulets rouges, a quand même été réélu. Et puis du côté du PS et des Républicains qui sont majoritairement aux affaires dans les Régions, les Départements, les Intercommunalités et les communes, on va avoir d’autres chats à fouetter que de courir après les extrémistes de toujours.

Pas certain, par exemple que la future réforme des retraites voulue par le Chef de l’Etat mette autant de monde dans la rue que la réforme Fillon, sans d’ailleurs de gros résultats. Reste la question du pouvoir d’achat et la question de l’environnement que le Président de la République a dit vouloir mettre au cœur de ses politiques. Le vouloir c’est bien. Convaincre une majorité de Français sera une autre paire de manche. Car ainsi va la France. Son peuple aime revendiquer, mais a parfois ou souvent du mal a accepter les conséquences de ce qu’il a voulu ou souhaité.
Alain BOLLERY 
(Photo Manon BOLLERY)