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17/08/2021 03:17
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EDITO : Montebourg pourrait bien assécher Mélenchon

Le patron de la France Insoumise savait qu’obtenir 500 signatures ne serait pas facile. La décision d’Arnaud Montebourg de se lancer dans la bataille pourrait lui être fatale.
En décembre, ses amis et fidèles frétillaient comme des poissons. Et puis le COVID a bouleversé les choses, l’obligeant à se mettre en retrait pour digérer les effets indésirables. Voilà donc Arnaud Montebourg requinqué. Le 4 septembre il sera à Clamecy pour, est-il annoncé, officialiser sa candidature à la Présidentielle.
Clamecy, là où il est né. Là où la Maternité a été fermée. Là où les Urgences ferment quelques jours depuis le début de l’été. Clamecy, là d’où partaient les trains de bois pour chauffer la capitale… On y a même fait partir un sapin de Noël pour l’Elysée.

A la François Mitterrand, Arnaud Montebourg a donc choisi la Nièvre pour se lancer tout seul dans la bataille des Présidentielles, puisque semble-t-il il ne compte pas passer par une case primaire. Il est vrai qu’en la matière il a déjà donné, en ne franchissant pas la première haie.
Le samedi 4 septembre, celui qui prône depuis si longtemps la démondialisation, entend donc couper l’herbe sous le pied de bien des prétendantes et des prétendants. A cette date là en effet Anne Hidalgo ne sera pas encore officiellement investie par le Parti Socialiste. Les Verts eux seront dans leur sanglante primaire, dont eux seuls ont le secret. Celui qui sera désigné sera plus vert que vert, puisque même Yannick Jadot a annoncé qu’il serait le candidat de la radicalité, histoire de ne pas laisser Eric Piolle dévorer les parts du gâteau.
Arnaud Montebourg lui compte bien avancer tête baissée. A moins de deux semaines du congrès de ses amis socialistes – mais sont-ils tous encore ses amis ? – il veut se persuader que c’est dans une course solidaire en forme de marathon, qu’il peut sauter tous les obstacles.
Passées les premières obligations médiatiques, qui passeront par Frangy en Bresse où la Fête de la Rose aura lieu un samedi, le 25 septembre, sans doute histoire de s’offrir un 20 heures le lendemain… Le lancement du train Montebourg est donc bien planifié.
Reste à collecter les 500 signatures pour pouvoir se présenter. Et l’annonce de la candidature de l’ancien Ministre du Redressement productif ne fait pas forcément rire du côté de Jean-Luc Mélenchon.
Dans une interview à creusot-infos avant de venir en Saône-et-Loire, Ugo Bernalicis, le député de la France Insoumise, n’avait pas caché qu’obtenir les 500 signatures pour Jean-Luc Mélenchon était un vrai défi. Avant le scrutin de 2017, il avait bénéficié en effet des signatures des élus du Parti Communiste. Mais pour 2022 le PCF aura son candidat en la personne de Fabien Roussel. Du côté du PS canal historique où Mélenchon n’est plus vraiment en odeur de sainteté, la pêche aux signatures s’annonce compliquée. Alors forcément, l’arrivée de Montebourg dans l’arène de la campagne des Présidentielles rebat les cartes.
Et dans son camp on se dit qu’il sera sans doute plus facile pour leur poulain d’obtenir des signatures que pour Mélenchon.
Reste à connaître, aussi, la position aujourd’hui d’Arnaud Montebourg sur le nucléaire civil. Quand il était Ministre il avait clairement expliqué que le nucléaire était une énergie d’avenir. Est-il aujourd’hui sur cette même ligne, où l’a-t-il assouplie pour draguer une partie de l’électorat vert, en sachant qu’aujourd’hui chez certains écologistes le nucléaire n’est plus tabou ?... mais chut il ne faut pas le dire…
Les samedi 4 et 25 septembre, ne seront pas de trop à l’ancien Président du Conseil Général de Saône-et-Loire pour préciser ses positions, avant que la machine Hidalgo se mette en marche et que les Verts sortent de leur primaire. Le 25 septembre étant le début de leur deuxième tour qui s’étalera jusqu’au 28…
Mais Montebourg a d’abord deux impératifs : Ne pas se retrouver largué dans les sondages et aller obtenir les 500 signatures.
Alain BOLLERY
(Photo Manon BOLLERY)