
Le 30 avril dernier, la conseillère régionale socialiste a fait adopter
un vœu contestant les fermetures de classes en Bourgogne-Franche-Comté,
«en particulier dans les territoires ruraux et de montagne».
Communiqué du groupe Notre Région par cœur du 4 mai 2026 :
À ce jour, plus de 214 fermetures de classes sont déjà annoncées ou fortement envisagées dans notre région pour la rentrée 2026, sur la base des chiffres départementaux connus (Doubs, Saône-et-Loire, Jura, Côte d’Or). Ce chiffre est provisoire et pourrait encore augmenter à mesure que les autres départements arrêteront leur carte scolaire.
Les fermetures de classes annoncées dans notre région suscitent une incompréhension et une inquiétude croissantes, en particulier dans les territoires ruraux et de montagne.
Dans une région largement rurale comme la nôtre, l’école n’est pas un service public parmi d’autres. Elle est souvent le dernier service de proximité, un pilier de la vie communale, un facteur décisif pour le maintien des familles et l’attractivité des territoires. Toucher à l’école, c’est fragiliser l’ensemble de l’équilibre local.
Or, les chiffres annoncés pour la rentrée 2026 sont préoccupants. Dans le Doubs, ce sont 72 fermetures de classes en écoles maternelles et élémentaires, pour seulement 27 ouvertures, après que 109 fermetures avaient été initialement envisagées. Ces décisions touchent particulièrement les secteurs ruraux, où l’éloignement géographique rend toute réorganisation extrêmement pénalisante pour les familles.
Dans le Jura, plus d’une vingtaine de fermetures de classes est prévue. Elles concernent de nombreuses petites écoles et des regroupements pédagogiques intercommunaux, pourtant indispensables au maintien d’une offre éducative de proximité.
La Nièvre et l’Yonne connaissent des perspectives similaires, avec une baisse des effectifs qui se traduit par des pressions accrues sur la carte scolaire. À l’échelle de l’académie de Dijon, ce sont plus de 4 000 élèves en moins attendus à la rentrée 2026, avec des suppressions de postes à la clé.
Derrière ces chiffres, il y a des réalités très concrètes. Des fermetures de classes entrainent des classes plus chargées, des conditions d’enseignement dégradées, des enseignants mis sous tension, des enfants contraints à des temps de transport toujours plus longs. Étrange quand on demande à ce que le temps de trajet en car scolaire n’excède pas 15 minutes.
Nous refusons par ailleurs que la ruralité devienne la variable d’ajustement des politiques éducatives. La démographie ne peut plus être l’unique boussole. Une approche strictement comptable de la carte scolaire accentue les inégalités territoriales et remet en cause l’égalité d’accès au service public d’éducation.