
Le Syndicat des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France demande une refondation autour de dix priorités. ACTUALISE
À la veille de la mobilisation nationale des sapeurs-pompiers du 13 août
2026, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez doit recevoir les
organisations syndicales représentant les sapeurs-pompiers
professionnels et les personnels des SDIS.
Le Syndicat des
Sapeurs-Pompiers Volontaires de France (SSPVF) souhaite attirer votre
attention sur une situation que nous considérons comme particulièrement
révélatrice.
Cet été encore, les sapeurs-pompiers volontaires ont été
massivement mobilisés sur les incendies, parfois durant 18 à 20 heures
par jour, au détriment de leur vie familiale, de leurs congés et parfois
de leur activité professionnelle.
Face au manque de personnels
disponibles, les préfets, les SDIS et le ministre de l’Intérieur
lui-même ont demandé aux employeurs de libérer leurs salariés
sapeurs-pompiers volontaires.
Pourtant, au moment où l’avenir des
SDIS, leurs moyens et leurs effectifs doivent être discutés, les
représentants des sapeurs-pompiers volontaires ne sont pas conviés à la
table des discussions.
Les SPV représentent pourtant près de 80 % des
sapeurs-pompiers français et constituent l’un des piliers
indispensables du modèle français de sécurité civile.
Notre question
est donc simple : Comment peut-on demander aux sapeurs-pompiers
volontaires de sauver le système lorsque la France brûle, tout en
refusant de les entendre lorsqu’il faut décider de son avenir ?
Communiqué de presse du mercredi 12 août 2026Quand l'Etat a besoin des SPV, il les appelle. Quand il faut les écouter, il ferme la porte.
À
la veille de la mobilisation nationale du 13 août. le ministre de
l'Intérieur, Laurent Nuñez, doit recevoir les organisations syndicales
représentant les sapeurs-pompiers professionnels et les personnels des
SDIS
Le Syndicat des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France (SSPVF)
tient d'abord à être parfaitement clair : nous respectons et comprenons
les revendications de nos collègues sapeurs-pompiers professionnels.
Ils
doivent pouvoir être entendus sur le manque d'effectifs, les
difficultés de financement des SDIS, les conditions de travail et les
moyens nécessaires pour assurer la sécurité de la population.
Mais une question s'impose : où sont les sapeurs-pompiers volontaires autour de la table ?
Quand la France brûle, l'État sait nous trouver
Cet
été encore, lorsque les incendies ont frappé durement plusieurs
territoires, les sapeurs-pompiers volontaires ont répondu présents
Certains ont enchainé, des journées opérationnelles de 18 à 20 heures, parfois pendant plusieurs jours.
Ils
l'ont fait en mettant de côté leurs vacances, leur famille, leurs
enfants, leurs amis et parfois leur propre activité professionnelle.
Et lorsque les effectifs disponibles ne suffisaient plus. l'État lui-même a demandé aux employeurs de libérer leurs salariés
sapeurs-pompiers
volontaires afin qu'ils puissent venir renforcer les dispositifs de
secours. Le 9 juillet dernier, Laurent Nuñez lançait précisément cet
appel aux employeurs.
Pourquoi ? Parce que sans les sapeurs-pompiers volontaires, notre modèle de sécurité civile ne tient pas.
Ce ne sont pas les chiffres du SSPVF qui le disent.
Ce
sont ceux du ministère de l'Intérieur : la France compte plus de 200
000 sapeurs-pompiers volontaires, représentant près de 80% des effectifs
de sapeurs-pompiers. Le ministre rappelait lui-même en mai qu'ils
réalisent environ deux tiers des interventions quotidiennes et
constituent la pierre angulaire du modèle français de sécurité civile.
Disponibles pour combattre les incendies, mais pas pour participer au dialogue social ?
Et
pourtant, au moment où doivent être discutés l'avenir des SDIS, leurs
moyens, leurs effectifs et l'organisation de notre système de secours,
les représentants des sapeurs-pompiers volontaires sont absents de la
table.
À cette heure, le SSPVF n'a recu aucune invitation à
rencontrer le ministre de l'Intérieur dans le cadre des échanges du 13
août.
Plus grave encore : le ministère de l'Intérieur nous a
précédemment indiqué que le dialogue social dans les SDIS serait réservé
aux sapeurs-pompiers professionnels et aux personnels administratifs,
techniques et spécialisés.
Cette conception devient difficilement soutenable.
Le
Conseil d'État lui-même, dans sa décision du 9 juillet 2026, a reconnu
que les sapeurs-pompiers volontaires doivent être regardés comme des «
travailleurs » au sens de la directive européenne sur le temps de
travail, relevant notamment qu'ils exercent les mêmes activités que les
professionnels, agissent sous la direction de leur service et perçoivent
une contrepartie financière à leur activité
Dès lors, comment
expliquer qu'ils puissent être indispensables au fonctionnement
opérationnel des SDIS mais demeurent écartés du dialogue collectif
concernant l'organisation de ces mêmes services
Article du 10 août :
À quelques jours du mouvement annoncé pour le 13 août par plusieurs
organisations de sapeurs-pompiers professionnels, le Syndicat des
Sapeurs-Pompiers Volontaires de France souhaite rappeler le rôle
essentiel des près de 200.000 volontaires dans notre modèle de sécurité
civile.
Les SPV représentent près de 80 % des effectifs et assurent
une part majeure de l’activité opérationnelle. Pourtant, ils restent
insuffisamment associés aux décisions qui concernent directement leur
avenir.
Le SSPVF souhaite également rassurer la population : aucun
mot d’ordre de retrait de disponibilité n’a été donné par notre
organisation. Le 13 août, les sapeurs-pompiers volontaires seront là.
Communiqué de presse du lundi 10 août 2026
80 % DES EFFECTIFS - UNE VOIX QUI N'EST TOUJOURS PAS ENTENDUE
À quelques jours du mouvement annoncé pour le 13 août par l'ensemble des organisations de sapeurs-pompiers
professionnels, le Syndicat des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France rappelle une réalité essentielle
l'avenir de la sécurité civile française ne peut pas être décidé sans les sapeurs-pompiers volontaires.
En 2025, les services d'incendie et de secours ont réalisé 4,89 millions d'opérations avec 258 641 sapeurs-
pompiers, dont 200 961 volontaires, soit près de 78 % des effectifs. Les SPV assurent environ 67 % de
l'activité opérationnelle nationale et constituent l'ossature de milliers de centres de secours.
Dans le même temps, le nombre de centres recensés est passé de 8 698 en 2002 à 5 994 en 2021. même si cette
évolution comprend également des regroupements et changements administratifs
Le SSPVF souhaite rassurer la population : la sécurité des Français ne s'arrête pas avec un mouvement
social.
Près de 200 000 sapeurs-pompiers volontaires resteront engagés et mobilisables partout sur le territoire, dans
le cadre de leurs disponibilités et de l'organisation opérationnelle des SDIS
Dans les villes comme dans les territoires ruraux, ils continueront à assurer gardes, astreintes et départs en
intervention, aux côtés des sapeurs-pompiers professionnels présents.
Notre organsiation n'a donné aucun mot d'ordre de retrait de disponibilité
Notre message est donc clair :
LE 13 AOÛT, LES SAPEURS-POMPIERS VOLONTAIRES SERONT LÀ
Le SSPVF respecte pleinement le droit des sapeurs-pompiers professionnels et de leurs organisations à défendre
leurs revendications. Mais notre organisation, et plus largement les SPV. n'ont été ni consultés ni associés à
la préparation du mouvement du 13 août, qui invite notamment certains volontaires à ne pas prendre des
renforts de garde.
Les revendications concernant les SPV doivent être construites avec les SPV. pour les SPV et par ceux qui
les représentent.
L'affaiblissement du volontariat aurait également un coût considérable pour les finances publiques
A titre d'ordre de grandeur :
Remplacer 25 % des SPV pourrait représenter 1 à 2 milliards d'euros supplémentaires par an :
Remplacer 50 % des SPV pourrait représenter 3 à 4 milliards d'euros
Remplacer 100 % des SPV pourrait représenter 6 à 8 milliards d'euros par an
À cela devraient s'aiouter plusieurs milliards d'euros d'investissements en casernes, véhicules, équipements,
infrastructures et formation
Affaiblir durablement le volontariat obligerait donc soit à augmenter massivement les dépenses
publiques, soit à réduire le maillage territorial et à éloigner progressivement les secours de la population.
Depuis plusieurs mois, le SSPVF sollicite le ministère de l'Intérieur afin d'engager une véritable concertation
sur l'avenir du volontariat.
Pourtant, aucune véritable concertation institutionnelle nationale n'a été ouverte avec notre organisation, tandis
que le dialogue social demeure essentiellement organisé autour des sapeurs-pompiers professionnels et des
personnels administratifs, techniques et spécialisés.
On ne peut pas considérer les volontaires comme indispensables lorsqu'il faut assurer les secours et
comme secondaires lorsqu'il faut décider de leur avenir.
Le SSPVF demande une refondation autour de dix priorités :
1. Donner une véritable représentation aux SPV
2. Préserver le maillage territorial.
3. Garantir un potentiel professionnel permanent adapté aux besoins sans remplacer le volontariat.
4. Redonner au volontariat sa liberté et sa souplesse.
5. Protéger la santé, le repos et la sécurité des SPV.
6. Lancer un plan national de fidélisation.
7. Simplifier les SDIS et remettre l'opérationnel au centre.
8. Revaloriser l'engagement, les indemnités et la durée de service.
9. Protéger l'emploi des SPV et soutenir leurs employeurs.
10. Organiser une conférence nationale de refondation de la sécurité civile.
Le SSPVF ne défend ni un modèle « tout professionnel ». ni un modèle « tout volontaire ». Nous défendons le
bon moyen, au bon endroit, au bon moment.
Dans les territoires ruraux notamment. le maintien d'un volontariat puissant est indispensable pour préserver la
proximité des secours
Nous refusons que les déserts médicaux d'aujourd'hui deviennent les déserts de secours de demain.
Le SSPVF demande au ministre de l'Intérieur l'ouverture d'une véritable concertation nationale sur l'avenir du
volontariat et de la sécurité civile entre partenaire sociaux et non avec les partenaires nommées par l'Etat lui-
même.
PLUS DE SECOURS - PLUS DE PROXIMITÉ - MOINS DE CONTRAINTES