
Entre le Ministre de l’Intérieur, président des Républicains et le Député socialiste, l’échange a été cordial à l’Université d’été du Laboratoire de la République à Autun.

Il fallait oser et Jean-Michel Blanquer l’a fait. L’Université d’été du Laboratoire de la République, a donc vu le Ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, et le Député socialiste, Jérome Guedj, confronter leur point de vue sur l’intégration et les politiques à mener.
L’Hexagone à Autun avait une belle affluence pour cette confrontation d’idées.
«Qu’est-ce que votre camp politique n’a su voir ou pas su faire ?»
a-t-il d’abord été demandé au Ministre et au Député, qui a commencé à répondre : «C’est une faillite collective. Il y a des grandes réussites. Les Gouvernements n’ont pas compris que l’intégration c’était des politiques publiques, dans la durée.
La France dépense 250 millions par an pour l’alphabétisation. L’Allemagne c’est un milliard.
Pour celles et ceux issus de l’immigration, pour certains devenus Français, il y a des faiblesses systémiques. D’abord le droit commun. Il faut un effort partagé de l’immigré qui arrive dans le pays et de ce pays. L’intégration est massive».
Pour Bruno Retailleau, «à droite on a cru que l’on pouvait intechanger. Oui il y a une crise de l’intégration en France. Quand la Marseillaise a été sifflée en 2001, au Stade de France, Thierry Henry dit «on a joué à l’extérieur».
On n’a pas bien vu que la crise de l’intégration était née d’une conjonction. C’est plus facile d’intégrer un petit nombre qu’un grand nombre. On n’a pas su avoir une immigration choisie. On a l’immigration la moins qualifiée d’Europe, ce qui les enferme dans la pauvreté et dans le chômage.
Certes il faut des moyens, mais il y a une dimension matérielle. On n’a pas pris la mesure de l’écart culturel entre notre société et l’immigration avec l’islam radical. Est-ce que nous croyons suffisamment en nous même pour le proposer comme un modèle».
Que faire pour que cela aille mieux ?
Pour Jérôme Guedj «Il faut une politique de peuplement sur le territoire national. Il faut donc des éléments de conditionnalité dans l’intégration. J’assume de dire que ceux qui rêvent d’une immigration zéro, c’est impossible.
47% des immigrés sont Français. Si nous sommes attachés à la République, il ne faut plus de discrimination à l’embauche, il faut aborder le sujet des contrôles. Il faut une politique volontariste de lutte contre les discriminations. On doit défendre la laïcité. Défendre celui qui croit et celui qui ne croit pas. Il faut sanctionner les atteintes à la laïcité. Dire à une fille qu’elle doit porter le voile c’est une atteinte à la laïcité, comme de dire à une fille qu’elle ne doit pas le porter car elle est en France. Le Ministre de l’Intérieur par ses propos pour aller contre la laïcité.
Vous êtes responsables des cultes Monsieur le Ministre. Le comité interministériel de la laïcité ne s’est réuni que deux fois.
C’est alors au tour de Bruno Retailleau de s’exprimer sur le sujet/
«J’ai un point d’accord avec Jérôme Guedj, le travail. C’est pour cela que j’ai demandé aux Préfets d’être plus fermes pour s’occuper en priorité des étrangers en situation régulière.
On devrait, je pense,,imposer un délai de carence, avec comme critère le travail.
Concernant les discriminations, je suis moins d’accord. Il y a de très beaux parcours d’intégration. Oui la discrimination existe. Mais quand on voit la proportion des Algériens à occuper des logements sociaux, on a vu des Australiens et des Américains se faire soigner. C’est ça ce qui exaspère». Et le Ministre de poursuivre :
«Concernant le voile, il est pour moi un signe de soumission. Il n’est pas concevable pour moi d’accepter le voile dans des compétitions sportives fédérales. Oui cela peut paraitre raide.
C’est quoi être Français ?
Pour Bruno Retailleau, «Etre Français c’est aimer la France, tissu la trame de la générosité. Aucun Français ne doit être en souffrance !»
Pour Jérôme Guedj : «C’est etre républicain, avec l’émancipation individuelle et collective. Il ne faut pas toucher au prinicipe de l’universalisme. Je suis attaché à la République jusqu’au bout des ongles, je ne peux pas accepter de discriminations qui abiment la promesse républicaine. Ne cédez pas aux sirènes de l’extrême droite»
«Notre système ne tiendra pas !» réplique Bruno Retailleau.
Interrogé sur la crise du civisme et sur la suppression des allocations familiale, Jérôme Guedj assène : «Il n’y a aucune circonstance atténuante à celui qui transgresse.
Mais il faut considérer qu’il y a des difficultés parentales, ou mono parentales ; C’est simpliste de croire que couper les allocations va permettre de responsabiliser les parents ; Le droit commun égalitaire est la meilleure réponse !»
Pour Bruno Retailleau «Il faut vraiment que l’on parvienne à baisser l’immigration irrégulière ;
Il faudra une réponse, face aux vieilles idées soixante-huitardes… Lorsqu’il y a une défaillance familiale caractérisée, je ne vois pas pourquoi on ne sanctionnerait pas.
On a un problème de justice des mineurs. Avec des jeunes qui ont moins 30 antécédents judiciaires à 17 ans. C’est trop tard. Oui, il faut de courtes peines de prison. Il faut de la prévention, de la responsabilisation.
Au moment où je voie le déclarations de Mélenchon, je dis merci à ceux qui résistent».
Alain BOLLERY










