
L'ancien Ministre de l'Education Nationale et animateur du Laboratoire de la République a tracé des lignes pour l'avenir, en conclusion des journées d'été à Autun. Elles ont été un succès.
700 visiteurs, 11 ministres et anciens ministres – dont trois anciens ministres – et tout cela à Autun, en Saône-et-Loire : cela valait bien une salle debout, après une longue salve d’applaudissements.
Car c’est devant un parterre d’auditeurs conquis par la qualité des échanges et des réflexions tenus pendant trois jours que Jean-Michel Blanquer a conclu sa deuxième Université d’Été dans la cité éduenne, ce samedi 30 août.
Qualifié de « rassemblement de politiques du déclin (…) venus donner des leçons de République entre eux » par quelques détracteurs, l’événement n’en demeurait pas moins ouvert à tous : aucune carte de parti exigée à l’entrée, seulement l’envie de réfléchir à des thèmes aussi pointus que passionnants tels que « Pour une réindustrialisation verte », « Quelle justice pour demain ? », ou encore « L’emploi des jeunes bouleversé par l’intelligence artificielle ».
Difficile évidemment de résumer trois jours de travail en trois quarts d’heure de discours. Mais Jean-Michel Blanquer, que l’on connaît surtout pour son poste de ministre de l’Éducation nationale de 2017 à 2022, a laissé apparaître l’enseignant-chercheur qu’il fut. Bon orateur et fin pédagogue, il a donné le ton dès ses premières phrases : « Aimons la France au-dessus de nous-mêmes, aimons la concorde plutôt que la discorde, aimons le débat plutôt que le combat ». Dommage que ses critiques n’aient pas entendu ces mots, préférant commenter sans avoir assisté.
Avant d’aller plus loin, l’ancien ministre a tenu à préciser : « Pourquoi Autun ? Pour son histoire et sa géographie, qui reflètent celles de la France : au départ, un combat entre Gaulois et Romains, qui a fait le ferment d’une civilisation et de valeurs affirmées à travers les siècles. Au commencement, c’est une idée, une vision. César l’a vue, les Rois l’ont bâtie. Autun, c’est l’histoire et la beauté. »
Puis il a développé sur la République, avec un grand « R », et ses quatre piliers : « indivisible », « sociale », « laïque » et « démocratique ».
On croyait connaître le ministre de l’Éducation nationale, marqué par la période du confinement. Mais le fait de ne plus être au gouvernement lui permet une liberté de ton et une décontraction nouvelle. C’est donc avec pédagogie et assurance qu’il a présenté les propositions issues des tables rondes.
« Il s’agit maintenant de créer l’unité des territoires, mais aussi celle des citoyens (…) On ne peut plus se satisfaire de métropoles qui croissent inexorablement pendant que les autres périssent en périphérie. »
Rappelant que la République, c’est un territoire mais aussi un peuple, il a regretté que la notion de « peuplement » n’alimente plus la vision politique : « Gouverner, c’est peupler », a-t-il asséné, suggérant des franchises fiscales pour ceux qui viendraient s’installer dans un département en dépeuplement. Sa seconde préconisation : plus de liberté locale. « L’État doit faire son travail et laisser la main aux collectivités locales », afin d’éviter les doublons et la gabegie publique.
Impossible de clore sans évoquer les retraites :
« Pour moi, la première réforme de la retraite, c’est déjà d’avoir des enfants. Parler de retraites sans parler de naissances, c’est concentrer tous les efforts sur l’après 60 ans, alors que l’avenir, ce sont nos enfants… tout en gardant aux plus âgés leur rôle social. » Et de rappeler qu’aucun modèle ne tiendra si perdure le sentiment que certains paient beaucoup et ne reçoivent rien.
Après un rappel des fondamentaux de la laïcité et de la démocratie, sa conclusion a fait écho à Martin Luther King et son « I have a dream ». Jean-Michel Blanquer a lancé : « Je rêve d’une France qui s’aime et où l’on s’aime, d’une France qui sourit et où l’on se sourit », avant de refermer son discours comme il l’avait ouvert : « Mettre la France au-dessus de nous-mêmes ».
Il n’y a plus qu’à.