
Leur échange sur la laïcité, sur fond de valeurs républicaines, a montré peu de divergences entre le Ministre et le Présidente d’Ile de France.

C’était le premier plat de résistance de ce vendredi 29 août, à l’Université d’été du Laboratoire de la République, où Jean-Michel Blanquer a voulu démontrer que des élus opposés politiquement peuvent se retrouver sur des valeurs et donc sur des sujets.
Pour preuve : L’échange entre Valérie Pécrese et Manuel Valls sur la laïcité.
«L’Ile de France accueille la moitié des étrangers et la moitié des migrants qui viennent en France. La Laïcité, c’est le respect de règles communes. Oui il faut que l’on soit extrêmement ferme», a d’abord lancé la Présidente de l’Ile de Franc, avant de remarquer :
«Une partie de la gauche n'est pas Charlie»
«Il ne faut pas s’étonner de l’interdiction du film «Dieu peut se défendre tout seul», à Saint-Ouen, la circonscription d’Eric Coquerel, comme par hasard. Alors on ira avec l’équipe de Charlie Hebdo !»
Manuel Valls choisit, pour commencer de souligner les travers de la gauche : «Des le débats au début des années 2000 sur l’intifida.
Une partie de la gauche n’est pas Charlie.
Jean-Michel Blanquer a été en première ligne. La laïcité nous permet de vivre ensemble dans ce pays.
Dans une société percutée par le surgissement de l’islam, la laïcité doit être un pilier de la refondation. Le dépassement politique est indispensable».
«Dire aux musulmans qu'on leur demande de faire comme les autres»
Valérie Pécresse reprend la parle pour remarquer que le «clivage républicain est pour moi plus important que le clivage droite / gauche. Je récuse le fait que l’extrême droite défend la laïcité». La Présidente de région poursuit : «Il faut aller s’adresser aux musulmans. Ne pas y aller c’est une erreur. On a demandé aux chrétiens, aux juifs, de s’inscrire dans les lois de la République, car elle est au-dessus. C’est un message à faire passer aux musulmans Il faut leur dire qu’on leur demande de faire comme les autres l’ont fait. Oui c’est extrêmement difficile. On peut le faire que si on a des interlocuteurs qui ont le sentiment d’être traités comme les autres».
Interrogé pour savoir si les «musulmans sont devenus les nouveaux prolétaires», Manuel Valls explique d’abord : «Il faut comprendre le désarroi d’une partie de la gauche républicaine. Comme la défaite sur l’école libre en 1984, avec la défaite de Savary.
«Quand Plenel...»
Ensuite il y a une transformation du prolétariat, avec la crise de la sidérurgie, Il y a eu la volonté de substituer les victimes, les prolétaires, par les musulmans.
Quand Plenel dit en 2017 que Charlie et Caroline Fourest ont une responsabilité, il y a une rupture profonde sur ce qui touche à l’antisémitisme.
Quand on voit ce qui s’est passé à la Ligue des Droits de l’Homme à la Ligue de l’Enseignement, ce sont eux qui ont ouvert la porte à Tariq Ramadan.
Il y a un défi considérable pour que les musulmans européens ne tombent pas dans les mains des islamistes.
Dans le débat aujourd’hui sur ce qui se passe autour de la Palestine, on voit bien comment on se laisse entraîner, pour que dans quelques semaines on donne raison à Jean-Luc Mélenchon !»
«Si la France est lâche, on recule et la laïcité recule !»
Valérie Pécresse parle ensuite du burkini. «Des activistes ont envoyée des femmes habillées en burkini pour gagner du terrain. Cela a énormément choqué. Des femmes voulaient enlever le haut, des femmes enlever le bas. Avec Bernard Cazeneuve on a dit qu’est-ce qu’on fait. On a dit hygiène. Puis sécurité. Et j’ai rajouté sécurité. Il a dit j’accepte.
J’ai reçu une lettre de la défenseur droit, me disant que ce n’était pas un problème hygiène, pas un problème d’ordre public et pas de problème de risque de noyade, car un maitre nageur peut avoir des ciseaux pour découper les vêtements.
On m’a accusée de discrimination religieuse».
Vaérie Pécresse poursuit : « On m’a demandé de m’adapter. On n’a pas à s’adapter. Si la France est lâche, on recule et la laïcité recule !»
Alain BOLLERY