
«À nous à présent, parlementaires européens, d’entamer la seconde
mi-temps et de ne rien lâcher, dans le sillage de la France et de ses
Ministres.
Le Parlement européen a le pouvoir et le droit de bloquer
cet accord. Et, je pense qu’il y a des chances qu’il y parvienne car
nombreux sont les parlementaires dans le doute et l’inquiétude».
Communiqué :Aujourd’hui, les États européens ont été une
majorité à dire oui au Mercosur. Pour l’Europe, pour ses agriculteurs,
pour ses productions de très haute qualité, mais aussi pour ses
consommateurs, donc pour nous, nos proches, nos enfants, petit-enfants,
c’est regrettable et inexplicable mais ce n’est pas irrévocable.
À
tous ceux, beaucoup trop nombreux à mon goût sur les réseaux sociaux et
les plateaux TV qui se complaisent aujourd’hui dans le défaitisme à dire
que tout est fini, que la France n’a pas été à la hauteur, je dis qu’il
est grand temps d’arrêter les enfantillages.
Depuis 25 ans que cet
accord est en discussion, la France, qu’elle soit gouvernée à droite, à
gauche ou au centre, est la première et la seule à n’avoir jamais,
jamais, baissé les bras, à la recherche, toujours, et parfois dans la
douleur d’âpres négociations à Bruxelles, d’avancées, petites et
grandes, pour rééquilibrer cet accord, de telle façon qu’il soit juste
et équitable pour tous. Ce n’est pas pour rien que ces 15 dernières
années, les reports de la signature de ce texte se sont enchainés.
Aujourd’hui,
la France s’est battue, jusqu’au bout, mais n’a pas gagné la première
manche. Est-ce vraiment le bon moment d’une mi-temps pour assassiner ses
joueurs et leur dire qu’ils ne sont bons à rien ?
Aujourd’hui,
parce que l’enjeu est immense, parce que la gravité d’un tel accord pour
les agriculteurs européens doit nous obliger à la responsabilité,
j’appelle tous ceux, surtout parmi la classe politique française, qui se
complaisent dans la polémique et la critique puérile à en sortir.
Le
Président de la République a fait preuve de courage (parce que la
pression européenne était immense), de responsabilité et de cohérence en
disant non au Mercosur. À nous à présent, parlementaires européens,
d’entamer la seconde mi-temps et de ne rien lâcher, dans le sillage de
la France et de ses Ministres.
Le Parlement européen a le pouvoir et
le droit de bloquer cet accord. Et, je pense qu’il y a des chances
qu’il y parvienne car nombreux sont les parlementaires dans le doute et
l’inquiétude. Le Conseil et la Commission semblent le savoir puisqu'ils
osent, fait inédit, envisager une mise en œuvre provisoire de l’accord
sans attendre le Parlement.
Mettons-nous donc au travail, allons
chercher les voix, une par une, avec l’aide de nos représentations
nationales, des ONG, des syndicats, des agriculteurs. C’est plus
difficile que de critiquer sans rien faire mais ce sera certainement
plus utile. À moins que certains camps politiques n’agissent qu’à des
fins électoralistes, préférant une défaite qu’ils puissent critiquer et
instrumentaliser qu’une victoire au bénéfice des agriculteurs qu’ils
disent servir...Je n’ose le croire.
À ceux qui sont au-dessus de
tels comportements, je dis que la partie n’est pas terminée et que rien
ne laisse présager encore du résultat final. Battons-nous, unis, tant
que nous le pourrons, parce que la situation est trop grave et parce
qu’on pourra toujours se relever d’avoir perdu mais pas de n’avoir pas
tout donné.
Jérémy DECERLE,
Agriculteur et Député européen du groupe Renew Europe