« C’est courageux pour un parquetier de requérir une relaxe, salue
maître Varlet, car cela engage de regarder le dossier tel qu’il est, et
non tel qu’on voudrait qu’il soit. » L’ancien bâtonnier liste tout ce
qui pèche dans cette procédure, à commencer par l’attitude de la
prétendue victime...
Le tribunal correctionnel réuni en chambre des comparutions immédiates a ordonné, ce 15 juillet, la relaxe d’un jeune homme âgé de 21 ans, accusé d’agression sexuelle. Il avait été placé en détention provisoire le 16 mai dernier. Une drôle d’histoire. Enfin, « drôle », c’est une façon de dire.
Le 13 mai dernier une jeune femme va déposer plainte contre le prévenu. Elle dit que quatre jours auparavant, le 9 mai, il l’a d’abord suivie dans les rues d’Autun, puis qu’il a abordée en lui demandant son « Snapchat ». Ils se connaissent vaguement, fréquentent la même mosquée.
Elle dit que le soir elle se couche après avoir pris un médicament qui l’a assommée. Du coup elle s’endort sur son canapé.
Se serait réveillée une heure plus tard, se sentant « observée », et que le jeune homme était en train de la caresser, qu’elle a bondi, qu’il a insisté, aurait proféré quelques menaces puis des propos exclusifs et délirants (« on devrait se marier », « si je trouve un homme chez toi, je le tuerai »).
La jeune femme dit qu’elle pleurait, que le garçon insistait, qu’elle a fini par le passer dehors mais qu’il est resté dans les escaliers. Alors, elle a appelé « un ami » pour qu’il intervienne.
Une plaignante fuyante
Sauf que la plaignante refuse de donner le nom de l’ami en question, que les gendarmes exploitent la vidéosurveillance, constatent qu’un véhicule s’arrête devant chez elle, à 3h40 du matin, alors qu’elle dit avoir été agressée presque 3 heures plus tôt. Alors ça ne colle pas.
« Il y a des trous, dans cette histoire », constate la présidente. « Un doute sérieux subsiste, dit le procureur. Il y a deux portes à franchir avant de pouvoir entrer chez la plaignante. Comment aurait-il fait ? Je requiers une relaxe. »
« Il n’est jamais trop tard pour bien faire » ironise l’ancien bâtonnier
« C’est courageux pour un parquetier de requérir une relaxe, salue maître Varlet, car cela engage de regarder le dossier tel qu’il est, et non tel qu’on voudrait qu’il soit. »
L’ancien bâtonnier liste tout ce qui pèche dans cette procédure, à commencer par l’attitude de la prétendue victime elle-même (qui a refusé aussi de voir un médecin, est absente et ne se constitue pas partie civile), puis l’absence de vérifications élémentaires (comme la téléphonie : vérifier les bornages des téléphones). « Monsieur X a toujours dit aux gendarmes que l’accusation était fausse. Il leur a dit : ‘Vérifiez l’ADN’. Sa demande est restée lettre morte. »
Le tribunal ordonne la relaxe du prévenu
Le jeune homme aura fait deux mois de détention, vu un psychiatre pour l’expertise obligatoire pour tous les faits de nature sexuelle.
Il s’est toujours dit innocent et victime d’une vengeance orchestrée pour lui nuire.
La justice ne dit pas qu’il est innocent, elle dit qu’elle ne peut pas décemment condamner un homme sur la base d’éléments aussi incertains voire bizarres.
La plaignante était absente et non représentée. Les fausses accusations sont passibles de poursuites.
FSA