À la suite du communiqué publié par la Direction académique des services
de l’Éducation nationale de Saône-et-Loire (DASEN 71) concernant la
carte scolaire 2026, la FCPE de Saône-et-Loire tient à réagir et à
alerter sur les conséquences concrètes de ces décisions pour les élèves
et leurs familles.
Si la baisse démographique est aujourd’hui avancée
pour justifier des suppressions de postes et de classes, La FCPE de
Saône-et-Loire rappelle que cette évolution doit au contraire constituer
une opportunité pour améliorer les conditions d’apprentissage avec une
baisse des effectifs dans les classes de l’école au lycée.
La baisse
démographique, régulièrement utilisée pour justifier les suppressions de
postes, pourrait et devrait au contraire être une opportunité pour
mieux faire école :
· En réduisant durablement les effectifs par classe,
· En améliorant les conditions d’enseignement et d’apprentissage,
· En assurant enfin le remplacement effectif des enseignants absents,
· Et en permettant un meilleur accompagnement de tous les élèves, sans exception.
Faire école ne peut se résumer à une approche strictement budgétaire et de court terme.
Des moyennes qui masquent des réalités très contrastées
L’inspection
académique met en avant une moyenne de 20,5 élèves par classe dans le
premier degré. Ce chiffre, en apparence favorable, reste un indicateur
global qui ne reflète pas les disparités importantes des effectifs dans
les classes au sein d’un même établissement, d’une même commune et entre
les territoires.
La FCPE de Saône-et-Loire demande la publication de données précises :
• Répartition réelle des effectifs par classe,
• Écarts entre zones urbaines et rurales, en zone d’éducation prioritaire
• Situations concrètes dans chaque bassin de vie.
Par
ailleurs, cette moyenne occulte totalement la situation dans le second
degré, où les effectifs dépassent fréquemment 28 élèves par classe au
collège et 34/35 élèves par classe au lycée. Ce qui génère la
dégradation des conditions d’enseignement et d’apprentissage, l’égalité
des chances.
Une école inclusive encore insuffisamment accompagnée
Concernant
les pôles d’appui à la scolarité (PAS), la communication de
l’Inspection académique reste largement insuffisante. Aucun élément
n’est apporté sur :
• Les enfants sans notification mais nécessitant un accompagnement,
• Les élèves bénéficiant d’une notification avec des AESH mutualisées ne couvrant pas leurs besoins réels.
La
FCPE de Saône-et-Loire demande des chiffres précis et transparents sur
ces situations, afin de mesurer l’adéquation entre les besoins et les
moyens réellement déployés.
Le remplacement des enseignants : une urgence persistante
Le
manque de remplaçants continue de pénaliser fortement la continuité
pédagogique. Selon la Cour des comptes, une heure d’enseignement sur dix
est perdue en France en raison des absences non remplacées.
Dans ce
contexte, la FCPE de Saône-et-Loire s’interroge : la nouvelle carte
scolaire permettra-t-elle enfin de renforcer les brigades de
remplacement, dont les effectifs diminuent depuis plusieurs années ? À
ce stade, aucune réponse claire n’est apportée.
Des regroupements pédagogiques d’écoles qui allongent les temps de trajet
Le
développement des regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI)
soulève également de vives inquiétudes. L’agrandissement des périmètres
entraîne une augmentation significative des temps de transport pour les
élèves, qu’ils soient pris en charge par les services scolaires ou par
leurs familles.
Ces organisations, de plus en plus étendues,
interrogent sur le bien-être des enfants et l’égalité d’accès à l’école
sur l’ensemble du territoire. Notre département va compter dans les
prochains mois et prochaines années de nombreux déserts éducatifs
publics en milieu rural comme urbain. La FCPE de Saône-et-Loire ne s’y
résoudra pas !
Pour une école pensée à partir des besoins des élèves
La
FCPE de Saône-et-Loire appelle à un changement d’approche : la carte
scolaire ne peut être uniquement guidée par des logiques d’ajustement
budgétaire. Elle doit partir des besoins réels des élèves, des
spécificités des territoires et des exigences d’une école réellement
inclusive et équitable.
La FCPE de Saône-et-Loire demande le
recrutement massif d’enseignants, de personnels de vie scolaire,
d’infirmières, de psychologues et de médecins scolaire dans les
établissements scolaires publics pour faire face à l’urgence sanitaire
de l’état de santé mentale extrêmement dégradé et inquiétant des enfants
et adolescents de notre pays.
Nous invitons l’ensemble des parents
d’élèves à nous faire part de leurs remontées et des situations
particulières qui touchent leurs établissements.
La FCPE de
Saône-et-Loire restera pleinement mobilisée aux côtés des familles pour
défendre une école publique de qualité, accessible à toutes et tous.
FCPE de Saône-et-Loire
contact@fcpe71.fr