Communiqué :J'ai participé hier, aux côtés des élus locaux de
l'arrondissement d'Autun, à une réunion organisée par les services de
l'Éducation nationale dans le cadre de l'expérimentation nationale sur
l'aménagement du territoire et l'offre scolaire. Ce n'est que la
première d'une série de réunions prévues dans chaque arrondissement du
département : dans les semaines qui viennent, je rencontrerai l'ensemble
des maires de Saône-et-Loire pour recueillir leurs témoignages.
Le
bilan que j'en tire est sans appel : ce qui était présenté comme une
concertation s'est révélé être une démarche descendante, conduite dans
l'urgence, visant à faire valider par les élus locaux des décisions déjà
arrêtées. La direction académique des services de l'Éducation nationale
a présenté des propositions de regroupements pédagogiques à quatre
classes minimum, avec un objectif à terme de six classes, en imposant un
calendrier de moins d'un mois pour rendre une copie, sans que les
parents d'élèves, les enseignants ni la communauté éducative aient pu
être préalablement consultés.
J'avais interpellé le Ministre dans
l'hémicycle sur ces risques précis : absence de prise en compte des
spécificités rurales, des exigences de l'éducation prioritaire et des
impératifs de l'école inclusive. J'avais également averti que les élus
locaux ne devaient pas se voir imposer la responsabilité de décisions
nationales déguisées en choix locaux. Les faits m'ont donné raison. Dans
les territoires ruraux de Saône-et-Loire, l'école n'est pas un simple
équipement. Elle conditionne l'attractivité des communes, la cohésion
sociale et les choix d'installation des familles. La réduire à une
variable d'ajustement budgétaire, c'est engager un processus de
fragilisation durable dont les conséquences débordent largement le champ
scolaire.
C'est pourquoi je demande au Ministre de l'Éducation
nationale de suspendre immédiatement la procédure en cours sur le
périmètre de la Saône-et-Loire, et de la reprendre sur des bases
sérieuses : un calendrier réaliste, une méthodologie partant des besoins
du territoire et non d'objectifs de fermeture préétablis, et des
critères d'évaluation intégrant les dimensions sociales, inclusives et
rurales.
Les maires de Saône-et-Loire ne refusent pas le dialogue.
Ils
refusent une concertation de façade qui leur ferait endosser la
responsabilité de choix qu'ils n'auraient pas librement construits.
Paulette MATRAY
Sénatrice de Saône-et-Loire
Membre de la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport