
Communiqué :
Le 11 juin, le Sénat avait rendez-vous avec l'urgence.
La proposition de loi transpartisane portée par le député Guillaume
Garot, adoptée à l'Assemblée nationale avec un soutien massif et sans
précédent, n'a pas pu y être examinée dans sa totalité. La raison est
simple et les responsabilités clairement identifiées : la majorité
sénatoriale de droite a multiplié les amendements jusqu'à saturer le
temps de niche parlementaire, empêchant délibérément l'examen du texte.
Avant même la séance publique, la commission des affaires sociales avait
déjà vidé le texte de sa disposition centrale : la régulation de
l'installation des médecins.
Ce n'est pas un contretemps procédural. C'est un choix politique assumé.
Un
choix d'autant plus inacceptable que, dans l'état actuel du droit, les
médecins disposent d'une liberté totale d'installation sur 87 % du
territoire français, dont l'intégralité de la Saône-et-Loire. Résultat :
des cantons entiers peinent à maintenir une offre minimale de soins
primaires. Des Saône-et-Loiriens renoncent à des consultations,
retardent des diagnostics, vivent sans médecin traitant. Ce n'est pas
une abstraction statistique : c'est le quotidien de nos communes
rurales, de nos villes moyennes, de nos familles.
Face à cette
réalité documentée et urgente, la droite sénatoriale a une fois de plus
opposé sa vision habituelle : le statu quo habillé en réforme, la
liberté d'installation érigée en principe intouchable, les
professionnels de santé libéraux défendus au détriment des patients les
plus vulnérables.
Je demande au gouvernement de réinscrire sans délai
la proposition de loi Garot à l'ordre du jour du Sénat, de fixer un
calendrier de navette clair et de permettre le rétablissement du
mécanisme de régulation de l'installation des médecins tel qu'adopté par
les députés. C'est la seule condition pour que ce texte produise des
effets concrets en Saône-et-Loire.
Les habitants de notre département
méritent mieux que des blocages procéduraux. Ils méritent une réponse
législative à la mesure de leur attente.
Paulette Matray
Sénatrice de Saône-et-Loire