Communiqué :La CPME salue la reconduction et l’élargissement
des mesures ciblées en faveur des entreprises et des salariés les plus
exposés à la hausse des carburants. Mais elle alerte sur la décision de
geler les allègements de charges, qui risque de fragiliser davantage les
TPE-PME dans un contexte économique déjà très dégradé.
« Depuis le
début de la crise au Moyen-Orient, rappelle la présidente de la CPME de
Saône-et-Loire, nous plaidons pour des mesures raisonnables, ciblées et
rapidement mobilisables. À cet égard, les annonces du Premier ministre
vont dans le bon sens sur plusieurs points.
Nous nous félicitons
notamment du doublement de la prime carburant employeur, portée à 600
euros, défiscalisée et désocialisée, à la main de l’employeur. Cette
mesure, portée par la CPME, permettra aux entreprises qui le peuvent de
soutenir leurs salariés confrontés à l’augmentation du prix des
carburants. »
La présidente de la 1ère Organisation représentante
des employeur salue également le doublement de l’aide aux grands
rouleurs, ainsi que l’engagement du Premier ministre à rendre cette aide
effective rapidement, avec une ouverture de la plateforme d’inscription
dès le 27 mai et un versement prévu début juin. L’effectivité des aides
était une condition essentielle : une aide annoncée mais inaccessible
ne répond pas à l’urgence.
Les mesures sectorielles annoncées pour
le transport routier, le BTP, les taxis, les pêcheurs, les agriculteurs
ou encore les aides à domicile répondent également à des situations
concrètes. Elles vont dans le sens d’un soutien ciblé aux activités les
plus exposées à la flambée des coûts.
« Mais ces avancées ne doivent
pas masquer le principal point d’alerte, réagit Clarisse MAILLET : le
gel des allègements de charges patronales.
Alors que le SMIC va être
revalorisé, ce qui est normal et légitime pour les salariés, le
maintien de l’enveloppe des allègements de charges va mécaniquement
renchérir le coût du travail pour les entreprises. Pour nos TPE-PME,
c’est une double peine : elles devront absorber la hausse des salaires,
tout en voyant une partie des allègements ne pas suivre cette évolution.
Cette décision intervient au pire moment, se désole-t-elle.»
L’enquête
de conjoncture menée par la CPME auprès de 2 350 dirigeants montre que
45 % constatent une dégradation de la situation de leur entreprise, que
38 % jugent leur trésorerie tendue ou critique, et que 78 % déclarent
être directement impactés par la crise au Moyen-Orient. Surtout, 57 %
des dirigeants ne répercutent pas et n’envisagent pas de répercuter les
hausses de coûts sur leurs prix de vente.
Dans ces conditions, toute
hausse supplémentaire du coût du travail aura des conséquences directes
sur l’activité, l’investissement et l’emploi. Elle pèsera également sur
le pouvoir d’achat : si les entreprises ne peuvent pas absorber cette
hausse, elles ne pourront pas non plus répondre aux demandes des
salariés dont les rémunérations se situent juste au-dessus du SMIC.
«
On ne peut pas demander aux entreprises d’augmenter les salaires et,
dans le même temps, renchérir le coût du travail. C’est une double peine
qui pèsera sur l’activité, sur l’emploi et, au final, sur le pouvoir
d’achat des salariés », déclare Amir Reza-Tofighi, président de la
CPME.
« Nous demandons donc que le gel des allègements de charges
soit temporaire et fasse l’objet d’une clause de revoyure, renchéri la
Présidente. Dans un moment de très forte incertitude, il serait
dangereux d’installer durablement une mesure susceptible de freiner
l’activité et de multiplier les risques de défaillances.
Nous
prenons acte de l’engagement du gouvernement de ne pas augmenter les
impôts dans le budget 2027. Nous prenons acte, mais nous prenons date.
Cet engagement devra être confirmé et tenu dans le débat parlementaire.
La
priorité doit désormais être claire : soutenir l’activité, préserver la
trésorerie des entreprises, éviter la casse économique et maintenir la
capacité des TPE-PME à investir et à employer.»