Communiuqué : À l’occasion d’une séance au Sénat consacrée à un débat
sur l’électrification des usages dans le contexte de crise
internationale, le Sénateur de Saône-et-Loire Fabien GENET est intervenu
pour alerter le Gouvernement sur les conséquences du développement
massif de l’électrification des usages sans adaptation suffisante des
réseaux électriques. Dans un contexte international marqué par les
tensions énergétiques et la hausse des prix du pétrole, le Sénateur
GENET a rappelé le paradoxe français : « (…) à l’heure où la fermeture
du détroit d’Ormuz par l’Iran paralyse les flux pétroliers mondiaux et
fait flamber les prix à la pompe pour nos concitoyens, la France produit
abondamment de l’électricité qu’elle ne parvient pas à consommer
totalement et qu’elle exporte largement ! » La France exporte en
effet chaque année près de 100 térawattheures d’électricité, soit
l’équivalent de la consommation de 35 millions de véhicules électriques.
Pourtant, le développement des nouveaux usages électriques se heurte
déjà, sur le terrain, aux limites des infrastructures existantes : le
système électrique est-il réellement prêt à absorber cette montée en
puissance des usages ?
« Derrière les annonces sur les véhicules
électriques, les pompes à chaleur, la réindustrialisation ou encore les
data centers, il y a une réalité physique : les réseaux. Et convenons
que c’est trop souvent l’angle mort du débat », a souligné Fabien GENET. Le
Sénateur a notamment évoqué les difficultés déjà rencontrées dans les
territoires ruraux, et particulièrement en Saône-et-Loire, avec le
raccordement des projets d’énergies renouvelables : saturation locale
des postes sources, difficultés de planification, retards
d’investissement ou encore explosion potentielle des coûts de
raccordement. Une électrification massive des usages sans préparer
les réseaux ferait peser un risque majeur de blocages techniques,
économiques et territoriaux : « c’est prendre le risque d’une nouvelle
fracture territoriale, une fracture électrique ». Fabien GENET a
également dénoncé la contradiction entre les ambitions affichées par le
Gouvernement et les moyens réellement accordés aux collectivités
territoriales et aux syndicats d’énergie, alors même qu’ils assurent
l’essentiel des investissements sur les réseaux locaux. Il a notamment
regretté la baisse de 7 millions d’euros du CAS Facé, outil historique
du financement de l’électrification rurale, alors que les besoins
d’investissement explosent. « Nous ne réussirons pas l’électrification
des usages sans les territoires », a mis en garde Fabien GENET.
Le
Sénateur a enfin plaidé pour une approche territorialisée et équilibrée
de la transition énergétique, reposant sur un mix énergétique diversifié
associant électricité, biogaz, chaleur renouvelable, BioGNV ou encore
hydrogène, capable d’assurer notre souveraineté énergétique, véritable
enjeu des prochaines années. En réponse, Maud BREGEON, porte-parole
du Gouvernement, a reconnu la nécessité d’un débat approfondi sur l’état
des réseaux électriques. Elle a notamment indiqué que RTE et Enedis
prévoient près de 200 milliards d’euros d’investissements d’ici à 2040
pour adapter et renouveler les infrastructures électriques, notamment
face au réchauffement climatique. Elle a également assuré que les
collectivités territoriales ne seraient pas laissées seules face à ces
enjeux, rappelant que le CAS Facé serait doté de 355 millions d’euros en
2026 afin d’accompagner les réseaux en zone rurale. « Nous veilleront
évidemment, à vos côtés, à ce que cela perdure dans l’exercice
budgétaire » a conclu la porte-parole du Gouvernement. « Ce serait préférable que cela augmente ! » lui a répondu avec sourire Fabien GENET.
Retrouvez l’intégralité de l’intervention du Sénateur GENET en vidéo :