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05/06/2025 03:17
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Interdiction du drapeau Palestinien : La justice désavoue Gilles Platret, le Maire de Chalon sur Saône, qui annonce signer un nouvel arrêté...

Clément Mugnier (PS) et Richard Béninger (LFI) se félicitent de la décision du tribunal administratif de Dijon.
L'arrêté interdisant le drapeau palestinien pris, dimanche 1er juin, par Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône était en procès, ce mercredi après-midi, devant le tribunal administratif de Dijon.
Clément Mugnier, responsable du PS à Chalon sur Saône avait déposé lundi matin un référé-liberté, arguant que l'arrêté constitue "une atteinte aux libertés".
"La liberté d'un drapeau s'inscrit dans la liberté d'expression", a défendu son avocat, Jean-Philippe Morel, devant le tribunal de Dijon, dénonçant "un coup politique" de M. Platret destiné à faire "le buzz médiatique"....
"Le drapeau palestinien n'est pas l'étendard des casseurs mais celui des défenseurs d'un peuple et de l'humanité", a ajouté Me Christophe Sgro, qui représentait des associations des droits humains se joignant au recours.
L'avocat a accusé un "discours raciste dont le maire nous a déjà fait profiter", une attaque vivement dénoncée par la partie adverse.
"C'est l'étendard de rassemblements violents", a argué Me Julie Callot, qui représente la commune de Chalon, estimant cependant que cet arrêté "interdit l'usage du drapeau à titre ostentatoire" mais que, "on peut tout à fait manifester sans l'arborer", a-t-elle assuré.
Le Tribunal administratif de Dijon a suspendu l'arrêté pris par Gilles Platret et l'a condamné à verser 800 euros euros à Clément Mugnier.


Cliquez ici pour lire le jugement du Tribunal Administratif



Les réactions :


Communiqué de Clément Mugnier (PS)
Par une ordonnance rendue ce jour, le Tribunal administratif de Dijon a suspendu l’arrêté pris le 2 juin par le maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, interdisant l’arborage du drapeau palestinien, sa vente et toute manifestation de soutien à la cause palestinienne sur la voie publique. Cette décision de justice rappelle un principe fondamental : on ne peut pas piétiner les libertés publiques au nom d’une stratégie politicienne de provocation.
Je salue cette victoire juridique, qui marque un désaveu cinglant pour le maire de Chalon. La tentative d’interdire un symbole politique reconnu, au mépris de la liberté d’expression et du droit de manifester, a été jugée illégale. C’est un rappel clair à l’ordre républicain et aux principes de notre démocratie.
Les violences qui ont eu lieu samedi soir à Chalon-sur-Saône sont graves et inacceptables. Elles doivent être condamnées avec la plus grande fermeté, et leurs auteurs traduits devant la justice. Aucune cause, aucune revendication, ne justifie les agressions contre les forces de l’ordre ni les dégradations de l’espace public. Mais face à ces faits, la réponse du maire de Chalon a été non seulement inadaptée, mais dangereuse.
Plutôt que d’assumer ses propres carences en matière d’anticipation et de sécurité — pourtant essentielles dans le contexte de tensions connues — Gilles Platret a choisi la fuite en avant : stigmatiser, amalgamer, désigner un bouc émissaire. L’interdiction du drapeau palestinien ne résout rien ; elle divise, elle attise, elle détourne l’attention de l’essentiel.
Ce glissement est profondément préoccupant. En s’attaquant à une expression politique, en assimilant une cause internationale à des actes de violence locaux, M. Platret adopte les réflexes et les méthodes de l’extrême droite. Il franchit un cap dans la dérive autoritaire, préférant l’escalade symbolique à la gestion responsable de sa ville.
Car la vérité, c’est que les débordements de samedi étaient prévisibles. Aucune stratégie claire de maintien de l’ordre n’a été mise en place, aucun dispositif de sécurisation suffisant n’a été anticipé. Ces manquements sont aujourd’hui éclipsés par une polémique volontairement provoquée.
Je rappelle que le drapeau palestinien n’est pas un symbole de violence. Il est l’emblème d’un peuple, d’une cause soutenue par le droit international. L’interdire, c’est piétiner les droits fondamentaux. C’est une atteinte grave à la liberté d’opinion, à la liberté d’expression et à la liberté de manifester.
Ce n’est pas ainsi que l’on défend la République. Ce n’est pas en réprimant des expressions pacifiques que l’on assure la paix civile. Ce n’est pas en jouant la division que l’on construit l’ordre républicain. La République est forte lorsqu’elle reste fidèle à ses principes. Elle s’affaiblit quand elle les trahit.
J’en appelle à la responsabilité, à la retenue et au respect des droits. Face aux tensions, ce sont l’intelligence collective, la justice et le dialogue qui doivent prévaloir.
Clément MUGNIER
Secrétaire de la section du
Parti Socialiste de Chalon Sur Saône



Déclaration de l’AFPS 71
L’arrêté inhumain de Mr Platret suspendu par le Tribunal administratif
L’Association France Palestine Solidarité 71 avait décidé avec La ligue des Droits de l’Homme de déposer en commun un référé liberté contre l’arrêté du Maire de Chalon et s’y sont coassociés dès hier Le Mouvement pour la Paix, ATTAC et le MRAP. Nos représentants ont pu assister à la première audience ce matin à 11h qui traitait de la requète de Mr Mugnier sans que le tribunal accepte d’audiencer notre propre requète.
Naturellement, nous prenons acte de la décision juste du tribunal. Elle n’a sans doute pas même surpris l’auteur de l’arrêté indigne. Et c’est là le problème de fond.
Nous avions raison d’appeler immédiatement lundi soir au rassemblement réussi devant la Mairie de Chalon. Car au-delà de la pertinence de la décision juridique, il reste la volonté de l’auteur de créer un climat de haine, de division et de violence. Et il a choisi en plus, en visant la Palestine, de tenter de salir une cause humaine, pacifique et humanitaire qui aujourd’hui rassemble de plus en de monde pour dire : Stop aux massacres, halte au génocide, aide humanitaire d’urgence.
Nous restons donc mobilisés contre toute tentative de mettre en œuvre ces décisions de l’arrêté.
La plus belle des réponses, nous la donnerons avec toutes celles et ceux qui ont la paix et la @Palestine au cœur dimanche 8 juin prochain au 1er Festi’Palestine en Saône et Loire à Morlay, moment familial, culturel, solidaire et naturellement pacifique
Richard Béninger
Pdt de l'AFPS 71



COMMUNIQUÉ DE GILLES PLATRET 
Drapeau Palestinien : un nouvel arrêté sera publié dès demain pour l'interdire à Chalon 
Le Tribunal administratif de Dijon a décidé ce mercredi de suspendre l’arrêté du 2 juin 2025 par lequel Gilles Platret, Maire de Chalon, interdisait d’utiliser de manière ostentatoire le drapeau palestinien dans l’espace public, de l’afficher en façade des immeubles et de manière visible de l’espace public et de le proposer à la vente sur les marchés ambulants. 
Si on ne peut que regretter qu’une fois de plus, hélas, le juge se refuse de constater ce qui est pourtant évident et matériellement établi, il est à noter que l’arrêté est simplement suspendu et non annulé. Le juge a en effet estimé que les circonstances de cet arrêté n'étaient pas assez détaillées, mais il n'a pas dénié au Maire de Chalon le droit d'agir en la matière. 
C’est pourquoi, le combat continue. Gilles Platret a d’ores et déjà demandé aux services de la Ville de travailler à la rédaction d’un nouvel arrêté qui sera encore plus détaillé dans ses motivations, notamment grâce à l'exploitation exhaustive des images des caméras de vidéo protection. 
Face aux tentatives de déstabilisation et aux menaces sur l'ordre public, dont le drapeau palestinien était clairement l'emblème lors de l'émeute de la nuit de samedi à dimanche, la Ville de Chalon et son maire restent déterminés à agir pour protéger les Chalonnais.