
Le Procureur de la République, Patrice Guigon a quelques mots plus solennels pour partager «une
inquiétude» devant le «nombre de pourfendeurs de la justice, qui
contestent la légitimité des magistrats». Et de rappeler que «les magistrats sont les gardiens d’une souveraineté
populaire» laquelle repose sur un «contrat social».
Réunis en audience solennelle ce mercredi 4 février, les magistrats du
TJ de Chalon-sur-Saône ont installé cérémonieusement trois de leurs
pairs, trois juges qui apportent, enfin !, leurs compétences et leurs
forces à un service qui vit sous tension depuis un moment. Les chefs de
de la juridiction ont aussi salué l’arrivée de deux greffiers qui
rejoignent l’équipe de direction.
Puis, comme le code de
l’organisation judiciaire l’impose, les chefs de la juridiction,
monsieur Eric Plantier, Président du tribunal judiciaire, et monsieur
Patrice Guigon, Procureur de la République, ont rendu compte de
l’activité de l’année écoulée devant un parterre d’élus et de
représentants des autorités civiles et militaires, de l’autorité
judiciaire, la direction du service pénitentiaire d’insertion et de
probation (SPIP), la directrice du centre pénitentiaire de
Varennes-le-Grand, les représentants des associations nécessaires au
fonctionnement de l’institution (‘France Victime 71, l’AEM,…), le
bâtonnier Benoît Diry et les avocats.
Le Procureur évoque les statistiques qui parlent, à leur façon, de l’activité du parquet
Le
nombre de plaintes et de procès-verbaux enregistrés a augmenté. Pour
plus de 19 000 plaintes, on compte plus de 5 000 « affaires
poursuivables », dont 800 ont été classées sans suite. Viennent ensuite
un peu plus de 2 000 alternatives aux poursuites (compositions pénales,
stages, avertissement probatoire), 1 890 affaires poursuivies devant le
tribunal correctionnel (comparutions immédiates, CPV-CJ et CRPC
défèrements dont le nombre, 245, est de 17 % supérieur à l’année 2024).
Le
procureur de la République précise, pour « ceux qui douteraient de la
fermeté de la justice rendue à Chalon », que le centre pénitentiaire de
Varennes-le-Grand, connaît un taux d’occupation de 205,13 %, hors
quartier des nouveaux arrivants. On compte « 29 matelas au sol ».
Le
gros travail déjà commencé avec les maires s’est poursuivi. Trois
réunions avec les maires des communes des trois arrondissements qui
composent le territoire de la juridiction ont débouché sur la signature
de 44 nouveaux protocoles de partenariat pour que l’institution aide au
mieux les maires dans la gestion des actes de petite délinquance, dite
de proximité, dans leurs communes.
« Une inquiétude »
Patrice
Guigon a quelques mots plus solennels pour partager « une inquiétude »
devant le « nombre de pourfendeurs de la justice, qui contestent la
légitimité des magistrats ». Le procureur de la République rappelle que «
les magistrats sont les gardiens d’une souveraineté populaire »
laquelle repose sur un « contrat social ».
(On en comprend que les «
pourfendeurs de la justice » lorsqu’ils l’attaquent de cette façon,
s’attaquent, par voie de conséquence, au socle de la société tout
entière fondée sur ce contrat social et c’est grave, ndla)
Le Président du TJ
Éric
Plantier réitère des mots de bienvenue aux trois juges qui ont rejoint
le siège mais rappelle que pour autant « ces arrivées ne compensent pas
trois postes vacants et un départ ». Le magistrat le répète : «
L’effectif théorique n’est pas atteint. »
Naturellement, l’année
2024 a pâti de ce manque d’effectif. Le président assume les choix qu’il
a dû faire. (Des choix en forme de y a pas le choix, justement, ndla).
Il prend le temps de déployer ses explications pour éclairer
l’assistance sur les chiffres qui parfois accusent une légère baisse.
L’activité de la Cour d’assises est stable, on note le déploiement de la Cour criminelle départementale
«
Ce n’est pas en laissant la justice sous-doté qu’on améliore les délais
de traitement » observe le magistrat qui salue néanmoins « les efforts
budgétaires » renouvelés.
F.S.A.
