
Le Sénat a rejeté, hier, la proposition de loi visant à soutenir et
valoriser les commerces de proximité, déposée par Audrey Linkenheld et
dont j’ai été co-signataire.
Je tiens à exprimer ma vive déception
face à ce rejet, que je juge profondément dommageable pour les
centres-bourgs de Saône-et-Loire.
Nos élus locaux m’alertent chaque
jour sur la disparition progressive des commerces qui font l’âme de nos
communes. Une boulangerie qui ferme, c’est un lien social qui se rompt.
Une pharmacie qui disparaît, c’est une famille de plus qui s’interroge
sur son avenir dans nos territoires. Refuser d’agir face à cette
réalité, c’est tourner le dos à des milliers de Français qui vivent loin
des grandes métropoles.
Cette proposition de loi apportait des
réponses concrètes à des problèmes que je connais bien sur le terrain :
encadrement des loyers commerciaux pour protéger les commerçants
indépendants face à des hausses spéculatives, renforcement des outils
des maires pour lutter contre la vacance commerciale, meilleure
répartition de la charge fiscale entre bailleurs et locataires.
Ce sont des outils que les élus locaux de mon département attendent.
La
droite sénatoriale a préféré invoquer la liberté contractuelle et les
droits des propriétaires bailleurs. Je le dis clairement : choisir de
protéger des intérêts patrimoniaux plutôt que de défendre la vitalité
commerciale de nos centres-bourgs, c’est faire un choix politique. Et ce
choix, je ne peux pas l’accepter. Il m’est difficile d’entendre
certains de mes collègues se réclamer de la défense des territoires
ruraux dans leurs discours, tout en refusant dans le même temps, les
outils législatifs qui permettraient concrètement d’y maintenir une vie
commerciale digne.
Afin d’aider nos élus locaux en Saône-et-Loire, je
continuerai à porter ce combat au Sénat et à me battre pour que nos
centres-bourgs restent des lieux de vie, d’échange et d’activité
économique.
Paulette Matray
Sénatrice de Saône-et-Loire