
Réunis en session budgétaire, les élus du Conseil départemental de
Saône-et-Loire ont examiné le budget primitif 2026. Découvrez les
chiffres à retenir.

Le discours d'André Accary :
Voilà, nous y sommes ! La dernière assemblée départementale de l’année avec la présentation et le vote du budget primitif 2026.
Un
budget qui a demandé un gros travail commun avec les services, des
discussions denses, des choix, et des ajustements encore ces derniers
jours.
Le tout avec les mêmes ambitions et dans le respect de nos
engagements depuis 2015, tout en tenant compte, bien évidemment, du
contexte national.
Pour autant, même si nous sommes toujours dans le
flou, j’ai souhaité que nous reprenions nos habitudes avec la
présentation du budget départemental en décembre, comme nous l’avons
toujours fait depuis 2015, hormis pour le budget 2025, voté
exceptionnellement en mars dernier.
Revenir à nos habitudes,
c’est stopper la dégradation en cascade. C’est permettre aux acteurs de
ce département de pouvoir envisager leurs projections 2026.
Nous
voyons bien les conséquences à notre niveau. Ce n’est pas agréable. Il
est inutile de faire subir aux échelons inférieurs ce que nous
subissons.
Le contexte national nous laisse encore une fois dans
le flou le plus total, car même si le PLFSS (projet de loi de
financement de la sécurité sociale) a été voté, on ne sait pas si le
budget de l’Etat (projet de loi de finances 2026) sera voté avant le 31
décembre.
Quand je parle de conséquences en cascade, c’est parce que
la contribution demandée aux collectivités territoriales, pour redresser
les comptes publics, doit être inscrite dans ce PLF 2026.
Et qu’à ce jour, nous ne savons absolument pas à combien cette contribution se chiffre !
La seule indication en notre possession, c’est qu’elle oscillerait entre 2 et 4,6 milliards d’euros…
2,6
milliards d’euros d’écart, ce n’est pas rien… Les conséquences qui vont
avec non plus. Comme je l’ai partagé lors de la conférence de presse
vendredi dernier : plus la part du gâteau empoisonné sera grosse et plus
elle sera indigeste !
Aujourd’hui, c’est la colère qui anime les Départements parce que ça fait 3 ans que ça dure !
Trois ans que nous vivons une situation
- complexe sur le plan politique ;
- inquiétante sur le plan économique ;
- explosive sur le plan social ;
sur fond d’une dette abyssale de 3400 milliards d’euros.
La coupe est pleine !
Nous
ne voulons plus accepter l’inacceptable parce que nous ne parvenons
plus à compenser ce qui relève initialement du régalien.
Les
Départements connaissent leur situation la plus critique depuis 2010,
conséquence d’un effet de ciseaux brutal aggravé par la disparition
totale de tout levier fiscal depuis 2019 :
· - 8,5 milliards d’euros de recettes pour la période 2022-2024
· + 5,5 milliards d’euros de dépenses nouvelles imposées par l’État sur la même période.
Je
ne vous apprends rien en disant que les Départements subissent des
décisions nationales sans capacité d’ajustement propre. Et que nos
budgets, constitués pour 70% de dépenses quasi non-pilotables, sont
mécaniquement amenées à progresser.
Malgré cela, notre département est en mesure de proposer un budget, et un budget encore à l’équilibre pour 2026.
Pour quelques bonnes raisons :
1. La bonne gestion antérieure (écureuil) qui nous aide à franchir le cap.
2.
L’anticipation, puisque 2023, nous avons engagé des efforts internes
en vue de retrouver une bonne santé financière d’ici à 2027 – 2028.
3. Le fait qu’on soit exempté du Dilico (solidarité interdépartementale)
4. Et une recette inattendue de 5 M€ du fonds de sauvegarde.
A
ce propos, pour couper court à toute interprétation, si ne nous ne
sommes pas concernés par la solidarité entre départements, et que nous
bénéficions de ce fonds de sauvegarde, c’est en raison du critère de
fragilité sociale – comprenez la population vieillissante importante en
Saône-et-Loire, qui nous exempte du Dilico.
Anthony Vadot y reviendra en détails.
Avant qu’Anthony ne l’évoque justement, je voudrais préciser quelques points quant à la réalisation de ce budget 2026 :
Nous
maintenons une politique d’investissement soutenue, au-dessus des 100
millions d’euros : 138 M€ en 2025, 123M€ en 2026 (budget principal THD
compris).
Nous restons à des seuils d’investissement très élevés si on fait une comparaison sur les 10 années.
1. Pour le budget global de BP à BP, de 736 à 728 M€ = - 8M€ soit une baisse de 1%.
2. Aucune politique n’a été sacrifiée, aucun domaine à zéro
3.
En plus de nos compétences obligatoires, nous gardons le sport, la
culture, l’agriculture, la santé etc. car derrière, ce sont des
personnes, des emplois, du lien social, toute une économie et un
dynamisme qui font l’attractivité de la Saône-et-Loire.
4. Tout cela grâce aux efforts engagés, et que nous continuerons à mener jusqu’à ce que ça aille mieux.
Je vous donne quelques exemples concrets de ces efforts :
· - 30% sur le budget communication en deux ans
· Amélioration de la gestion de la trésorerie (-0,5 M€ /an en 2 ans)
·
Diminution des effectifs en repensant l’organisation du travail et
en ne renouvelant pas certains postes, en priorité dans l’encadrement
pour préserver au maximum les effectifs de terrain. Exemples : 1 poste
de DGA en moins, 5 postes de directions en moins, -8 à -11% sur les
fonctions RH, juridiques, moyens immobiliers, etc.)
· Politique achat revue et recherche du meilleur coût accentué
Des efforts significatifs malgré des dépenses en plus qui résultent des décisions de l’Etat (non compensation) :
· Revalorisation du RSA : près de 1 M€ / an en plus
· Augmentation des cotisations retraites des agents = +3 M€ en 2026
·
Gel des recettes de TVA au niveau de 2024 (perte de 5 à 10 M€ de
recettes pour le Département / 10M€ selon la prévision de croissance de
l’Etat)
· CNSA : décret du 3/09/2025 = perte de 6 - 7 M€ de recettes
· Enfance : décret pouponnière = + 0,8 M€
5. Nous faisons des choix, en bonne intelligence et dans le respect de nos engagements.
Et
même si l’opposition souhaiterait que nous envisagions d’autres
recettes au lieu de faire ces efforts internes, par exemple en
augmentant le taux des DMTO, je le redis : c’est non.
Nous nous sommes engagés à ne pas augmenter les impôts.
Cet
engagement est constant depuis 2015 et nous ne reviendrons pas dessus.
Nous refusons de toucher à la fiscalité et ce taux à 4,5 ne changera pas
en 2026. Il en va de l’attractivité de notre département.
Pour en savoir plus :

