
L'élue de Marigny, qui a pris la suite de Jérôme Durain, quand il est
devenu Président de Région, confirme qu'elle est bien candidate pour
poursuivre dans la Haute Assemblée.
Communiqué :1 - Une légitimité forgée par le terrain
Je
suis sénatrice depuis bientôt un an, je ne le cache pas. Mais sur le
terrain, mon engagement ne date pas d'hier : vingt-quatre ans de mandat
municipal avant d'arriver au Sénat, après plusieurs années comme
assistante sociale à l'aide sociale à l'enfance, puis quatre mandats
consécutifs comme maire de Marigny. Ce qui compte, ce n'est pas le
nombre de mois passés au Palais du Luxembourg, c'est le nombre d'années
passées à connaître nos communes de l'intérieur. Je suis arrivée
préparée, parce que je connaissais déjà ces difficultés avant d'en
débattre au Sénat.
2 - Une année de travail et de résultats
En
moins d'un an, j'ai déposé 815 amendements et interpellé à plusieurs
reprises les ministres concernés, sur la carte scolaire, sur la santé en
Saône-et-Loire, et sur d'autres dossiers qui touchent directement nos
territoires.
J'ai toujours défendu une ruralité qui ne soit pas
condamnée au déclin. C'est pourquoi j'ai été coauteure de la proposition
de loi visant à remobiliser le bâti rural, adoptée par le Sénat. Ce
texte apporte enfin des réponses concrètes aux communes confrontées à la
vacance des logements, aux bâtiments dégradés et aux friches qui
fragilisent l'attractivité de nos centres-bourgs. Grâce à la création
d'un fonds dédié, les communes rurales pourront bénéficier d'un
accompagnement technique et financier pour réhabiliter ce patrimoine et
lui redonner une utilité au service des habitants.
Cette adoption
constitue une véritable victoire pour nos territoires ruraux. Elle
permettra également d'aider les ménages modestes qui choisissent de
rénover des logements vacants pour s'installer dans nos villages. À
l'heure de la lutte contre l'artificialisation des sols, la priorité
doit être de reconstruire la ville et le village sur eux-mêmes, de
valoriser l'existant et de redonner vie à notre patrimoine rural plutôt
que de consommer toujours davantage d'espaces naturels et agricoles.
Ensuite
sur les déserts médicaux en Saône-et-Loire, j'ai soutenu au Sénat la
proposition de loi transpartisane visant à mieux répartir l'installation
des médecins sur le territoire. Alors que l'Assemblée nationale avait
adopté ce texte avec une large majorité, la droite sénatoriale a choisi
d'en empêcher l'examen complet et a supprimé sa mesure centrale de
régulation, privant notre département d'une avancée concrète pour
améliorer l'accès aux soins.
Tout au long du mandat, j'ai défendu
une réponse législative ambitieuse pour garantir à chaque habitant un
accès à un médecin traitant et lutter contre les inégalités
territoriales de santé. Je continuerai à porter des solutions de
régulation et d'équité territoriale afin que la Saône-et-Loire ne soit
plus laissée à l'écart des politiques de santé publique.
J'ai aussi
mené un travail de fond en tant que rapporteure de la mission
d'information sur les monuments historiques. Le patrimoine historique
français traverse aujourd'hui une crise structurelle qui dépasse la
seule question du financement. Près d'un monument historique sur quatre
est en mauvais état ou en péril, tandis que les besoins de restauration
se chiffrent en milliards d'euros alors que les crédits publics restent
insuffisants.
Cette situation touche particulièrement les communes
rurales, propriétaires d'une part importante du patrimoine national, qui
doivent assumer des coûts élevés de restauration sans toujours disposer
de l'ingénierie nécessaire pour monter les dossiers et conduire les
projets. À ces difficultés s'ajoutent une gouvernance éclatée, des
procédures administratives complexes et une concentration de l'attention
sur quelques grands sites emblématiques, au détriment de nombreux
monuments de proximité. Face à ce constat, je suis convaincue que la
diversification des usages constitue une solution essentielle :
permettre à un monument d'accueillir de nouvelles fonctions, qu'elles
soient culturelles, associatives ou résidentielles, est souvent la
meilleure garantie de sa préservation.
Plus largement, la sauvegarde
du patrimoine suppose de renforcer l'accompagnement des collectivités,
de simplifier les démarches et de sensibiliser davantage les citoyens à
la valeur de ce bien commun, afin que ces édifices continuent à jouer un
rôle vivant dans les territoires.
Sur la carte scolaire enfin, je
plaide pour une véritable programmation pluriannuelle de l'éducation. On
ne peut pas redessiner une carte scolaire chaque année : sur le
terrain, nous constatons que cela ne fonctionne pas, et
l'expérimentation en cours met sous pression à la fois les élus locaux
et les services de l'État. J'ai immédiatement alerté le ministre à ce
sujet. Et je le redis avec force, toute réflexion sur la carte scolaire
doit partir de nos particularismes
territoriaux. L'école rurale,
l'école inclusive et l'éducation prioritaire ne sont pas des cas
particuliers qu'on ajuste après coup, elles doivent être le point de
départ de la méthode, pas une variable d'ajustement. J'insiste également
sur un point de calendrier qui n'est pas anodin : beaucoup de nos
maires sortent à peine des élections municipales, et ce moment est
particulièrement compliqué pour eux, sollicités sur ce dossier alors
qu'ils viennent tout juste de prendre leurs fonctions ou de les
renouveler.
Une meilleure information initiale, en amont du
lancement de l'expérimentation, aurait permis à chacun de mieux saisir
les enjeux et de se positionner avec le recul nécessaire, plutôt que
dans la précipitation d'un calendrier institutionnel déjà chargé. Je
reste convaincue qu'il nous faut davantage d'écoute, et surtout une
meilleure prise en compte de la volonté des territoires et de leurs
élus. L'école n'est pas une politique publique comme les autres : elle
façonne notre rapport à la terre et à nos villages. Sur ce combat, vous
pouvez compter entièrement sur moi.
3 - Ce bilan ne fait que commencer car j’ai décidé de me porter candidate à la prochaine élection sénatoriale.
Des
batailles restent à venir. La temporalité n'a pas permis l'intégration à
l'ordre du jour de deux propositions de loi que j'ai écrites, mais
elles demeurent des combats que je vais continuer de porter.
Le
meilleur moyen d'assurer la co-construction de la carte scolaire est de
créer un véritable équilibre entre les conseils municipaux et
l'Éducation nationale. Il faut l'accord des deux pour ouvrir une classe,
l'accord unique de l'Éducation nationale pour la fermer. Dans les zones
les plus sous-dotées, cela n'est pas acceptable : c'est tout l'objet de
ma proposition de loi visant à garantir l'accord des conseils
municipaux pour la fermeture de classes dans les écoles du premier degré
en milieu rural, déposée le vendredi 3 avril 2026.
Le duopole de
l'assurance des collectivités territoriales est, par ailleurs,
dysfonctionnel. J'ai écrit et travaillé sur une proposition de loi sur
le modèle de la sécurité sociale relative à la mutualisation publique
des risques majeurs des collectivités territoriales, déposée le jeudi 5
février 2026, pour résoudre cette problématique.
(Photo Manon BOLLERY)