
C'est tout en puissance que le Norvégien Wærenskjold a signé sa 1ère victoire au sprint sur le Tour... La Bourgogne réussit aux Scandinaves... En 1998, à Autun, c'est en effet le Suédois Bäckstedt qui s'était imposé lui aussi au sprint. Ce jeudi, c'est avec le maillot jaune que Pogacar arrivera à Chalon sur Saône. Pour l'avenir, Fabien Bazin dit vouloir accueillir le Tour féminin.


Mercredi 15 juillet, 11ème étape : Vichy > Nevers - Il ne faut jamais dire jamais, surtout pas à Nevers. Hier, Soren Wærenskjold était victime d’une chute dans la descente du Puy Mary. Froissé, diminué, dernier à l'arrivée, il ne se doutait alors pas que la plus belle victoire de sa carrière l’attendait vingt-quatre heures plus tard, sur la 11e étape du Tour de France 2026. Son coéquipier Anthon Charmig avait déjà fait briller les couleurs de l’équipe Uno-X Mobility en recevant le prix de la combativité pour son activité dans l’échappée de 142 kilomètres.
Wærenskjold a conclu la journée en beauté en déclenchant un sprint puissant à 250 mètres de l’arrivée, avant de résister au retour d’Olav Kooij (Decathlon CMA CGM) et Milan Fretin (Cofidis). Troisième à Lille l'an dernier, deuxième à Bordeaux il y a cinq jours, le Norvégien débloque son compteur sur le Tour de France. En parlant de compteur, celui de l’étape du jour atteint une vitesse moyenne record (pour une étape en ligne) de 50,9 km/h. La tradition des sprints massifs à Nevers se prolonge puisque les quatre arrivées précédentes ici (1962, 1971, 1986 et 2003) s’étaient réglées de la sorte. Un autre est pressenti demain à Chalon-sur-Saône, où les adversaires de Wærenskjold pourront laisser libre cours à leur désir de revanche.
« Never say Nevers » pour les baroudeurs ? La 12e étape semble promise à un sprint massif dans la capitale de la Nièvre, mais cela n’empêche pas quatre hommes de filer en échappée après un premier round d’accélérations : Julian Alaphilippe (Tudor), son compatriote français Mathis Le Berre (Total Energies), le Portugais Nelson Oliveira (Movistar) et le Danois Anthon Charmig (Uno-X Mobility) prennent la fuite au kilomètre 13. Assez tôt pour devancer le peloton au sprint intermédiaire de Saint-Pourçain-sur-Sioule (km 27,8) remporté par Le Berre atteint en premier, puis dans la côte de Billonnière (km 32,9) conquise par Charmig.
Le Danois passe aussi en tête dans la côte de Billy-Chevannes (km 123,4), où Alaphilippe se relève et rejoint le peloton. Celui-ci a laissé jusqu’à une minute et 40 secondes de marge à l’échappée au kilomètre 91. Il descend sous la minute à l’entame des trente derniers kilomètres, moment choisi par les équipes des sprinteurs pour accélérer la cadence. Tim Merlier (Soudal Quick-Step) vise la passe de trois après Bordeaux et Bergerac, tandis qu’Olav Kooij (Decathlon CMA CGM) veut doubler la mise après Pau. Biniam Girmay (NSN), Jasper Philipsen (Alpecin-Premier Tech) ou encore Max Kanter (XDS Astana) veulent eux un premier bouquet en 2026.
SOREN WÆRENSKJOLD, DERNIER HIER, PREMIER AUJOURD'HUI
Tous ces hommes se font finalement surprendre par Soren Wærenskjold (Uno-X Mobility), qui déclenche à 250 mètres de la ligne avant de résister au retour de Kooij (2e) et Philipsen (3). Froissé par une chute dans la descente du Puy Mary hier, le Norvégien rebondit de la plus belle des manières en débloquant son compteur sur le Tour de France. Son premier succès en carrière, après avoir terminé 3e à Lille (2025) et 2e à Bordeaux (2026), est aussi le premier de son équipe sur cette édition.
Onzième à l'arrivée, Mads Pedersen (Lidl-Trek) conserve le maillot vert qui sera l’un des enjeux de la 12e étape entre le circuit de Nevers Magny-Cours et Chalon-sur-Saône, demain. Le Maillot Jaune reste aussi sur les épaules de Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG) qui a vécu une journée tranquille.
(ASO)
(Photos Manon BOLLERY
Sur la ligne à Nevers
Et photos ASO
Thomas Maheux
et Charly Lopez)
Fabien Bazin
Président du conseil départemental de la Nièvre
«Le Tour féminin, est bien sûr dans nos radars»
Nous sommes à Nevers pour l’arrivée d’une étape. Jeudi, il y a une deuxième étape qui part de Magny-Cours. C’est une belle exposition pour la Nièvre ?
« C’est une très belle exposition pour la Nièvre. Le Tour de France est l’une des épreuves les plus regardées au monde, avec la Coupe du monde de football. On est dedans aussi. Et c’est surtout la mobilisation des habitants, de nos concitoyens, qui organisent une grande fête populaire qui ne s’arrête jamais pendant deux jours. Comme vous l’avez dit, nous accueillons à la fois une arrivée et un départ, l’une à Nevers, l’autre à Magny-Cours. »
Il y a un coureur français qui brille pas mal en ce moment, qui est Nivernais, c’est Lenny Martinez. Vous avez peut-être un petit mot à son sujet ?
« D’abord, un mot de total soutien. Toute la Nièvre l’encourage. On connaît bien la famille Martinez : ce sont des cyclistes de père en fils, et même sur plusieurs générations. Il fait partie de nos fiertés nivernaises. Dans notre département, plus d’un quart des habitants sont licenciés dans un club sportif. La Nièvre est un département extrêmement sportif, au-delà d’être le plus beau département de France. Cet esprit est notamment incarné par Lenny Martinez, mais nous avons d’autres talents, comme Sophie Adenot qui, elle, tutoie les étoiles. La Nièvre, c’est LE département où il faut être aujourd’hui. »
Deux étapes du Tour masculin cette année. Est-ce qu’on peut espérer le Tour féminin dans les années à venir ?
« C’est possible. Nous sommes ouverts à toutes les étapes, notamment en matière de « vélo, parce que le département est un département de vélo. Tous ceux qui le fréquentent apprécient à la fois son caractère bucolique et sportif. Attirer des épreuves d’envergure nationale, comme le Tour féminin, est bien sûr dans nos radars. En fait, c’est tellement compliqué, c’est tellement long. Cela fait cinq ans que nous travaillons sur les deux étapes du Tour de France que nous accueillons aujourd’hui. Nous allons continuer sur ce terrain-là et sur d’autres, mais je ne peux pas tout dire… »
Recueilli par
Manon BOLLERY











































