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22/01/2026 03:15
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Rally Raid Dakar Classic (ASA Morvan) : L’immense bonheur d’avoir fini et des souvenirs inoubliables

« La première semaine c’était pour nous une adaptation à la conduite du Toyota dans plusieurs types de terrain. Ensuite la confiance est venue et nous avons accéléré la cadence.» explique Sophie Bié
Les trois équipages licenciés à l’ASA Morvan tirent en commun le même bilan positif de leurs treize jours de course  dans le désert de l’Arabie Saoudite. Dés leur retour en France Sophie Bié qui faisait équipe avec Christine Bernard, Christophe Chabeuf dont le co pilote était Thierry Fressard,   et Alain Maria associé à Vincent Brotons, classés 22e et deuxièmes équipage 100 % français, ont bien voulu nous accorder une peu de leur temps.

Tout d’abord comment vous sentez vous après une course aussi éprouvante physiquement ?

Sophie Bié : « Je ne suis même pas fatiguée, c’est sans doute la conséquence du régime alimentaire que nous avons suivi durant le rallye sur les conseils d’une nutritionniste. Christine en avait fait l’expérience l’an dernier et elle était revenue bien moins fatiguée que son navigateur qui lui, avait mangé ce qui se trouvait dans le panier repas de l’organisation. Nous avons donc renouvelé l’expérience en buvant beaucoup, pas loin de quatre litres d’eau par jour, tellement il faisait chaud dans l’auto ».
Christophe Chabeuf : « Je suis un peu fatigué  vu  l’intensité de la course et aussi en raison du décalage horaire lors du retour en avion. Je suis actuellement en mode récupération pour quelques jours et ensuite ça va repartir normalement».
Alain Maria : « Moi aussi j’éprouve de la fatigue mais à 74 ans c’est normal. On roulait entre dix et quinze heures par jour, avec des départs très matinaux après de courtes nuits sous la tente ».

Cette édition 2026 du Dakar était-elle plus dure que les précédentes ?

Alain Maria : « Déjà je ne connaissais pas la course en régularité. Mon truc c’est plutôt d’écraser le champignon pour aller le plus vite possible, alors je n’ai pas spécialement trouvé le rallye difficile, sachant que c’est mon navigateur Vincent Brotons qui me donnait la cadence. En plus je suis un peu déçu  par la longueur du parcours dans les dunes de sable. Je m’attendais à ce qu’il soit beaucoup plus long, autrement, nous avons quand même bien roulé en trouvant bien du plaisir». 

Christophe Chabeuf : « Oui, je l’ai trouvé plus difficile par rapport notamment à la longueur totale du parcours et celle de plusieurs étapes qui étaient interminables avec 930 kilomètres par exemple. Ça  demandait plus de quinze heures de conduite, pratiquement sans arrêt et sans manger autre chose que des barres nutritives. Au départ nous nous attendions   à des secteurs coriaces dans les dunes et les parties rocailleuses. Avec Thierry, nous avons été servis, mais c’est le Dakar et on vient  pour ça ».

Sophié Bié : « Aux dires des anciens, dont Christophe, c’était plus long et plus compliqué. Il y avait   des spéciales très très longues avec des départs à 3 heures du matin pour une arrivée vers 19 heures, d’où un manque de sommeil. Les tentes étaient installées au parc d’assistance au milieu du bruit provoqué par les groupes électrogènes. Les trois premiers jours de course ont été terribles, beaucoup de concurrents ont connu des problèmes ».

Qu’avez vous le plus apprécié tout au long du rallye ?

Sophie Bié : « La première semaine c’était pour nous une adaptation à la conduite du Toyota dans plusieurs types de terrain. Ensuite la confiance est venue et nous avons accéléré la cadence. Nous avons fait des rencontres inoubliables comme avec l’équipage anglais qui nous suivait. Un jour ils nous doublent et quelques kilomètres plus on voit leur Toyota sur le flan. Nous les avons aidés à sortir de l’habitacle et réconfortés. Le lendemain re belote et cette fois c’est Christine qui a dirigé la manœuvre pour remettre le 4x4 sur ses quatre routes. C’est donc l’entre aide exceptionnelle et la solidarité  régnant entre équipages que j’ai appréciés. Il y a aussi  plein d’autres choses comme les fabuleux paysages ».

Christophe Chabeuf : « Avec l’expérience de mes deux premières participations je n’ai pas été surpris par le parcours. Mon Proto Toyota est une bête de course dans le sable. C’est un plaisir absolu de le piloter. J’aime beaucoup l’ambiance qui règne au parc d’assistance. Chez SSP, tout le monde tire dans le même sens pour que les autos soient révisées chaque soir et puissent repartir le lendemain en pleine forme. C’est efficace et rôdé, on leur fait confiance. Et puis il y a ces paysages superbes et grandioses ».

Alain Maria : « Je dirai l’efficacité de mon co pilote qui m’a beaucoup aidé. Il a été parfait. J’estime qu’il entre pour 80 % dans notre résultat en 22e position. Et puis nous avons beaucoup apprécié l’assistance du Team SSP de Julien Saumet. Franchement c’est le top. Ils sont de vrais pros à l’image du  mécanicien qui était affecté à notre Toyota/ Il s’est montré d’une grande efficacité avec sympathie et disponibilité. J’ajouterai aussi l’entraide et la bonne ambiance entre concurrent ».

A contrario, avez vous connu des galères et des péripéties de course ?

Christophe Chabeuf : « Absolument et je dirai qu’elles font partie de la course. Le 3e jour, dans un long droit  à 70 kmh, et suite à une crevaison lente, le Proto Toy est parti d’un coup dans un double tonneau. Bien sanglés nous sommes sortis indemnes mais le 4x4 a du être évacué sur une dépanneuse, il était tordu de partout. Toute la nuit avec les gars de SSP nous avons bossé comme des malades et comme l’arceau de sécurité n’était pas déformé, les commissaires techniques nous ont autorisé à repartir. Comme tout le monde j’ai aussi connu quelques ensablages, et des égarements hors pistes sans influence, car on revient toujours au bon endroit ».

Sophie Bié : « Quand on vient sur le Dakar on sait que l’on devra faire avec les aléas de la course qui sont nombreux. Nous nous sommes ensablés quatre fois et l’entre aide a bien marché. Une fois c’est un camion qui nous a tiré jusqu’au dur et les autres fois nous avons dû utiliser les crics et les plaques. C’est physique. Nous nous sommes perdus plusieurs fois, mais sans conséquence. Autrement le Toyota Land Cruiser a bien tourné. Aucun problème ».

Alain Maria : « A l’arrivée finale, j’ai dit à Julien Saumet le parton de SSP, qu’il pouvait revendre les pelles, les plaques, les courroies de remorquage, les crics, comme des outils neufs, car ils n’avaient pas servi. Tout au long des treize étapes nous n’avons en effet jamais crevé et nous nous sommes jamais ensablés, ni perdus, grâce à la navigation de Vincent. Depuis le départ nous étions en bagarre pour la première place  d’équipage 100 % français. Un jour on voit nos adversaires arrêtés et nous stoppons pour aller aux nouvelles. C’est le co équipier qui est malade comme un chien.  Vincent qui a toujours sa trousse médicale, lui donne des cachets qui ne tardent pas à effacer le mal. Ils repartent le couteau entre les dents et c’est comme ça que nous perdons cette première place honorifique de premier équipage français. Mais au fond, nous étions contents de les avoir aidés ».

Quels meilleurs souvenirs gardez vous de ce Dakar 2026 et quel bilan en tirez-vous ?

Sophie Bié : « Il y en a des dizaines, mais pour moi c’est l’avant dernier jour de course. C’était une étape très difficile qui concentrait tous les types de terrain, et là nous avons pris un immense plaisir sur du sable qui changeait de couleur. C’était magique. J’ai énormément apprécié les paysages, les couleurs, les quelques rencontres avec les locaux. Pour eux, c’était incroyable de voir deux femmes dans une voiture. Il faut savoir qu’en Arabie Saoudite, les femmes sont autorisées à conduire une voiture depuis 2018 et encore faut-il qu’elles soient obligatoirement accompagnées d’un homme. Nous étions presque des bêtes curieuses  La rencontre avec Nasser Al-Attiyah, vainqueur pour la 6e fois du Dakar m’a le plus marqué. Comme moi, il fait partie de l’association Rallye du Coeur qui vient en aide aux enfants ayant des problèmes cardiaques. Il m’a dédicacé un tee shirt que je mettrai en vente aux enchères lors de la prochaine manifestation de l’association, du côté de Lyon. Au final avec Christine nous tirons un bilan très positif. Nous avons réalisé notre objectif de finir en prenant un maximum de plaisir. Nous sommes très contentes ».

Christophe Chabeuf : « Le pilotage dans les dunes. Avec mon Proto, c’est fantastique, je prends un pied incroyable. Tout comme les Filles que nous retrouvions chaque soir à l’assistance, il y a des tas de choses qui restent en moi comme des très bons souvenirs, les paysages, l’ambiance, l’assistance, l’entre aide. Avec Thierry, nous réalisons pleinement l’objectif que nous avions fixé, à savoir finir. Nous terminons 50e, c’est neuf places de mieux que l’an passé.  En fait nous faisons partie des concurrents qui ne courent pas pour la gagne, comme les quinze premiers, des Etrangers qui sont des vrais spécialistes de rally raid et de la réguralité. Notre ambition se situe juste dans la passion de participer à un rallye fabuleux  et de rallier l’arrivée. Le bilan global est donc largement positif ».

Alain Maria : « Le Dakar reste une aventure extraordinaire avec une organisation bien rôdée et très professionnelle. Nous avons apprécié l’ambiance entre concurrents. On se voyait au parc d’assistance avec Sophie. Celle elle qui nous a permis de prendre notre licence à l’ASA Morvan dans des délais très courts et grâce aussi au président Raphaël Diard. Le Dakar est une marque commerciale qui doit faire du profit et parfois l’organisation tire un peu trop sur la corde. Par exemple les sacs repas donnés au départ des étapes étaient plus que limites. Dans l’ensemble le parcours m’a plu, mais l’Arabie Saoudite n’est pas un pays où je prendrai mes prochaines vacances ».

Propos recueillis par Jean Moncharmont
Photos fournies par Sophie Bié et Christophe Chabeuf