
Le grand champion prendra le départ du rallye de la Châtaigne sur la Renault 5 Turbo avec laquelle il a été champion de France en 1981.

Alors qu’il pourrait jouir tranquillement d’une retraite bien méritée, fruit de quarante ans d’une carrière professionnelle menée avec autant de talent que de choix judicieux, Bruno reste à 77 ans un très grand compétiteur. Cette année, il s’est lancé dans les rallyes de régularité VHRS, histoire de prolonger son immense carrière et de continuer à vivre sa passion dans une ambiance qu’il adore.
Avant ce jour, aviez-vous entendu parler du rallye de la Châtaigne et d’Autun ?
« Oui, j’ai déjà disputé le rallye, je crois que c’était en 1976. Je me souviens qu’il y avait un brouillard terrible. Je sais depuis un moment que ce rallye d’Autun La Châtaigne a une très belle cote en championnat de France VHC et en VHRS, et je regarde les résultats. C’est du costaud. Aujourd’hui je suis content de le courir et j’ai hâte d’être au départ ».
Avec quelle auto allez-vous rouler et cette auto a-t-elle une histoire particulière ?
« C’est la Renault 5 Turbo avec laquelle j’ai été champion de France en 1981. C’est une voiture de légende. Elle est quasiment dans son jus. Sauf que volontairement pour courir en VHRS, nous avons réduit la puissance du moteur à 250 CV contre les 300 qu’il développait il y a 45 ans. Cette année j’ai déjà cinq victoires dont la dernière au rallye du Trièves il y a une semaine, et deux places de second. Pour Autun, mon navigateur sera Christophe Marques car ma navigatrice belge Jenifer Hugo qui connaît bien le rallye d’Autun, n’est pas disponible. Je sais qu’il y aura un gros plateau et de solides adversaires ».
Parmi les très nombreuses victoires que vous avez remportées en championnat du Monde, au Paris Dakar et en championnat de France, laquelle retenez-vous comme meilleur souvenir ?
« Incontestablement c’est ma victoire au rallye de Monte Carlo en 1988 avec la Lancia Delta Integra. Quand j’étais gamin et apprenti carrossier, le Monte Carlo passait quasiment devant ma porte du côté de Grenoble. C’est ce rallye qui m’a donné l’envie et la passion. Le gagner quelques années plu stard avec une super auto dans des conditions compliquées, c’était mon rêve le plus fou qui se réalisait. C’était le Monte Carlo à l’ancienne avec le parcours de concentration puis les spéciales de l’Ardèche et de la Drôme et celles de l’arrière-pays niçois pour finir. On n’en voyait pas le bout. »
De l’Alpine des vos débuts à la Renault 5 Turbo qui tient toujours la forme, en passant par la Lancia, le Mitsubishi Pajero de votre victoire au Dakar , au Volkswagen Race Touareg en Coupe du Monde des rallyes tout terrain, et bien d’autres, quel bolide vous a le plus marqué ?
« C’est la Peugeot 205 Turbo 16, celle du fameux groupe B. C’était un monstre hors normes, à dompter. J’ai participé à son développement chez Peugeot Sport et à son volant j’ai terminé le Tour de Corse 1985 en 2e position derrière la Renault 5 Turbo de Jean Ragnotti ».
Aujourd’hui, Bruno, qu’est-ce qui vous rend fier ?
« C’est la longévité de ma carrière que j’ai entamée à 20 ans comme pur amateur pour devenir professionnel en 1978 et ensuite vivre de ma passion. Au départ ce n’était pas évident car les places étaient peu nombreuses dans les équipes d’usine. Il fallait être patient, frapper aux bonnes portes, saisir les opportunités en s’adaptant aux circonstances. J’avais pour moi la passion et la volonté de gagner, c’était mon guide. Maintenant je joue en quelque sorte les prolongations pour le plaisir et comme je l’ai dit, parce que je suis un compétiteur. Mais le sport auto n’est pas tout, à côté, je m’investis beaucoup dans une association « Espoir contre le cancer » par des actions caritatives lors de certains rallyes. C’est une manière d’aider ceux qui souffrent de cette terrible maladie ».
Propos recueillis par Jean Moncharmont
Photos de Bruno Saby
Des précautions exceptionnelles pour le rallye
A l’ASA Morvan on espère que les bonnes conditions météorologiques seront réunies afin que le rallye puisse se dérouler normalement. Loin de rester les bras croisés en scrutant le ciel, l’équipe d’organisation se prépare en conséquence. C’est ainsi que par rapport à la sécheresse et aux risques d’incendie, le niveau de la sécurité sera nettement relevé par l’interdiction de fumer et la mise en place d’extincteurs à tous les postes de commissaires. En plus, des citernes d’eau très aimablement amenées par des agriculteurs, seront disposées sur des points névralgiques du parcours et ouverts au public.
En renfort, des voitures et des motos de l’organisation munies d’extincteurs, se tiendront à chaque départ de spéciales. L’ASA Morvan donnera dans quelques jours la listes des endroits où le public sera invité à se rendre ainsi que le nom des associations qui monteront des stands. L’an dernier ce dispositif avait très bien fonctionné.
Lundi soir 4 août le secrétariat enregistrait 189 engagés. La barre des 200 sera sans doute franchie d’ici la date de clôture fixée au 10 août à minuit. Dans toutes les catégories il y a déjà de solides plateaux, ce qui promet du spectacle. Rappelons qu’en 2025, 196 concurrents s’étaient présentés au départ.



