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30/11/2022 03:17
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AUTUN : L'avocat Damien Varlet, nouveau bâtonnier au Tribunal de Chalon sur Saône

Le 1er janvier prochain, Damien Varlet succèdera à Brigitte Demont-Hopgood. Le nouveau bâtonnier, « l’avocat des avocats », est autunois.
« Lycéen, je rêvais d’être policier. Je me gavais de reportages sur la BAC, sur le travail des policiers. Mais dès ma seconde année de droit j’ai su que je deviendrai avocat, que je concourrai à la justice, mais d’une autre façon. » Maître Varlet – il a prêté serment en octobre 2009 - est essentiellement pénaliste, sa matière de prédilection. « On a un rôle humain à jouer. On a une place entière dans la chaîne pénale. J’aime l’image de la chaîne : chaque fonction compte, et nous nous articulons les uns aux autres. »
Elu par ses pairs en début d’été dernier, Damien Varlet va assurer, pendant deux ans, une fonction supplémentaire, celle de bâtonnier, à partir de janvier 2023. « Le bâtonnier est l'avocat des avocats. Il a pour mission d'écouter, de conseiller et de défendre ses confrères, le tout avec un devoir de bienveillance. Il est aidé par le Conseil de l'Ordre et les secrétaires de l'Ordre. »  

D’ici là, madame le bâtonnier Brigitte Demont Hopgood porte encore cette charge. « Elle a eu un bâtonnat dynamique, témoigne maître Varlet. Elle a su porter notamment le projet de la maison de l'avocat qui devrait voir le jour à court terme et constituera une avancée majeure pour notre Ordre. »

Quatre questions au nouveau bâtonnier


Pour les avocats que vous représentez pour deux ans, quels sont les points sur lesquels vous serez particulièrement vigilant ?
 Nous avons cette chance à Chalon-sur-Saône d'être épargnés par les difficultés locales, dans la mesure où nous avons toujours eu un dialogue de grande qualité avec nos chefs de juridictions et de parquet, y compris à hauteur de Cour. Au niveau national toutefois, nous sommes dans l'attente d'une éventuelle reprise des discussions sur la réforme du régime des retraites qui avait été suspendue et qui pourrait, dans le pire des cas, être adoptée et aboutir à des hausses de cotisations très importantes pour les avocats.

Quels sont selon vous les enjeux actuels de votre profession ?
Les enjeux sont nombreux, structurels et fonctionnels. Nous pouvons rappeler le sujet préoccupant du régime de retraites, les conditions de rétribution insuffisantes au titre de l'aide juridictionnelle, le secret professionnel de l'avocat dont le caractère général et absolu est quelquefois malmené.
En revanche, je pense que la profession d'avocat a toujours su s'adapter aux évolutions. Elle doit continuer d'évoluer car la société évolue en matière de communication, d'utilisation de réseaux sociaux, de transparence quant à son exercice, et de formation continue adaptée aux nouveaux marchés du droit. Mais l'évolution ne doit pas compromettre nos principes fondateurs que sont la dignité, la conscience, l’indépendance, la probité et l'humanité. Ces points cardinaux constituent la boussole de la profession.

Vous évoquez « le secret », en quoi est-il si important ?
C’est un enjeu fonctionnel qui touche au fondement même de l’exercice de notre fonction pratiquée dans le respect des droits individuels. Bien sûr le secret n’est pas une immunité pour faire n’importe quoi, mais c’est à la fois une obligation que l’avocat doit à son client, et une obligation qu’il doit à son serment. J’y suis très attaché.

Le bâtonnat vous met-il en lien avec les autres bâtonniers ?
Oui. Quand on est élu on intègre à la fois la Conférence des bâtonniers, et la COBEST, la conférence des bâtonniers du Grand-Est. Cela nous permet de travailler sur les projets de réforme, et surtout, nous ne sommes pas isolés. Le bâtonnier n’est pas tout seul. C’est très intéressant, c’est une mine de réflexion et de connaissances.
Propos recueillis par
Florence Saint-Arroman