
Face à une assemblée attentive, Sophie Drouhin a déroulé les grands axes de son projet, en prenant soin de clarifier son positionnement politique.

C’était la dernière. Du moins avant le premier tour des élections municipales, qui se tiendra ce dimanche à Autun, comme dans toutes les communes de France.
Pour cette ultime réunion publique avant l’échéance, Sophie Drouhin, tête de liste d’Autun au Cœur, avait choisi l’Espace Saint-Ex pour défendre son programme.
Devant une salle comble, la candidate, jusque-là peu diserte sur les listes concurrentes, s’est montrée plus incisive qu’à l’accoutumée. Sans agressivité, mais non sans une forme d’agacement, elle s’est étonnée de voir trois listes émerger de celle de Vincent Chauvet en 2020, sur laquelle figuraient notamment Rémy Rebeyrotte et Véronique Pacaut.
Relevant au passage que certains concurrents s’étaient affranchis, selon elle, des règles de campagne et de bienséance (affichage sauvage, collage avant la date officielle, tracts glissés sous les essuie-glace), Sophie Drouhin a lancé à l’auditoire : « Je me demande ce que cela présage de la manière dont ces candidats se comporteront s’ils sont élus… ou peut-être de la manière dont ils se comportent déjà. »
Pour celle qui vit là son premier scrutin, la campagne a aussi été l’occasion de découvrir sa rudesse. « Une campagne, c’est long, mais surtout, c’est de la pression. Le travail, je le savais et ça ne me faisait pas peur, confie-t-elle. Mais les attaques sur les réseaux sociaux, ou certaines petites vidéos diffusées ce matin, assez mesquines… Et encore, notre liste a plutôt été épargnée. »
Face à une assemblée attentive, Sophie Drouhin a ensuite déroulé les grands axes de son projet, en prenant soin de clarifier son positionnement politique. « Oui, je me sens plus proche d’une sensibilité de centre droit. Mais gérer une municipalité, c’est d’abord une affaire d’équipe. Dans notre liste, j’ai tenu à réunir des compétences représentatives, venues de tous horizons. C’est cela qui fait notre force. C’est aussi pour cela que je propose des mesures comme le fonds municipal, l’aide aux devoirs parents-enfants ou encore le Pass’Jeune. »
C’est toutefois sur le terrain des finances que la cheffe d’entreprise s’est montrée la plus sévère. Évoquant l’endettement de la ville, elle a contesté la présentation qui en est faite par ses adversaires : « On nous raconte des cracks ! Les chiffres et les tableaux sont vrais, d’accord. Mais une demi-vérité n’est pas la vérité. Parler uniquement du budget principal en oubliant les dettes contractées sur les budgets annexes, pour moi, c’est un mensonge par omission. La vérité, c’est que la dette par habitant a augmenté. »
La candidate a également abordé le dossier du Panoptique, s’interrogeant vivement sur l’opacité entourant les subventions allouées au projet. L’occasion, aussi, d’égratigner les responsabilités successives : celles de Rémy Rebeyrotte, maire à l’origine du projet, de son « successeur désigné », ainsi qu’elle l’a évoqué avec malice, mais aussi de Véronique Pacaut, dont elle a rappelé qu’elle était adjointe aux finances.
Enfin, développant plus longuement sa vision de l’attractivité, la tête de liste d’Autun au Cœur a décoché une dernière pique :« C’est drôle d’entendre parler d’attractivité lorsqu’aucune des listes, hormis Autun au Cœur, n’a pensé à faire travailler des talents autunois pour sa campagne. »
À quelques jours du scrutin, Sophie Drouhin affine donc son discours autant qu’elle durcit le trait. Sans rompre avec la ligne qu’elle s’est fixée depuis le début de la campagne : celle d’une candidate qui veut apparaître à la fois sérieuse, libre et résolue.



