
Il fallait arriver tôt pour trouver une place, jeudi soir, à la dernière réunion publique de la liste Autun au Cœur. Dans une salle pleine, l’accueil réservé à Sophie Drouhin, « challengeuse » de cette campagne municipale, a donné le ton de la soirée : chaleureux, attentif, souvent enthousiaste.
À quelques jours du scrutin, la candidate a choisi de ne pas occuper seule l’espace. Plusieurs de ses colistiers sont venus, à ses côtés, défendre un projet sérieux, collectif et résolument tourné vers l’avenir d’Autun.
Le premier à prendre la parole a été Frédéric Brochot. Forcément attendu, celui qui s’était placé en tête au premier tour en 2020 avant de s’incliner de très peu au second a replongé la salle six ans en arrière. Sans amertume. L’ancien chef de file a dit sa fierté de voir aujourd’hui Sophie Drouhin conduire la liste. En fin connaisseur des campagnes locales, il a glissé, comme une mise en perspective autant qu’un encouragement : « En 2020, une bascule s’est faite entre les deux tours. En 2026, vous voyez, je pense que ça peut encore bien se produire. » Une phrase qui n’a pas laissé la salle indifférente.
Troisième de liste, Carine Beaufils a ensuite livré une intervention personnelle, presque intime par moments. L’ancienne directrice de résidence seniors, devenue attachée parlementaire, a raconté son arrivée à Autun, en 2022, comme un choix assumé. Avec délicatesse, elle a expliqué pourquoi elle avait décidé de s’engager ici, sur cette liste-là, par cohérence avec une conviction simple : il faut désormais parler de l’avenir d’Autun, et non plus se résigner à son affaiblissement. Sur le fond, elle a évoqué un sujet central, celui de la santé et de l’accès au soin, en le reliant à une question plus large : celle de l’attractivité du territoire. Un domaine sur lequel la liste entend faire de la venue de professionnels de santé une priorité.
Le thème de la jeunesse et du sport, finalement peu abordé durant cette campagne, a ensuite trouvé sa place avec Laurent Ledain, venu expliquer en quoi ces sujets peuvent être un levier d’engagement, d’équilibre et d’attractivité pour une ville comme Autun. Puis Vanessa Allirol, directrice du CFA du Bâtiment d’Autun, a apporté une parole très concrète sur la formation et l’emploi dans l’Autunois-Morvan, avec une vision claire des besoins du territoire et de ce que pourrait être une politique municipale davantage tournée vers les parcours, les compétences et le dynamisme économique.
Le dernier à s’exprimer a été l’un des benjamins de la liste. À 30 ans, Valentin Debeauvait vit déjà sa deuxième campagne municipale : la première aux côtés de Frédéric Brochot, la seconde derrière Sophie Drouhin. Avec des mots justes, sans excès, il a parlé de l’âpreté de cette séquence électorale, de la brutalité parfois des réseaux sociaux, mais aussi de ce qu’une campagne peut révéler de meilleur : l’esprit d’équipe, la rencontre de compétences différentes, la force d’un projet construit ensemble, et cette conviction que l’engagement a encore un sens. Là encore, le public a suivi.
Au fil de la soirée, Sophie Drouhin a repris la main pour relier ces prises de parole à la colonne vertébrale de son programme : l’attractivité à 360 degrés. Attractivité médicale, économique, sportive, touristique, résidentielle. Avec toujours la même ligne : remettre du sérieux budgétaire, regarder en face les difficultés de la ville, et bâtir des projets capables de tenir dans la durée. Santé, attractivité, emploi, jeunesse, sécurité, finances : la candidate a cherché à embrasser tout le champ municipal sans perdre le fil de ce qui constitue son message de campagne.
La soirée s’est achevée dans une émotion palpable. Rejointe par l’ensemble de ses colistiers au moment où elle remerciait tous les électeurs qui lui avaient permis d’accéder au second et où elle appelait au rassemblement, Sophie Drouhin a laissé percer quelques larmes en concluant. Autour d’elle, 34 noms, unis derrière sa candidature, visiblement fiers de l’accompagner dans cette dernière ligne droite.
Bien sûr, l’applaudimètre ne remplace jamais les urnes. Et nul ne peut dire, à la sortie de la salle, ce que chacun fera de son bulletin. Mais ce jeudi soir à l’Hexagone, une chose apparaissait nettement : la candidate d’Autun au Cœur a réussi sa dernière réunion publique. Par la chaleur de l’accueil, par la densité du public, par la cohésion affichée de son équipe, et par cette impression, de plus en plus sensible au fil des jours, qu’elle a su trouver sa place dans cette campagne.
« On ne lâchera rien. » a-t-elle promis. Et on la croit.


