
Véronique Pacaut demande à Vincent Chauvet toute transparence sur le sujet

Ce mardi soir, le conseil municipal avait à peine débuté lorsque Véronique Pacaut a demandé à prendre la parole sur le sujet du rempart situé boulevard Mac Mahon.
Elle explique : « Le jugement rendu le 5 novembre 2025 par le tribunal judiciaire de Lyon a tranché : le rempart du boulevard Mac-Mahon ne relève pas de la propriété de M. Renaud Abord de Châtillon. Son effondrement menace non seulement une propriété privée, mais aussi la sécurité publique.
Dernièrement, les expertises indépendantes, les rapports hydrauliques dont le dernier de septembre 2024, Hydrosol Ingéniérie commandé par la ville elle-même sont pourtant clairs : le cœur du problème, c’est la gestion des eaux pluviales, c’est l’incapacité à anticiper, à protéger, à investir dans les infrastructures indispensables à toute action de réparation.
Je le dis avec gravité : l’inaction est désormais une faute. L’heure n’est plus à se cacher derrière des renvois de compétence entre l’État, la ville et les particuliers.
La justice a ouvert une porte : elle a rappelé que ce mur est d’abord un vestige militaire, donc probablement un bien public. Ce qui importe aujourd’hui, c’est de savoir qui prendra ses responsabilités.
Monsieur le Maire, vous avez déclaré que cette décision était une avancée.
Mais une avancée sans action n’est qu’un mot creux.
Je vous demande solennellement, au nom de la sécurité des habitants d’Autun, d’engager immédiatement les démarches nécessaires auprès de l’État pour que les travaux préconisés par des rapports indépendants soient réalisés sans délai : un bassin tampon en amont, c’est un préalable à toute action de réparation du rempart.
Car si demain un drame survient, l’histoire retiendra non pas les subtilités juridiques, mais la carence des autorités.
Et je le dis devant la presse, devant nos concitoyens : nous ne voulons pas que le boulevard Mac-Mahon devienne le boulevard du péril.
Monsieur le Maire, depuis quinze ans on entend : « ce n’est pas moi, c’est l’autre ». Mais pendant que vous vous défaussez, le rempart continue de s’effondrer et les riverains vivent sous la menace.
Un maire est élu pour protéger. Et protéger, cela veut dire agir, mais aussi prévoir.
Je demande solennellement que la Ville provisionne dès aujourd’hui, dans son budget, le coût des travaux préconisés par les experts ainsi que les indemnisations dues aux riverains. Car refuser de prévoir, c’est refuser d’assumer.
Si demain un drame survient, il ne sera plus possible de dire « c’est l’autre ».
Ce sera vous, Monsieur le Maire, qui porterez la responsabilité politique et financière de cette carence. Autun mérite un maire qui anticipe et protège. »
Une relecture du jugement et des objectifs de reconstruction du rempart
Vincent Chauvet répond par rapport au jugement rendu. « On sait avec certitude à qui n’appartient pas le rempart. Mais on ne sait pas à qui il appartient. ».
Ensuite en termes de responsabilité, Vincent Chauvet indique que la responsabilité d’effondrement est répartie entre Monsieur Renaud Abord de Châtillon pour ne pas avoir entretenu le rempart, la ville et l’État. « Si ce rempart s’est effondré, c’est qu’il a été mal entretenu, que l’eau s’accumulait derrière et que les travaux de la cathédrale aurait été faits de sorte que le volume d’eau aurait été plus important depuis.
J’ai pris mes responsabilités. J’ai fait étayer le rempart qui est à présent stabilisé. D’un point de vue structurel, la situation est stabilisée. S’il devait y avoir un effondrement, je prendrais mes responsabilités en fermant le boulevard Mac Mahon. »
Il ajoute : « Nous sommes entrés en conciliation deux fois. On a été poursuivi à plusieurs reprises. »
Ce qu’a proposé le Maire à l’État, c’est de se poser avec l’État, la DRAC, le nouvel architecte en charge de la cathédrale. L’idée serait de remonter à 50/50 le rempart à frais avancés. La puissance publique est propriétaire et peut donc commencer les travaux.
Michaël Guijo s’engouffre dans le débat rappelant ses premières interventions sur le sujet.
Véronique Pacaut évoque de nouveau la gestion des eaux pluviales afin de pouvoir sécuriser les remparts pour les habitants concernés.
Vincent Chauvet indique que la gestion des eaux pluviales n’est pas la seule cause de la dégradation du dit rempart. La question d’un bassin de rétention est d’une possibilité toutefois. « Quand on va reconstruire le rempart, et c’est moi qui reconstruirai ce rempart, on met des bassins tampons. C’est la solution la plus simple. Si tout le monde avait vocation de l’intérêt de la ville, c’est ce qui se ferait. On ne lâche donc pas le dossier. On dépense plus en avocat qu’en frais de reconstruction du rempart. Cela interroge sur la suite » a-t-il ainsi conclu son propos.
Le dossier du rempart situé boulevard Mac Mahon et plus globalement des remparts de la ville est loin d’être refermé en tout cas. Il devrait encore faire l’objet de nombreux débats notamment avec l’État et les différents propriétaires concernés.
EM